La livèche, le condiment oublié des potagers

Le nom latin de la livèche (Levisticum officinale) indique que cette grande ombellifère de la même famille que le céleri a été répertoriée très tôt en tant que plante médicinale : levisticum dérive du latin levare, soulager. Elle fut probablement rapportée chez nous d’Iran, dont elle est originaire, par les moines bénédictins, vers l’an 800. Au Moyen-Âge, on lui reconnaît  déjà  des  vertus  stomachiques, calmantes et une action dans les soins de beauté. Cette réputation a malheureusement occulté les qualités  de  cette  plante en tant que condiment. Très aromatiques, les feuilles de livèche parfument les soupes, les sauces, les courts-bouillons, les salades et les omelettes. En France, pays de la gastronomie, la livèche est ainsi quasiment tombée dans l’oubli, sauf en Alsace où l’on emploie les feuilles comme celles du cerfeuil et sa racine réduite en poudre comme du poivre.

En pleine terre ou en pot

Si vous n’en avez pas au jardin, n’espérez pas faire lever des graines de livèche cette année, elles ne germent que si elles sont de l’automne précédent. Il est donc préférable d’acheter un jeune plant qui suffira à une famille. La livèche se plaira dans un sol frais, riche en humus, profond et bien drainé. Mais on peut la planter partout, même dans un grand pot, si l’on ajoute à sa terre du terreau de tourbe et du compost et si on la place à mi-ombre. Si vous optez pour la culture en pot, il vous faudra en renouveler la terre chaque année.

Un dernier détail : la belle est peu sensible au froid, mais a besoin de beaucoup d’eau.

Dès la seconde année, vous pourrez diviser les touffes et ainsi augmenter votre récolte. Les feuilles et les fleurs se cueillent de mai à août et les fruits jusqu’en novembre, à consommer fraîches ou sèches. Quant à la racine, elle ne se récolte qu’à partir de la troisième année, en automne.

Elle stimule les émonctoires

La livèche est un aliment qui agit sur les organes d’élimination : les reins, le foie, la vessie, la peau, les poumons. Diurétique, elle est indiquée dans les cas de cystite, de néphrite ou de forts taux d’albumine, mais aussi quand il s’agit d’insuffisance hépatique et de troubles digestifs avec ballonnements. Avec de tels pouvoirs d’élimination des toxines, la livèche nettoie la peau, désodorise, aide à l’amaigrissement, favorise les règles, lutte contre les aphtes, les flatulences, les migraines. Sa racine possède des propriétés expectorantes et sédatives, elle est donc utilisée contre la toux, les bronchites. Elle est toutefois déconseillée aux femmes enceintes et pour ceux qui sont atteints de maladies rénales. Les racines de livèche étaient jadis confites dans le miel, ainsi préparées, elles  constituaient une ressource tonique et rajeunissante pour les personnes âgées. Son feuillage, dont la conservation est facile, une fois qu’elle a été séchée, est un excellent aromate pour les viandes blanches. On mettra aussi les tiges dans les soupes, les ragoûts à base de viande et les salades. Elle peut s’utiliser aussi bien crue que cuite.