• Plantes et Santé édito 147

Pourquoi tant de mépris ?

Comme certains d’entre vous sans doute, plusieurs personnes de mon entourage ont affronté le cancer. Tout au long de cette épreuve, elles n’ont pu éviter les innombrables effets secondaires de la chimio et de la radiothérapie – plus inattendus et déstabilisants les uns que les autres. Les fragilisant qu’elles aient perdu 1 ou 10 kilos, les affaiblissant que ce soit au début ou à la fin du traitement. Je ne soulignerai jamais assez l’héroïsme de ces proches qui ont encaissé des traitements si durs. Mes amis ont été doublement héroïques car j’ai malheureusement constaté que ces différents effets secondaires étaient souvent mal pris en charge. J’ai aussi été surprise de voir que jamais la phytothérapie ne faisait partie de l’arsenal thérapeutique qui leur était proposé.

Or celle-ci est tout à fait indiquée pour soulager le malade des bouleversements provoqués par les traitements oncologiques et augmenter la résistance de son organisme. C’est pourquoi nous avons souhaité y consacrer un dossier. Il y a plusieurs domaines où les plantes peuvent ainsi amortir le choc des traitements : sphère digestive, immunité, renforcement des organes clés. Le mépris dans lequel on les tient est largement injustifié.
Et incompréhensible.

Comment expliquer que les plantes qui sont à l’origine des principaux traitements anticancer n’ont pas droit de cité en tant que telles dans les services d’oncologie. Pourtant les nouvelles orientations de la politique de santé soulignent la nécessité d’apporter « les soins et soutiens nécessaires aux personnes malades conjointement aux traitements spécifiques ». On appelle cela les soins de support. Les centres spécialisés s’ouvrent donc à plusieurs médecines douces comme l’ostéopathie,la réflexothérapie, l’acupuncture, la sophrologie pour enrayer les effets secondaires des chimio et radiothérapie et prendre en compte le malade dans sa globalité. Mais de phytothérapie point… Figurez-vous que les plantes sont bannies parce qu’elles sont efficaces ! Toutefois comprenons-nous bien : il convient en effet d’agir avec prudence et de ne pas minimiser les interférences possibles de leurs principes actifs avec les autres traitements.

Mais cela n’est pas une raison suffisante pour les évincer. Quand, régulièrement, des études mettent en évidence la diversité du mode d’action des végétaux sur le cancer (ils freinent la prolifération des cellules cancéreuses, réduisent les tumeurs, restaurent les organes, sans parler de leur soutien plus holistique), on ne peut que s’indigner qu’ils soient si peu mis à profit. Heureusement, des malades et des médecins passent outre cette frilosité ; ces derniers mettent en place des protocoles adaptés, par exemple autour de l’aromathérapie. Ce dossier est ainsi une façon de donner à cette thérapeutique la place qui devrait lui revenir, de façon à ce que de plus en plus de personnes y aient accès.