• Phytothérapie : busserole

La busserole, anti-inflammatoire des voies urinaires

Que les ours raffolent des feuilles et baies de busserole sans savoir pourquoi importe peu. Mais que nous les utilisions depuis des centaines d’années sans avoir la moindre confirmation de leurs propriétés thérapeutiques était plus fâcheux. Des recherches ont enfin prouvé l’efficacité de cet arbrisseau sur les inflammations des voies urinaires.    


Le nom de la busserole, lui vient du provençal bouisserolo, qui désigne le buis, par analogie de forme entre les deux arbrisseaux. Pourtant, la busserole, du point de vue thérapeutique, ne ressemble en rien au buis. Son nom botanique, Arctostaphylos uva ursi, nous en dit un peu plus. Uva ursi signifie « raisin d'ours », car les ours raffolent des baies de cet arbuste comme de toutes les baies de la même famille (les Éricacées). Pourquoi ? Sans doute autant pour leur goût sucré que pour leurs propriétés antibactériennes. Car la busserole est très proche de ses cousines, plus réputées dans ce domaine : la canneberge ou la myrtille

La busserole : cousine de la canneberge

Traditionnellement, la busserole est employée, comme la canneberge, pour soigner les inflammations des voies urinaires : cystite, inflammation du bassinet et du rein, inflammation de l'urètre consécutive à une blennorragie, hypertrophie de la prostate accompagnée de pus dans les urines, colibacillose... On l’emploie parfois pour résoudre les problèmes d'incontinence et de rétention d'urine et, encore plus rarement, pour traiter la diarrhée et les pertes blanches. Ce sont les feuilles - plutôt coriaces - qu'on utilise. Il faut simplement les cueillir durant l'été et les faire sécher pour les préparer en décoction afin d’extraire leur principe actif : l’arbutine.

Enfin étudiée sérieusement

Les indications thérapeutiques de la busserole étaient jusqu’ici admises mais pas prouvées. Au XVIe siècle, l’école de Montpellier a vanté les propriétés de cette plante comme diurétique, dissolvant des petits calculs et désinfectant des voies urinaires. On déchanta au XVIIIe siècle, probablement par suite de quelque erreur d’emploi. Dès lors, la busserole n’intéressa plus personne. C’est le succès de la canneberge qui a provoqué son retour en grâce. Plusieurs équipes de chercheurs ont en effet prouvé sa réelle efficacité sur les problèmes de la sphère urogénitale, comme antiseptique et bactériostatique (empêchant les bactéries de se développer et de se coller sur les parois). Ils ont découvert que le principe actif de la busserole, l'arbutine, est métabolisé dans les voies urinaires, où il se dégrade en glucose et en hydroquinone, substance très proche du phénol, un puissant antiseptique. Autrement dit, la plante libère son principe anti-infectieux exactement là où il est requis, ni en aval ni en amont.

À cuisiner et à... fumer

Les chercheurs se sont jusqu’ici surtout intéressés aux propriétés antiseptiques de la busserole, mais ont-ils tout découvert ? Rappelons-nous que les Amérindiens consommaient les baies de busserole dans les bouillons et les soupes, en les faisant cuire avec de la viande. Et surtout, qu’ils employaient les feuilles séchées, avec du tabac et d'autres plantes à fumer, dans leur calumet de paix. Ils croyaient que la busserole avait le pouvoir de calmer les esprits, de clarifier les idées et de favoriser l'entente entre les peuples. Voilà qui nous serait bien utile.

Posologie

  • Infusion (feuilles) : 20 à 30 g par litre d’eau, prendre trois à quatre tasses par jour. En état d’accoucher, 30 g par litre d’eau, et prendre trois à quatre tasses par heure.
     
  • Décoction : 10 à 15 g par litre d'eau. On amène à ébullition puis on laisse cuire à petits bouillons pendant une demi-heure. Les tanins peuvent causer de l'irritation gastrique, donc à utiliser seulement à court terme, ou ajouter des feuilles de menthe à la décoction, ou encore mélanger la décoction à parts égales avec une infusion de camomille. En prendre deux ou trois tasses par jour.
     
  • Teinture mère : 80 à 90 gouttes par jour. À utiliser sur une courte durée.
     
  • Poudre : de 2 à 8 g ou en gélules dosées à 250 mg. En prendre 4 à 6 par jour en cure sur 15 jours et de 1 à 2 par jour en préventif, entre les repas.

 

Vous pouvez vous en procurer ici : 

Busserole (chez La Vie Naturelle)