La valériane charme les rats et chasse l’insomnie

Quelques usages anciens et légendes autour de la valériane, cette plante à l'odeur forte utilisée pour nervosités et insomnies.


La valériane était connue au Moyen-Âge comme remède universel, d’où son autre nom de « guérit-tout », pour soigner les coupures, les furoncles, traiter l’épilepsie ou encore servir de contre-poison. Au XIIesiècle, l’abbesse Hildegarde de Bingen l’utilisait contre la goutte, les points de côté et la pleurésie.

Malgré la mauvaise odeur de la racine, les parfumeurs et gantiers du Moyen-Âge s’en servaient communément. Il est d’ailleurs courant dans la littérature médiévale, pour désigner quelqu’un qui sent mauvais, de trouver l’expression «ilsentlaracine», sous-entendu la racine de valériane.

Son odeur est peut-être répulsive pour les hommes mais elle attire irrésistiblement les chats… et les rats. Le folklore allemand rapporte que lorsque le joueur de flûte de Hamelin sortit de la ville en entraînant dans son sillage les rats qui infestaient les maisons, ses poches étaient remplies de racine de valériane. Cette légende du XIIIesiècle ne dit pas si, lorsqu’il est revenu pour emmener les enfants et punir les villageois de ne pas l’avoir payé pour son service, ses poches étaient tou- jours pleines de valériane. De nos jours, la valériane est essentiellement employée pour soulager les insomnies, la nervosité, l’anxiété et les maux de tête. Elle permet de trouver le sommeil en chassant la hantise, les soucis et obsessions qui deviennent insolubles quand on y pense la nuit alors qu’on ne dort pas. C’est le plus important calmant végétal et la seule plante qui fasse dormir les nerveux. Son principe actif entre dans la fabrication d’une centaine de tranquillisants et somnifères vendus avec ou sans ordonnance. Récemment, des chercheurs ont découvert que l’un des principes actifs de la plante renfermait de l’acide gamma-aminobutyrique, un neurotransmetteur qui réduit le signal de l’excitation sexuelle dans le cerveau.