Le safran est tiré de trois filaments, ou stigmates, du pistil du Crocus sativus, que l’on ne doit pas confondre avec le crocus des jardins (Crocus vernus), le colchique. Il serait originaire d’Asie mineure. Des papyrus de l’Égypte ancienne mon-trent qu’il était déjà prisé par les pharaons qui l’employaient pour la purification des temples et des lieux sacrés. En Orient, le safran est censé apporter gaieté et sagesse, c’est pourquoi le vêtement des moines bouddhistes est de cette couleur.
Un véritable « or rouge »
On obtient la poudre de safran en récoltant et en séchant les filaments du Crocus sativus, cueillis à la main. Il faut environ 200 000 stigmates pour obtenir un kilo du précieux ingrédient et 5 kilos de filaments frais pour obtenir 1 kilo de safran séché. Ce qui explique le prix particulièrement élevé de cet « or rouge » : de 3 000 à 15 000 e le kilo. Si l’on peut en trouver à un prix inférieur, il peut s’agir de falsification – certains marchands n’hésitant pas à lui substituer des fleurs de carthame ou du Curcuma longa.
C’est une pratique qui remonte aux premiers temps du commerce de la très précieuse épice. Pour savoir si le marchand mentait sur sa cargaison, on recommandait de plonger la main dans le sac. Si les stigmates restaient collés aux doigts, il y avait bien fraude. L’offense était punie par l’incinération des sacs… et du marchand !



Commentaires (10)