Elle est la plus grande et l’une des plus précieuses des plantes aromatiques indigènes ; mais victime de son succès, l’Angélique sauvage (Angelica sylvestris) fut tant récoltée qu’elle faillit bien disparaître. Depuis ses derniers refuges montagnards, elle entreprend aujourd’hui une reconquête spectaculaire de notre territoire.
C’est dans la lutte contre la peste que l’Angélique a acquis ses lettres de noblesse. Ce n’est pas un hasard si on la retrouve en bonne place dans la composition du célèbre « Vinaigre des quatre voleurs ». Ce précieux breuvage fut mis au point par une bande de pillards qui détroussaient les victimes de l’épidémie, et se protégeaient des risques de contagion, s’imprégnaient le corps et les mains avec la précieuse préparation…. L’efficacité de la « racine du Saint-Esprit » (c’est l’Archange Gabriel qui révéla ses propriétés anti-microbiennes et lui donna son nom, «l’Archangélique») était telle que les parents obligeaient leurs enfants à porter, en guise d’amulette autour du cou, un tronçon de sa racine. Sans doute celui-ci était-il régulièrement sucé, un geste qui explique l’efficacité du pendentif.
Mais la découverte de nouveaux mondes et de leur cortège de trésors porta un rude coup à l’usage de l’Angélique qui fût peu à peu détrônée par ses consœurs exotiques.



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