• phytothérapie et sexualité

Aphrodisiaques : croquez la pomme !

La sexualité est, dit-on le meilleur antidote contre la maladie. Lorsque les problèmes surgissent, nous sommes au contraire plus fragiles et, bien souvent, désemparés. Il est pourtant facile de puiser dans la pharmacopée mondiale pour retrouver l’harmonie sexuelle et le plaisir de faire simplement l’amour.

 

Parler des aphrodisiaques, c’est aborder, surtout chez nous, un sujet tabou, héritage d’une culture et d’une éducation longtemps inhibitrices. Le mot « aphrodisiaque », fait généralement sourire et pourtant, dans certains cas, on a envie de tout sauf de sourire… Car les difficultés que nous rencontrons dans ce domaine minent souvent notre vie affective, notre moral et notre confiance. Plus le problème dure, plus il devient insoluble et s’auto-alimente. Il est pourtant facile de sortir de l’impasse grâce à la phytothérapie, qui apporte des réponses aussi précises qu’efficaces.

Culturellement, on a tendance à limiter les difficultés sexuelles à l’homme et à un seul symptôme : l’absence d’érection. Pourtant, il existe une multitude de situations très différentes : absence de désir, manque de fécondité, excès d’émotivité chez l’homme comme chez la femme… et chacune a son remède.

Favoriser le désir

Le ginseng, mais aussi l’éleuthérocoque, son cousin russe, sont deux plantes réputées pour leurs vertus aphrodisiaques. Ce sont, en effet, des plantes puissamment toniques bien qu’elles ne soient pas excitantes. Elles agissent en équilibrant l’activité du parasympathique et de l’orthosympathique. Elles sont autant décontractantes et antistress (en favorisant une montée du plaisir pendant les préliminaires) que stimulantes de l’orgasme.

C’est le même principe qui vaut avec le damiana, une plante aromatique du Mexique, qui a la vertu de sensibiliser le tissu nerveux. Utilisé sous forme d’infusion, simplement une fois par jour, pas plus, le damiana rend de jour en jour plus actif le tissu nerveux et favorise la montée du plaisir et son épanouissement pendant tout le rapport sexuel.

Combattre l’impuissance et la frigidité

Devant une stimulation sexuelle, apparaît chez l’homme une érection, chez la femme divers signes de plaisir. L’impuissance ou certains cas de frigidité sont la perte du réflexe nerveux qui suit cette stimulation. Ce réflexe étant originaire du cerveau, on a vite généralisé impuissance et frigidité à un simple problème « qui est dans la tête ». Pourtant, l’impuissance ou la frigidité relèvent davantage de troubles physiques que mentaux, et qui peuvent être résolus, dans la plupart des cas par la phytothérapie. La première plante à retenir est le Muira puama. Il possède des actions vasodilatatrices périphériques suivie d’une action stimulante du système nerveux orthosympathique. On l’appelle aussi le « bois bandé d’Amazonie », par comparaison aux effets du véritable bois bandé (Richeria grandis). Il s’utilise à raison d’une à trois gélules par jour.

La médecine traditionnelle chinoise a fait connaître à l’Occident, il y a peu, une autre plante aux vertus étonnantes : la schizandra (Schizandra chinensis). La schizandra stimule et exacerbe les sensations en provenance des cinq sens, notamment le goût, l’odorat et le toucher, ce qui en fait un élément de choix pour augmenter la sensualité entre partenaires, et donc par là même le désir et le plaisir : sous son effet, c’est une véritable symphonie de sensations électriques qui apparaissent. La médecine traditionnelle chinoise la préconise aussi contre l’émotivité et même certains cas de névroses. Antifatigue, cette plante est à utiliser à raison de deux ou trois gélules deux heures environ avant de ressentir pleinement ses effets.

Une autre plante, la maca (Lepidium meyenii), favorisera un bon effet contre ce type de troubles, autant chez l’homme que chez la femme. Le ginseng des Andes, son autre nom, est en effet riche en oligo-éléments et en précurseurs hormonaux. L’apport de ces éléments, utile devant l’impuissance ou la frigidité entraîne aussi une action équilibrante sur le système nerveux central. Cette plante agit aussi sur la mémoire, la performance intellectuelle et contre l’infertilité. C’est son usage prolongé sur un à deux mois, à raison de trois gélules, chaque jour au moins qui donneront les meilleurs résultats.

