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La figue : du bourgeon au fruit, découvrez tous ses bienfaits

Délicieuse, gorgée de soleil, anti-inflammatoire et protectrice du système digestif, la figue est une vieille amie de l'homme. En gemmothérapie le bourgeon de figuier rééquilibre le système neurovégétatif, calme les angoisses, le stress, les migraines et facilite l'endormissement.  


La figue bénéficie d’un indéniable capital sympathie. Est-ce parce que c’est le fruit emblématique des pays du bassin méditerranéen d’où le soleil ne s’absente jamais longtemps, est-ce du fait de ses nombreuses vertus pour la santé, ou tout simplement parce que c’est un fruit particulièrement doux à déguster ? Sans doute un peu des trois à la fois…

Le plus vieil ami de l’homme

Le figuier tient une place importante dans la mythologie des régions méditerranéennes. Il est l’un des cinq arbres fruitiers symboliques de la Terre promise, avec l’olivier, la vigne, le palmier-dattier et le grenadier. C’est d’ailleurs le premier arbre mentionné dans la Bible, et considérant l’abondance du figuier dans la région présumée de l’Eden, il est plausible que le fruit de la connaissance soit en réalité la figue et non la pomme.

Dans la Grèce antique, le figuier faisait partie de nombreux cultes, comme celui de Déméter, déesse de l’agriculture. Dans la tradition romaine, c’est sous un figuier qu’auraient été trouvés Remus et Romulus, en compagnie de la fameuse louve qui les aurait allaités après leur abandon. Et c’est aussi en dessous d’un figuier que Bouddha aurait reçu l’illumination…

Bref, le figuier est un vieil ami de l’homme, ce que la science a confirmé en 2006, après la découverte dans la vallée du Jourdain de neuf figues parthénocarpiques (ne produisant pas de graines et dont la reproduction nécessite la main de l’homme) datées aux environs de 9400 à 9200 ans av. J.-C.

Si la région qui a vu naître le figuier est difficile à déterminer (on parle souvent du Sud-Ouest asiatique et de la Syrie), c’est en tout cas au Proche-Orient et dans le bassin méditerranéen que la figue est devenue l’un des fruits les plus consommés. Egyptiens, Grecs, Phéniciens, Crétois et Romains en raffolaient.

Ce fût aussi le cas de Louis XIV, qui l’appréciait tellement qu’il ne pût se contenter d’une production étalée sur deux mois. Son jardinier, Jean-Baptiste de La Quintinie, inventa un procédé complexe de jardin en creux, d’arbres en pleine terre, en caisses mobiles et sous verrières, assorti d’amendements spécifiques, qui permit de produire presque la moitié de l’année. Tout ça pour que le roi Soleil trouve à son gré sur sa table des figues fraîches !

Un fruit ? Non, une inflorescence !

La figue n’est pas un fruit au sens propre du terme. Du point de vue botanique, c’est davantage une forme d’inflorescence, comme un réceptacle dans lequel sont alignées de nombreuses et minuscules « fleurs » unisexuées, qui en tapissent l’intérieur. Ces fleurs totalement coupées du monde extérieur ne peuvent pas être fécondées sans une intervention extérieure. À maturité, ce réceptacle devient charnu, donnant la figue !

La fructification de Ficus carica est une autre particularité : les fleurs mâles, disposées près de l’ostiole (la petite ouverture sur la base de la figue) n’arrivent jamais à maturité en même temps que les organes femelles. Dans la nature, ceux-ci sont pollinisés par une guêpe minuscule et tout à fait spécifique, le blastophage, qui se développe à l’intérieur des figues et y pond (dans certaines d’entre elles) une fois adulte. C’est leur ballet entre figuiers dits « mâles » et « femelles » qui assure la dispersion du pollen.

700 variétés dans le monde et une microrégion

Le mode de fructification y est-il pour quelque chose, toujours est-il que l’on compte plus de 700 variétés de figues sur la planète, réparties pour l’essentiel en trois catégories : les figues blanches (ou vertes), les grises (ou rouges) et les violettes (ou noires), ces dernières étant les plus courantes. C’est la Turquie qui domine aujourd’hui le marché mondial de la figue, avec sa Brown Turkey, une variété qui cumule les avantages pour la grande culture : très productif, aux fruits idéalement calibrés, ce figuier fructifie deux fois dans l’année et résiste bien au froid.

Si elle joue un rôle insignifiant au plan mondial, loin derrière la Turquie, l’Egypte, le Maroc, l’Iran, la Grèce ou la Californie, la France possède quand même son propre berceau de la figue : le bassin de Solliès, dans la vallée du Gapeau (Var), donne 75% de la production nationale, avec une variété dominante, la Bourjassotte noire. Ce terroir réunit en un microclimat unique des conditions idéales pour le figuier : un ensoleillement et des températures parmi les plus élevées de France, des ressources en eau néanmoins abondantes et des sols composés de limons agrémentés de cailloutis tantôt calcaires, tantôt cristallins, riches et drainants.

La figue chasse la constipation tout en douceur

Qu’elles soient fraîches ou séchées, les figues contiennent un part intéressante de fibres alimentaires, si essentielles pour l’hygiène du tube digestif. Avec 30% de fibres solubles et 70% de fibres insolubles, la figue dynamise les transits paresseux, au même titre que le pruneau par exemple, mais de façon plus douce, disons moins… pressée, si vous voyez ce que je veux dire. Une portion de 100 g, qui équivaut grosso modo à deux figues, apporte 10 g de fibres.

