Le projet de reconnaissance des herboristes soulève de nombreuses interrogations, des doutes et même des craintes. D’autant que, depuis la suppression du diplôme en 1941, une organisation s’était bon an mal an mise en place. État des lieux.
En juillet 2011, le sénateur Jean-Luc Fichet déposait une proposition de loi « visant à créer un diplôme et organiser la profession d’herboriste ». « Enfin ! » se réjouirent de nombreux spécialistes qui, à leur manière et sans titre officiel, connaissent, transmettent et pratiquent l’art de se soigner par les plantes depuis des années. « Je m’intéresse aux herboristes de 2012 », précise le politicien. En effet, son projet ne vise pas seulement à ce que la vente des plantes médicinales soit mieux encadrée et plus sécurisée pour le consommateur. Il s’inscrit dans une perspective économique et environnementale : Jean-Luc Fichet prétend aider à ce que la production se développe en France, et soit à la fois qualitative et respectueuse des ressources.
La pratique de l’herboristerie ne s’est pas arrêtée le 11 septembre 1941, date à laquelle le diplôme fut supprimé. Mais rappelons qu’au niveau légal, elle n’a droit de cité qu’au sein des officines. En d’autres termes, seuls les pharmaciens sont habilités à vendre toutes les plantes de la pharmacopée, et surtout, à prodiguer des conseils. Mais la réglementation a ceci d’ubuesque que ceux qui font le choix de ne vendre que des plantes, et aucun médicament de synthèse, n’ont pas le droit de s’inscrire à l’ordre des pharmaciens et se retrouvent donc dans l’illégalité. C’est le cas de Jean-Pierre Raveneau qui tient l’Herboristerie de la place Clichy, à Paris. Il y vend des centaines d’espèces de plantes médicinales, et s’est habitué à la répression : « En mars dernier, les douanes ont saisi 900 produits, confie ce docteur en pharmacie qui ironise, c’est comme si nous vendions de la drogue. »



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