L’Algue du lac Klamath bientôt des applications cliniques

Il existe dans le sud de l’Orégon, un lac situé à une altitude de 1 400 mètres protégé de toute pollution industrielle. Ce lac, le lac Klamath, se trouve au-dessus de la jonction de trois plaques tectoniques. Selon les scientifiques, il daterait de plusieurs millions d’années et aurait survécu à plusieurs ères glacières. On y trouve une algue qui ne se développe nulle part ailleurs, une algue bleu-vert appelée Aphanizomenonflos-aquae, ou plus simplement AFA.

L’AFA est en vente libre aux USA depuis le début des années 1980. Face aux nombreux témoignages attestant des propriétés curatives de l’AFA, un programme de recherche a été mis au point en 1995 afin de mieux comprendre comment l’AFA agit sur la santé. Aujourd’hui, les résultats scientifiques s’accumulent et démontrent que cette algue possède une gamme étendue d’effets thérapeutiques dont certains ouvrent des perspectives étonnantes dans le traitement de maladies considérées aujourd’hui comme incurables.

Système immunitaire

La première étude scientifique a été menée par l’Université de l’Illinois. Les chercheurs américains ont étudié tous les paramètres cliniques du sang (hématocrite, hémoglobine, cholestérol, cortisol, T3, T4…). Les scientifiques ont constaté que l’AFA provoque une mobilisation presque immédiate des globules blancs (leucocytes), ce qui permet à l’organisme de répondre instantanément à une attaque (une infection virale par exemple). Le composé actif de l’AFA responsable de cet effet a été identifié comme étant un polysaccharide unique à l’AFA.

Inflammation

Vers la fin des années 1990, une série d’études a ensuite été publiée décrivant les propriétés anti-inflammatoires de la phycocyanine, le pigment bleu de l’algue. Ce pigment inhibe la cyclooxygénase-2 (COX- 2), une enzyme fortement impliquée dans le processus inflammatoire. Les inhibiteurs synthétiques de COX-2 sont aujourd’hui reconnus pour leur action en particulier dans le traitement de l’arthrite, cependant, aucun des effets secondaires habituels des anti- inflammatoires synthétiques n’ont été rapportés avec l’utilisation de l’AFA après plus de 20 ans de pré- sence sur le marché.

Systèmenerveux

De tous les bienfaits rapportés par les consommateurs d’AFA, le plus commun est une augmentation de la concentration, une sensation d’énergie mentale, une élévation de l’humeur voire un effet anti-dépresseur. Les chercheurs américains ont en effet découvert, il y a quelques années, une concentration significative de phényléthylamine (PEA) dans l’algue AFA. Le PEA est un composé endogène du cerveau, bien connu en science neurologique et nommé familièrement « la molécule de l’amour » ou « la molécule de la joie ». En effet, lorsque l’on se sent heureux, paisible, rempli de sérénité et d’un sentiment d’amour, alors le cerveau est en train de faire du PEA et des études publiées dans les années 1980 ont démontré que la consommation de 10 mg de PEA par jour suffisait souvent pour renverser une dépression clinique, alors que 3 à 5 mg élèvent l’humeur et augmente la concentration.

Cellulessouches etrégénérationtissulaire

De toutes les découvertes faites sur l’AFA, la plus récente et la plus intéressante est sans doute celle concernant les cellules souches. Les cellules souches embryonnaires ont la capacité de devenir des cellules d’à peu près n’importe quel organe du corps. Ainsi transplantées dans divers organes, elles peuvent devenir en quelques jours des cellules cérébrales, hépatiques, ou même musculaires. Après plusieurs années de travaux scientifiques, il vient d’être démontré que l’AFA contenait deux composés actifs, un stimulant le relâchement de cellules souches de la mœlle osseuse et un autre, un polysaccharide, qui stimule la migration des cellules souches vers les tissus. Cet effet est observé avec une dose de 5 grammes d’AFA. Des travaux sont à l’heure actuelle en cours pour étudier l’effet clinique de l’AFA et de ses composés actifs dans le traitement de diverses maladies dégénératives. 

Alexandre Imbert