Grand classique de la pharmacie familiale, le Ricqlès est un remède historique utilisé aussi bien lors d’épidémies au XIXe siècle que par les poilus de la Grande Guerre.
Qui n’a jamais croqué un morceau de sucre imbibé de Ricqlès lors d’un petit malaise passager ? Saviez-vous que ce fameux alcool de menthe a vu le jour à Lyon, il y a presque deux siècles, entre les mains d’un jeune entrepreneur hollandais ? Né en 1788 à Amsterdam, Samuel Heyman – qui ne porte pas encore le paronyme « de Ricqlès » – quitte la Hollande en 1824 pour se lancer dans le commerce de la soie et s’installe à Lyon. C’est en s’intéressant au mûrier blanc, indispensable à l’élevage du ver à soie, que Samuel Heyman se prend de passion pour la botanique. Très vite, il jette son dévolu sur la menthe poivrée (Mentha piperita) dont il pressent les immenses perspectives thérapeutiques. En 1838, après plusieurs tentatives, il obtient enfin son fameux alcool de menthe qui connaîtra un premier succès lors des terribles inondations du Rhône de 1840. Grâce à son invention, Samuel Heyman contribue très activement à lutter contre les épidémies (diarrhée, choléra…) engendrées par la catastrophe. Un brevet est déposé le 29 mars 1849, et la soierie est vite abandonnée au profit de l’alcool de menthe. Après la mort de Samuel Heyman de Ricqlès en 1853, trois de ses fils reprennent le flambeau.



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