Améliorer la spermatogénèse et la fécondité

Le tribulus est aussi une plante majeure de la phytothérapie, bien qu’utilisée depuis peu en Occident. Le fruit de cette plante qui se présente sous la forme d’une étoile composée de cinq épines, a fait l’objet de multiples études scientifiques qui ont mis en évidence son action sur la spermatogénèse et l’activité pro-érectile. Ces résultats sont venus confirmer les savoirs traditionnels Chinois, Ayurvédique et d’Europe de l’Est où cette plante est réputée aphrodisiaque et tonique. Elle renforce en effet l’en­du­rance physique autant que la puissance masculine. Son usage est de trois gélules par jour, de préférence le matin, en cure de 20 jours par mois.

 

Lutter contre l’émotivité

Les pannes sexuelles et les blocages peuvent souvent être dus à une émotivité excessive, autant chez l’homme que chez la femme, qui bloque la montée du plaisir. La gomphrena (Gomphrena officinalis), connue pour ses vertus décontractantes tout en étant fortifiante sera idéale devant des situations de stress et de peur inexpliquée face à une situation normalement harmonieuse comme le rapport amoureux. On pourrait résumer en disant que la gomphrena est la plante antipeur. Une ou deux gélules dès que besoin, les effets se faisant sentir très rapidement.

Dans le même registre, on peut citer le kudzu, une plante aux vertus décontractantes et antistress. Certains thérapeutes l’appellent la plante zen, peut-être aussi parce qu’elle est originaire du Japon ? Ses effets contre les sensations de mal-être sont très puissants et justifient son emploi dans le cadre du sevrage aux drogues. Pris pour le confort et le bien-être, le kudzu modère l’émotivité et le besoin de compen­ser une sensation de malaise ou d’inconfort par une boisson alcoolisée, une cigarette ou un comportement addictif. Son emploi sous forme de gélules (qui contient la racine brute) permet un effet durable dans le temps. De 2 à 6 gélules par jour ou davantage, en une ou plusieurs prises.

Le fruit du palmier de Floride (Sabal serrulata) est réputé fortifiant et conviendra très bien à une personne frêle, qui de par ses propriétés anabolisantes, autant pour l’homme que la femme, et agira chez une personne émotive en donnant une meilleure confiance en soi. Le sabal active les fonctions surrénaliennes en même temps que l’activité parasympathique. Il est aussi réputé pour favoriser le développement de la poitrine chez la femme. Il s’utilise à raison de deux gélules chaque matin, en cure de deux à trois semaines chaque mois.

Agir contre le stress

Ici, il s’agit d’une personne qui travaille trop, qui a un environnement social, de travail ou familial qui perturbe son bien être, son sommeil, sa digestion, et aussi son activité sexuelle. Elle se retrouve en panne parce qu’elle n’arrive pas à se décontracter.

La première plante à citer sera la Withania somnifera, appelée encore le ginseng indien. La racine de cette plante a des vertus puissamment décontractantes et récupératrices du sommeil. Elle obligera le surmené au repos et, après cette période plus ou moins longue de récupération, elle apportera un tonus et une grande vigueur. En Inde, d’où cette plante est originaire, on compare ses effets toniques et la force qu’elle procure à celle du cheval. Au départ, son emploi est à recommander en association avec une autre plante : le kudzu, sous forme de fécule. Le mariage de ces deux plantes favorise la récupération en douceur et évite un effet trop fort de la withania. Une gélule de withania le soir avec une cuillère à soupe de kudzu diluée dans un verre d’eau pour la période de récupération, puis le matin ou en journée pour l’effet tonique qui s’en suit au bout de quelques jours.

La rhodiola, encore trop peu connue chez nous, est une plante traditionnellement utilisée en Russie depuis des siècles dans une liqueur aphrodisiaque : le nastojka. En Russie, à la Saint Valentin, il est de coutume d’offrir des fleurs, des chocolats et cette fameuse liqueur de nastojka… Aux vertus multiples et comparables au ginseng (cette plante est de plus en plus regardée par les phytothérapeutes comme une plante adaptogène majeure), la rhodiola agit sur tout le métabolisme du corps par un effet oxygénant général et un équilibrant nerveux. Notons enfin que les scientifiques russes ont mis en évidence un effet anti-aménorrhée qui a conduit, lors d’un test réalisé avec succès sur 25 femmes à 11 grossesses. 

Chacun devrait trouver ici une réponse à ses inquiétudes. Nous n’avons sélectionné que des plantes agissant en douceur pour mettre à l’unisson le désir et le plaisir et vous permettre de balayer pour longtemps vos préoccupations. Ne soyez pas impatient, le résultat ne sera pas long à venir.