L'anémone pulsatille : un antispasmodique qui écarte le mauvais-oeil

Une plante mythique :

Durant toute l'Antiquité, la plante fut associée à l'aventure passionnelle que vécut la déesse de la beauté et de l'amour avec Adonis, le fils incestueux de Myrrha. De nombreuses statues grecques représentent Aphrodite comme une divinité grave, drapée dans un long chiton, couronnée d'un diadème et tenant en main une anémone, née de la transformation en plante du sang de son amant. Ce culte se perpétua jusqu'à l'époque romaine où Aphrodite, devenue Vénus pour les Latins, fut considérée comme la première ancêtre du peuple romain. Sa liaison avec Adonis, sur le mont Liban, figure parmi les thèmes favoris des fresques de Pompéi.

Utilisation magique :

Les anémones fleurissent tôt. Pour chasser la maladie tout au long de l'année, il faut cueillir les toutes premières fleurs, dès qu'elles commencent à s'ouvrir. Elles sont alors veloutées et d'une couleur lie-de-vin éclatante. Ce moment de la cueillette est très important. Les années où Pâques est tôt en saison, on peut avoir la chance de voir les premières anémones fleurir fin mars. Celles que l'on récolte le matin du vendredi saint auront un pouvoir extraordinaire. À défaut, guettez la première éclosion du matin de l'Annonciation. Lorsque la protection contre « le mauvais oeil » est recherchée, la tradition recommande de placer des fleurs d'anémone pulsatille - uniquement les fleurs - dans un petit sac en tissu rouge violacé, le plus approchant possible de la teinte des pétales frais. Il faut porter ce sachet à même la peau. En Thessalonique, un bouquet d'anémones figure obligatoirement dans tout rituel destiné à guérir un malade. La souche de l'anémone fraîche, pilée au mortier, servait au XVIème siècle à fabriquer des pommades magiques destinées à guérir de multiples maux d'origine satanique, entre autres la mélancolie et la danse de Saint-Guy. En homéopathie, la pulsatille (Pulsatilla) est le remède des jeunes filles dont l'humeur est changeante et les pleurs faciles.