La ronce, cultivez la « terreur » des jardins

Tout en elle paraît conçu pour griffer : ses feuilles, ses tiges et le pédoncule même de ses fleurs sont armés d'aiguillons. La ronce ou Rubus fruticosus est hérissée de pointes de toutes parts, si bien que quiconque « s’y frotte, s’y pique » ! Cette furie végétale est le « poison » des jardiniers et de tous les bambins qui ne se sont pas méfiés. Et pourtant, la ronce protège. Elle offre un abri sûr aux petits oiseaux et aux lapins. Elle est aussi bénie par la forêt, car sous ses rameaux épineux, de petits arbres peuvent pousser sans crainte des herbivores. Intelligente, la ronce cède sa place lorsque l’arbuste s’est développé et s'en va conquérir de nouveaux espaces à coups de marcottages naturels : une tige se recourbe, prend racine et donne naissance à un nouveau pied.

L’inviter au jardin en mars

Si vous n’en avez plus chez vous, vous n'aurez aucune peine à en trouver sur les chemins de campagne peu entretenus. Si vous recueillez une plante, enterrez-la assez profondément pour que ses bourgeons adventifs soient recouverts de 5 cm de terre, afin d’arriver à la surface une fois écarté le danger du gel tardif.

Elle s’épanouira très vite et vous la verrez alors d’un autre œil.

Admirer ses tiges rougeâtres ses feuilles denées pétiolées sont d'un beau vert dessus, cotonneuse dessous. Les fleures blanches ou rosées éclosent de mai à août (à récolter juste avant leur épanouissement). C’est au printemps que vous cueillerez les jeunes pousses et les feuilles et les ferez sécher à l'ombre. Puis en été, vous arracherez les racines et cueillerez les mûres, selon vos besoins  : encore vertes pour un effet sur la constipation, ou d’une jolie couleur sombre après s'être gorgées de soleil, efficace sur les diarrhées.

La chouchouter en avril

La meilleure époque de plantation est octobre et novembre mais il est aussi possible de planter en mars et avril dans un endroit très ensoleillé. Pour les variétés rampantes, laissez de l’espace entre les plantes et tendez deux fil de fer, l'un à 80 cm de hauteur l'autre à 160 cm pour mestiquer le buisson. Palissez les jeunes pousses au fur et à mesure de leur développement, une année à droite de la plante la suivante à gauche. La récolte ne se fera que l’année suivante. La première année, on laisse subsister deux tiges qui fructifieront l'année suivante. La deuxième année, on garde quatre tiges. Et dès la troisième année, on sélectionne six à dix tiges suivant la vigueur des plantes. Toutes les tiges qui ont porté des fruits seront raccourcies au printemps au-dessus du premier oeil.

La deuxième année, on garde quatre tiges. Et dès la troisième année, on sélectionne six à dix tiges suivant la vigueur des plantes. Toutes les tiges qui ont porté des fruits seront raccourcies au printemps au-dessus du premier œil.

Se soigner toute l’année

Les feuilles, les jeunes pousses, les fleurs et  les racines  étaient déjà conseillées par Dioscoride pour raffermir les organes distendus (intestin, utérus), mais aussi pour soigner les ulcères, les saignements et hémorragies de toutes sortes, pour calmer les hémorroïdes. Au Moyen-Âge, sainte Hildegarde ajoutait à cette liste la toux, les maux de gorge, les fièvres, les migraines et les rages de dents. Ces usages sont toujours d’actualité. La ronce est aussi efficace contre les diarrhées chroniques, la grippe, les angines et l'enrouement. En gargarismes, elle fait des merveilles contre les infections et les irritations des gencives. Elle est également efficace contre les maladies de la peau (dartres, acné, eczéma), les abcès, les furoncles. Elle constitue enfin un bon traitement d'appoint contre la blennorragie, l’anémie, les rhumatismes et le diabète.