La mandragore : maléfique et sédative

 Son ingestion entraîne dilatation des pupilles, sécheresse de la bouche et de la gorge, somnolence, mydriase et narcose suivies dhallucinations, troubles des contractions cardiaques. La mort peut survenir par arrêt respiratoire. La mandragore fait partie de l'histoire de l'anesthésie. Dans lantiquité, les médecins l'utilisaient pour supprimer la sensibilité et la douleur. De multiples vertus thérapeutiques lui sont attribuaes. Par sa composition chimique, elle est sadative, antispasmodique, antiinflammatoireen cataplasme, hypnotique et hallucinogène. Elle prasenterait agalement des propriatas aphrodisiaques lui conférant une vertu fertilisante.

Mais, compte tenu de sa toxicité, son usage est pratiquement tombé en désuétude sauf comme remède homéopathique pour combattre les troubles digestifs, les courbatures, les crampes, la goutte, et les rhumatismes inflammatoires. La mandragore a toujours eu un attrait sur les hommes, notamment en raison de la forme de ses racines qui évoquent un être humain. Une vieille croyance veut que lhomme soit apparu primitivement sur la terre sous des formes de mandragores monstrueuses animées dune vie instinctive et que le souffle d'en Haut évertua, transmuta, dégrossit, enfin déracina, pour en faire des êtres doués de pensée et de mouvement propre. Dans la traduction du Bestiaire d'Oxford manuscrit du Moyen-Âge, la mandragore serait  larbre de la connaissance  dont Adam et Eve mangèrent le fruit. Et fait l'objet, de lAntiquité jusqu'à la Renaissance, d'un culte macabre, interdit par l'église. Celui qui arrachait la mandragore sans précaution, s'il ne devenait pas fou en entendant les hurlements de la plante, était poursuivi par sa malédiction... Les écrits du Moyen-Âge recommandaient d'ailleurs de se boucher les oreilles avec de la cire et de s'aider pour la déraciner d'un chien noir qui était sacrifié à la place de l'humain. On passait une corde autour de la racine et on attachait lautre extrémité au cou du chien noir affamé que l'on excitait au son du cor. Puis on appelait le chien qui, en tirant sur la corde, arrachait la mandragore.