• Aromathérapie : l'oignon

Pleurez de joie avec l’oignon !

J’ai commencé à manger des oignons pendant mes études. Rien de tel pour relever le goût des pâtes, que l’on finit toujours par trouver fade au bout d’un moment.

On parle rarement de l’oignon, parce qu’il est bien connu. Mais, comme le disait Hegel, ce qui est bien connu est en fait mal connu.

Car l’oignon est riche, très riche en bienfaits pour votre santé. Et on lui prête aussi des vertus anti-cancérigènes !

D’ailleurs, savez-vous que l’oignon fait baisser la glycémie ? C’est pour cela qu’il rentre dans certaines préparations efficaces pour réguler le métabolisme.

Le légume cultivé le plus ancien

L’oignon est de la même famille que l’ail. Il doit son nom actuel, non au verbe oindre, mais au numéral « un », car il n’a qu’un seul bulbe. Ce nom a remplacé au XIIIe siècle les termes issus du latin caepa, qui a donné cive, civet, ciboule, ciboulette, et aussi le nom italien de l’oignon, cipolla.

Il s’agit d’une plante cultivée depuis si longtemps par l’homme que l’on ne sait plus d’où elle est originaire. Pour preuve, on ne la retrouve plus à l’état sauvage !

Elle viendrait peut-être d’Asie centrale, certains auteurs parlant du Baloutchistan, au Pakistan. En tout cas, on sait d’où vient l’échalote, qui lui est apparentée, puisqu’elle porte le même nom que la ville d’Ashkelon au Proche-Orient, en Israël.

Cultivé depuis les débuts de l’agriculture, l’oignon l’était bien entendu par les premiers citadins, c’est-à-dire les Sumériens, il y a 6 000 ans.

De leur côté, les Égyptiens lui attribuaient des pouvoirs divins, car ils pensaient qu’il abritait des divinités… Les Hébreux ont d’ailleurs reproché à Moïse d’avoir dû abandonner, en sortant d’Égypte, l’oignon, entre autres plantes.

Les soldats romains s’accordaient pour dire qu’il donnait du courage. Et quelque part, n’est-ce pas la source de toutes les vertus ?

 

Un peu d’ésotérisme

Au Moyen Âge, on accrochait une botte d’oignons à la porte pour se protéger de la peste. À l’intérieur de la maison, il attirait à lui toutes les maladies et la négativité. On lui prêtait aussi des vertus aphrodisiaques.

On dit qu’une moitié d’oignon frottée sur une verrue puis enterrée fait disparaître la verrue. Je n’ai pas enterré l’oignon, et la verrue est quand même partie.

La sorcellerie a aussi fait grand usage de l’oignon, de façon parfois cruelle. Pour se venger d’un amant infidèle, il suffit, dit-on, de placer dans la cheminée un oignon percé de treize épingles. Il existe ainsi différents procédés magiques utilisés pour faire souffrir les amants insensibles avec de l’oignon.

 

Il mérite bien quelques larmes

De quoi est fait l’oignon ? Le bulbe renferme des fructanes, des polysaccharides, des flavonoïdes, des saponosides, des stérols et une essence aromatique riche en composés soufrés, telles l’allicine et l’alliine.

Ces composés entrent dans la réaction chimique qui provoque les larmes lorsqu’on le coupe. Ce qui aujourd’hui, malheureusement, en dissuade plus d’un de s’approprier ses bienfaits.

Mais il existe quelques parades simples à ces larmes : la cuisson à la vapeur, une hotte en bon état, passer l’oignon sous l’eau ou utiliser un couteau bien aiguisé sont des astuces qui permettent de diminuer cet inconvénient.

L’oignon, en plus de son goût délicieux, est riche en antioxydants. À ce titre, privilégiez les oignons jaunes et rouges aux blancs. Il contient également une proportion non négligeable de vitamine B (B6 particulièrement), d’oligo-éléments, de soufre, de potassium et de manganèse.

Je ne saurais trop vous conseiller, malgré leur prix quelque peu élevé, de manger des oignons français. Ils ont l’avantage de la saveur, et surtout, de n’avoir pas été ionisés, c’est-à-dire irradiés. Ceux de Roscoff ont ma préférence.

Un savoureux diurétique

L’oignon a toujours eu une solide réputation diurétique. Dans la Grèce antique, Dioscoride le recommandait cuit pour chasser les urines, et Pline considérait son suc comme le meilleur remède contre l’œdème généralisé.

Il favorise ainsi l’élimination du chlorure de sodium. Il est également préconisé pour lutter contre les rétentions hydrosodées : œdèmes, ascites, cirrhoses, pleurésies, péricardites.

Platine de Crémone, au XVIe siècle, a écrit qu’il était « propre à ouvrir la bouche des veines et à faire issir l’urine ». Les auteurs plus récents n’ont fait que confirmer ces opinions autorisées.

Il est depuis un siècle utilisé par la médecine contre l’hypertrophie de la prostate. Il améliorerait l’état des malades et permettrait de les préparer favorablement à une éventuelle intervention chirurgicale.

 

Contre le diabète, la grippe… et la chute des cheveux !

Mais surtout, l’oignon est connu pour son action anti-infectieuse. Il est ainsi utilisé pour remédier aux stomatites et aux affections bucco-pharyngées. Contre le staphylocoque, responsable des furoncles et de l’anthrax, il tient même lieu d’antibiotique !

Il a également un effet bénéfique sur le système respiratoire, permettant de se débarrasser des toux rebelles et bronchiques. Antiasthmatique, il peut être utilisé en cas de rhume, de bronchite et de laryngite.

Et là ne s’arrête pas la liste de ses pouvoirs : hypoglycémiant, antiscorbutique, stimulant de l’appétit et de la digestion, carminatif, il est efficace contre la gastro-entérite, les vers, le diabète, les maux d’estomac, la fièvre, la grippe et paraît-il, les passions toxiques.

Saviez-vous qu’une étude originale des cardiologues britanniques montra, au milieu du XXe siècle, qu’un régime riche en oignons frits ou bouillis, en augmentant la fluidité du sang, réduisait les thromboses et les risques d’infarctus ?  Et ce, bien que cette nourriture soit considérée comme très riche.

Enfin, l’école des médecins de Salerne, au Moyen Âge, recommandait son suc comme lotion pour lutter contre l’alopécie (chute capillaire), et c’est à cette fin qu’il est encore utilisé dans l’industrie cosmétique !

 

Cru, en infusion ou en vin

Pour profiter de ses vertus diurétiques et anti-prostatiques, il suffit de manger un bel oignon cru par jour. Je ne le peux pas, parce que je fais de l’acidité gastrique. J’ai donc dû trouver autre chose.

C’est ainsi que j’ai découvert dans un livre une recette de vin d’oignon : broyez 300 g d’oignons crus et ajoutez à la pulpe obtenue 100 g de miel liquide et 600 g de vin blanc léger. 2 à 4 cuillerées à soupe de ce vin devraient changer votre état. Sinon, il vous reste toujours cette préparation facile à utiliser.

Pour profiter de ses bienfaits bronchiques, rien de tel qu’une infusion préparée avec 4 à 6 oignons par litres d’eau, sucrée avec 100 g de miel. Passez et buvez chaud par petites tasses tout au long de la journée.

Enfin, contre les abcès, les furoncles, et pour faire mûrir les panaris, appliquez un oignon cuit et chaud en cataplasme.

En vous souhaitant une vie aussi riche que l’oignon.