La sauge, la bonne fée des jardins

Le terme de sauge vient du latin Salvare qui signifie sauver ou guérir. C’est depuis la haute Antiquité, la reine des plantes médicinales. Il en poussait plus d’une vingtaine de variétés en Grèce. Le médecin grec, Dioscoride, qui vécut au début de l’ère chrétienne et qui rédigea un traité médical resté durant près de quinze siècles une des principales références en botanique médicale, considérait la sauge comme un puissant tonique, cicatrisant et emménagogue.


Les Romains cueillaient la sauge à la main, avec respect, vêtus de toge immaculée, les pieds nus. La sauge réagissant mal au contact des métaux ferreux, les druides usaient de serpolette fabriquée sans ajout de fer. Au Moyen-Âge, la grande école de médecine de Salerne en faisait son remède phare et lui inventa ce dicton qui lui colle toujours : « Pour quelle raison un homme devrait-il mourir, alors que de la sauge pousse dans son jardin ? »

Chez la plupart des peuples amérindiens, il existe des étapes de la vie où le corps et l'esprit doivent être purifiés. Il en est de même lorsque quelqu'un est malade. Ils font brûler alors de grandes brassées de feuilles de sauge. Au-dessus de la fumée, ils étendent les mains et attirent vers eux la fumée bienfaitrice en se frottant le corps aux endroits malades. On affirme même que la sauge a un pouvoir spirituel qui chasse les mauvais esprits de la tête et referme les trous énergétiques en contribuant ainsi à la guérison de l'esprit. Elle éloigne aussi les mauvaises influences autour de soi, c'est pourquoi les indiens la fument dans de longues pipes.

La sauge championne de la santé buccale

Les feuilles s’utilisent sèches en infusion dans les inflammations buccales et laryngées. La présence dans la feuille de tanins astringents, de cétones bactéricides et antifongiques et de flavonoïdes antioxydants font de la sauge un excellent cicatrisant contre le déchaussement des dents, les ulcérations de la bouche notamment après une ablation dentaire. Les infections de gorge à l’arrivée de l’automne sont également facilement traitées avec des infusions de sauge, matin et soir.

Sauge calmante ou sauge tonifiante ?

Tonique, elle permet également de remédier aux coups de fatigue qui accompagnent les premiers changements de saison. Mais tout est question de dosage, car la sauge est également un très bon calmant du système nerveux, spasmolytique et anti-convulsive.

Une infusion de sauge à raison de 5 à 10 grammes par litre est calmante et somnifère, mais à raison de 20 à 50 grammes par litre, elle est au contraire tonifiante, stimulante, digestive et pulmonaire.

Tisane anti-sudation à la sauge. 

Pour bénéficier de ses vertus antisudorales en cas de transpiration exagérée, de bouffées de chaleurs ou de transpirations abondantes des mains et des pieds, laissez infuser 10 minutes une cuillère à café de plante sèche pour cent cinquante millilitre d’eau bouillante. Filtrer et boire trois à quatre tasses par jour. Pour les suées d’endormissement, boire une tasse avant de se coucher.

La sauge officinale est autant une plante aromatique des jardins qu’une herbe aux puissantes vertus thérapeutiques. Elle se caractérise surtout par son vert tendre rendu argenté par les poils qui la recouvre.

Précautions d’usage

La sauge est l’exemple type de la plante pleine de vertus bénéfiques qui peut faire du mal. Les feuilles fraîches de la sauge et son huile essentielle contiennent une substance épileptisante et neurotoxique, le thuyone. La même substance toxique contenue dans l’absinthe et dont la boisson, au début du siècle était réputée rendre fou. C’est pourquoi il est préférable d’utiliser des feuilles séchées qui n’ont plus de substance toxique active et de ne pas prendre de sauge en cure prolongée. Ceci, pour ne pas faire mentir l’adage : « Qui a de la sauge dans son jardin, n'a pas besoin de médecin ».

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