La caigua régule le métabolisme lipidique

Le concombre sauvage est natif du Pérou où il est encore utilisé principalement en tant qu’ingrédient de certaines recettes traditionnelles comme le « guiso caigua » (ragoût) ou la « caigua rellena » (caigua farcie de viande, de légume et d’œuf). En médecine traditionnelle, les shamans recommandent la consommation régulière du fruit de la caigua aux malades souffrant de surpoids et d’excès de pression sanguine. La plante est, en Amérique du Sud, très courante dès que l’on est en altitude et cette herbe grimpante et persistante est facile à identifier car elle peut couvrir de grandes surfaces (elle monte jusqu’à cinq mètres).

Le bon et le mauvais cholestérol

Ce sont donc les scientifiques péruviens qui, les premiers, se sont intéressés à la caigua et à son action sur le métabolisme des graisses. Ils se sont bientôt rendu compte que la caigua

pouvait jouer un rôle utile dans le traitement du cholestérol. Ce n’est qu’il y a dix ans qu’est venue la confirmation officielle de leurs présomptions. Une équipe de chercheurs de l’université Cayetano Heredia a ainsi mené une étude sur soixante patients qui ont pris quotidiennement, pendant douze semaines, six gélules de caigua en poudre. Les résultats firent grand bruit chez les spécialistes du cholestérol puisque l’étude faisait apparaître non seulement une réduction d’environ 25 % du cholestérol LDL (considéré comme le mauvais cholestérol), mais aussi une augmentation de 42 % du cholestérol HDL (le bon cholestérol).

Post-ménopause : un allié

Les chercheurs se sont ensuite penchés plus particulièrement sur le cas des femmes qui ont passé la ménopause. Une étude a ainsi été menée sur deux échantillons de femmes : les unes en pré-ménopause, les autres en post-ménopause. Les résultats font apparaître que l’effet de la caigua (à partir de 6 gélules par jour pendant douze semaines) serait beaucoup plus sensible chez les femmes en post-ménopause, en particulier sur la prise de poids et sur le taux de cholestérol dans le sang. La caigua apparaît ainsi comme une alliée dans cette période qui provoque une transformation profonde du métabolisme. La baisse de la sécrétion d’œstrogènes entraîne à la fois une modification du métabolisme des lipides et une disparition progressive de leur effet anabolisant. Lesquelles entraînent une augmentation spontanée de la masse grasse et une diminution de la masse musculaire généralement aggravée par une plus grande sédentarité  et  une  consommation de sucres plus importante.

PLANTER LA CAIGUA DANS SON JARDIN

La caigua peut facilement être plantée sous nos climats (en France, on l’appelle cyclanthère). Les fruits peuvent être cueillis dès qu’ils atteignent la taille d’un cornichon, la peau est alors encore verte. On les confit dans le vinaigre. On peut les mélanger aux salades composées ou encore les employer comme légume (à faire sauter dans la poêle). Lorsqu’ils sont plus mûrs, ils peuvent être farcis ou cuits dans l’huile.

Semer en avril, en godets de tourbe, dans un endroit clair (température 12 °C), et repiquer à exposition ensoleillée à la mi-mai à deux mètres en tous sens.

Attention : la caigua se ressème facilement et peut rapidement devenir envahissante dans un petit jardin.

 

La caigua n’est pas un phyto-œstrogène. Il ne s’agit donc pas d’une sorte de traitement substitutif hor- monal mais seulement d’un allié utile pour la femme ménopausée sujette à l’hypercholestérolémie et à la prise de poids. On la consommera en tant que légume ou en gélules à raison de 6 gélules par jour pendant trois mois.