La figue renferme un autre facteur très actif dans la lutte contre la constipation : le magnésium. Avec une contribution d’une soixantaine de mg pour 100 g de fruits, ce sel minéral favorise l’augmentation du volume d’eau dans le tube digestif et stimule le péristaltisme intestinal. La présence des nombreuses graines de couleur ocre qui tapissent la pulpe de la figue achève d’en faire l’amie du transit, grâce à leur action de ballast et de balayage des parois du tube digestif.

Utile aux sportifs autant qu’aux intellectuels…

On retrouve couramment la figue au menu des sportifs. Soit elle entre dans la composition de leur barre énergétique préférée, soit ils la consomment, le plus souvent séchée, pendant l’effort, ce qui se révèle tout à fait judicieux compte tenu de sa teneur en sucre, conjuguée à sa générosité en vitamines, minéraux, oligo-éléments et antioxydants. Platon lui-même en raffolait et voyait dans la figue le fruit parfait des athlètes de l’Antiquité.

Platon considérait aussi la figue comme la meilleure amie des philosophes, parce qu’elles « renforcerait l’intelligence ». Il était rejoint sur ce point par un autre philosophe contemporain, Dioscoride, qui les appréciaient tout autant et les conseillaient, en association avec les noix, pour se protéger de la sénilité liée au vieillissement et de certains types d’empoisonnement. Cette aptitude est probablement liée à sa concentration élevée en antioxydants de type flavonoïdes et caroténoïdes, qu’on retrouve principalement dans la peau de la figue. Ceux-ci sont mieux absorbés accompagnés d’une petite quantité de lipides, d’où l’intérêt des noix !

Remède de grand-mère

La figue a récemment été incriminée dans certains cas d’allergie orale, induite par des peptides qui ressemblent beaucoup à ceux du pollen de bouleau. Les personnes sensibles développent des inflammations et des démangeaisons dans la bouche, sur les lèvres et dans la gorge. Le risque est considérablement moindre avec la forme séchée.

Pourtant, la chair de la figue est connue depuis longtemps pour être globalement anti-inflammatoire. En décoction ou même en cataplasme, elle calme les irritations cutanées, mais aussi les gingivites et autres inflammations de la bouche. La pharmacopée ancienne attribue aussi à la figue (de préférence sous forme de sirop) des vertus pectorales contre la toux, les rhumes, les maux de gorge et les affections des poumons en général telles que l’asthme ou la bronchite chronique.

Si vous avez un figuier dans votre jardin, souvenez-vous en cas de besoin que le suc laiteux qu’il sécrète contient une enzyme puissante contre les cors et les verrues. Il suffit de couper une feuille à la base de sa tige et d’appliquer le précieux latex deux fois par jour sur le cor ou la verrue pour précipiter leur disparition.

Dans la mythologie, le figuier occupe une place importante dans les cultes de la fécondité. Considéré comme le fruit des femmes, la figue est un remède naturel qui mérite d’être considéré devant les troubles féminins comme la dysménorrhée (les douleurs liées aux règles), l’aménorrhée (l’absence de règles) ou l’anovulation (aucun ovocyte n’est libéré par les ovaires). Sa consommation régulerait l’activité ovarienne, et à l’approche de l’accouchement, faciliterait la dilatation du col de l’utérus.

En gemmothérapie aussi…

Le bourgeon du figuier est un remède souverain sur le plan psychosomatique : il agit en profondeur sur le système endocrinien et rééquilibre le système neurovégétatif. Voici quelques-unes de ses propriétés les plus importantes :

  • Sur la sphère stomacale : le macérat de bourgeon de figuier draine l’estomac et le duodénum, les débarrassant des ulcères, des dyspepsies, des reflux gastriques et de l’aérophagie. Il facilite la régénération des muqueuses.
  • Sur la sphère intestinale : le macérat de bourgeon de figuier est utile dans les cas de colites, y compris les recto-colites ulcéreuses et la maladie de Crohn. Il freine les tendances boulimiques et régule l’appétit, qu’il soit trop fort ou trop faible.
  • Sur la sphère nerveuse : c’est un anxiolytique naturel de premier ordre devant les angoisses, le nervosisme et le stress. Il calme souvent les crises d’épilepsies, de spasmophilie, de migraines et de palpitations/tachycardies. Il facilite l’endormissement.
  • Sur le plan psychique : le bourgeon de figuier est utile dans tous les phénomènes de somatisation. Il agit sur la dépression, la neurasthénie, les névroses, les obsessions, les peurs inconscientes, le trac et quelquefois l’anorexie, voire la sclérose en plaques.
  • Au niveau circulatoire : le bourgeon de figuier facilite la résorption d’hématomes, en particulier les intracrâniens, même anciens. Il calme les dérèglements du rythme cardiaque, limite l’athérosclérose et les accidents thrombotiques.
  • Au niveau articulaire : le bourgeon de figuier peut soulager certaines formes d’arthrite ainsi que la névralgie du nerf sciatique. Il peut être d’un certain secours également contre les douleurs cervicales.
  • Sur le plan uro-génital : il constitue un remède à l’absence de règles, ainsi qu’aux troubles de la production de spermatozoïdes. Il est indiqué pour traiter les cas de stérilité, tant chez l’homme que chez la femme.

Profitez-en, c’est maintenant la saison !

Voici donc un fruit qui joint remarquablement l’utile à l’agréable. Généralement disponible sur les étals dès la mi-août et jusqu’aux derniers jours d’octobre, délicieuse et sensuelle, la figue fraîche accompagne avec bonheur la transition de la fin d’été vers les premiers frimas d’automne. Ensuite, elle sera toujours accessible sous sa forme séchée, avec peu ou prou les mêmes bienfaits, pour que l’hiver vous soit plus doux et plus facile.

 

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