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L’alpha et l’oméga de la santé

Saviez-vous qu’en plus d’être utilisé depuis des temps immémoriaux dans les textiles, et même pour les sols (le fameux linoléum), le lin est aussi bon pour votre santé ? En effet, il est plein d’oméga 3 et 6, qui sont essentiels à notre mémoire, à notre vue, et en général, au renouvellement de nos cellules.


Saviez-vous qu’en plus d’être utilisé depuis des temps immémoriaux dans les textiles, et même pour les sols (le fameux linoléum), le lin est aussi bon pour votre santé ? En effet, il est plein d’oméga 3 et 6, qui sont essentiels à notre mémoire, à notre vue, et en général, au renouvellement de nos cellules.

Pendant longtemps, l’huile de lin a été interdite en France, car ne contenant pas d’antioxydants, elle rancissait facilement ; il faut d’ailleurs éviter de la faire cuire. Mais depuis quelque temps, ma compagne s’est mise à manger des graines de lin et ne s’en porte que mieux. En effet, les vertus du lin sont d’autant mieux concentrées dans les graines, surtout lorsqu’elles sont germées.

Cette plante, surtout connue pour ses vertus industrielles, possède en fait bien d’autres qualités. Colbert et Mme de Sévigné en vantaient déjà les vertus médicinales à leur époque, il y a déjà quatre siècles. N’est-ce pas une bonne raison pour aller les redécouvrir ?

Compagnon de l’homme depuis toujours

On a retrouvé la plus ancienne fibre de lin au monde dans la grotte de Dzudzuana en Géorgie, vieille de 36 000 ans. Le lin trône donc en bonne place comme l’une des premières plantes cultivées par l’homme.

C’est surtout dans l’Egypte antique que le lin prend son essor, il y a plus de 6 000 ans : il servait à fabriquer des vêtements, même pour les momies, mais aussi des voiles de bateaux, des cordages et des filets. Et les graines y étaient déjà consommées !

Fabriqué en Europe bien avant l’arrivée de l’écriture, le lin s’est généralisé à partir du XIe siècle pour atteindre son apogée au XVIIe siècle, où il entrait dans la composition des toiles de Cambrai, dites « Bretagne superfine ». Il n’a ensuite cessé de décliner après l’arrivée du coton, pour reprendre des couleurs après 1945. Aujourd’hui, la France est le plus grand producteur de lin industriel au monde.

À chaque époque, ses vertus

Bien évidemment, nos ancêtres ne savaient pas ce qu’étaient les oméga 3 et les oméga 6. Cette dénomination est même assez récente, puisque dans les années 1970, on parlait encore à leurs propos de vitamine F.

Mais cela n’a pas empêché les médecins, dès l’Antiquité, de trouver des vertus au lin. Pour Théophraste, il s’agissait d’un excellent remède contre la toux, grâce à son mucilage. Hippocrate, qui n’était pas avare en solutions douloureuses, disait d’elle « qu’elle soignait la sciatique, la goutte et les douleurs, pour autant que l’on mettait le feu sur l’articulation douloureuse avec du lin cru » ! Ne refaites pas l’expérience chez vous…

Dioscoride, visiblement plus amène sur la question de l’automédication, lui prêtait les mêmes vertus que le fenugrec, c’est-à-dire d’apaiser les inflammations en général, même si le fenugrec est surtout réputé aujourd’hui pour apaiser le système digestif.

« L’eau de lin » fut très en vogue au XVIIe siècle, notamment pour lutter contre les calculs et pour ses pouvoirs émollients. Sous l’Empire, le remède Pradier, contre la goutte, fit fureur, alors qu’il ne s’agissait que d’une solution à base de farine de lin, dont la mode passa rapidement. Ses pouvoirs anti-inflammatoires restèrent toutefois en vogue pendant tout le XIXe siècle (Cazin, Kneipp).

Il s’agit toujours d’un laxatif notoire, qui apaise le système digestif et les inflammations des voies urinaires.

Des oméga en veux-tu, en voilà

Les acides gras essentiels (oméga 3 et 6) sont des substances que le corps ne fabrique pas mais dont il a impérativement besoin pour la production et la réparation de nos cellules. D’où le terme « essentiel ».

On a commencé à s’y intéresser lorsqu’on s’est aperçu que les esquimaux, qui mangent pourtant fort gras, n’avaient pas de problèmes cardiaques. Les études l’ont confirmé : les acides gras essentiels sont bons pour le cœur et font baisser l’hypertension. En plus, ils améliorent la cognition et luttent contre le cancer.

Surtout, c’est la carence en oméga qui est nocive et qui démontre à quel point ils sont essentiels : peau sèche, troubles cardiovasculaires, baisse de la vision, mauvaise mémoire et mauvaise circulation sanguine, et enfin, sautes d’humeur et dépression.

Toutefois, il ne faut pas en abuser, sous peine d’hémophilie, de baisse des réponses immunitaires et inflammatoires, et de la glycémie. Il faut aussi garder une proportion équilibrée entre oméga 3 et 6, faute de quoi l’obésité menace. Or les 6 sont beaucoup plus présents que les 3 dans notre alimentation. D’où le recours au lin, qui contient un grand nombre d’oméga 3.

Le lin germé pour booster ses vertus

L’huile de lin rancit, et les graines de lin sont très caloriques. Le moment où la graine de lin est la plus riche en oméga 3 est le moment où elle germe. Et la germination n’accroît pas seulement cet apport, mais aussi celui des minéraux, des enzymes et des vitamines, de 10 % pour la vitamine B3 à 600 % pour la vitamine C !

Vous pouvez vous procurer assez facilement de la graine de lin germé dans le commerce. Il en existe notamment en poudre qui se conserve plus longtemps que les graines germées que l’on trouve « dans l’état » ou que l’on essaie de faire germer soi-même.

Lorsqu’il germe, le lin accroît toutes ses vertus. La germination du lin démultiplie sa concentration enzymatique (notamment la delta 6-désaturase). Et comme sa proportion en acide phytique est divisée par deux, il est plus digeste que le lin non germé et il permet une bien meilleure assimilation et une meilleure transformation en EPA et DHA et des autres nutriments.

Par ailleurs, une étude sur la durée de conservation sur quatre ans et à température ambiante du lin germé n’a révélé aucun signe de rancidité. Les études organoleptiques n’ont montré aucune odeur anormale. Ce qui est une grande première par rapport à l’huile de lin ou les graines de lin.

À tout âge, ce qui est bon pour la mémoire et la vue est bon à prendre – surtout pour nous qui passons nos vies derrière des écrans. Et puis, vous aurez beau expliquer à ma compagne qu’il y a de la margarine enrichie en oméga 3 (qui perd d’ailleurs ses pouvoirs à la cuisson), elle n’aime tout simplement pas ça.