L’huile de palme est dans l’œil du cyclone. Et pour cause. Au Nord, cet ingrédient qui a envahi de nombreux aliments est pointé du doigt pour ses mauvaises graisses. Au sud, son exploitation intensive détruit la forêt.
Vous n’achetez pas d’huile de palme, et pourtant, il se peut que vous en mangiez tous les jours. Selon une enquête réalisée en 2007 sur des aliments vendus en supermarché, l’ONG les Amis de la Terre a en effet montré que 61 % des chips, 54 % des pâtes à tarte, 47 % des viennoiseries et 26 % des biscuits en contiennent. Vous mangez bio et pensez ainsi passer au travers du filet ? Que nenni ! Même les fabricants labellisés AB y ont recours. Les surfaces de palmier à huile (Elaeis guineensis) augmentent ainsi de manière exponentielle depuis les années soixante. C’est à cette époque que des sociétés d’État ou privées ont impulsé la massification des plantations, d’abord en Malaisie, puis en Indonésie, au Nigeria, en Colombie ou encore en Thaïlande. Une culture de rente, censée aider ces pays à se « développer ». Mais aussi répondre aux besoins des industriels. Il faut dire que sur ce point, l’huile de palme a tout pour plaire. À la fois bon marché et miraculeuse pour la fabrication d’aliments : solide à température ambiante (au-dessous de 35 °C), elle se conserve bien et confère un moelleux incroyable aux produits.
Mais tout n’est pas mirifique avec cette huile. Elle est loin d’être un aliment diététique. La graisse de palme est constituée à plus de 40 % d’acide palmitique, l’acide gras saturé le plus abondant dans notre alimentation. Cette graisse a tendance à s’accumuler massivement dans les artères et il est recommandé de limiter son apport alimentaire : ce type d’acides gras ne doit pas excéder 8 % de l’apport énergétique journalier soit environ 18 g. Comme s’ils avaient quelque chose à se reprocher, les industriels n’indiquent d’ailleurs pas clairement sa présence dans la composition des produits, mentionnant simplement « huile végétale » ou « matière grasse végétale » ; la législation avait à l’origine autorisé cette pirouette afin que les fabricants puissent varier leurs approvisionnements en fonction des coûts. Sauf qu’aujourd’hui l’huile de palme s’est littéralement imposée.



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