La verveine officinale : poison du diable et tonique digestif

La verveine qui poussait sur le Mont Golgotha aurait permis de colmater les plaies du Christ pendant la Crucifixion. Est-ce pour cela que les Provençaux la nomment justement Erbo-sacrado ? Et qu’au Moyen- Âge, on l'appelait « poison du diable » ? On s'en servait alors pour asperger l'eau bénite. Sa réputation remonte sans doute à des temps plus anciens puisque les Romains, qui l’appelaient Veneris herba, l’avaient dédiée à la déesse Vénus. Cette plante a longtemps été employée pour ranimer les « amours mortes ». Il suffit pour cela de s'enduire les mains avec du suc frais de plants de verveine récoltés le premier vendredi du printemps, nous dit Monsieur de    Notre-Dame (Nostradamus). Après quoi, on se précipite pour caresser l'être élu qui rugit de plaisir. Hélas ! la formule n'est valable qu'une fois par an !

La verveine est également un symbole de paix, comme l'olivier. Les ambassadeurs romains s'avançaient en portant à la main une branche de verveine, insigne de leur fonction et de leur invulnérabilité.

En magie blanche, pour bénéficier des vertus de la plante, il faut la jeter dans le feu de la Saint Jean et sauter trois fois au-dessus. Au XVIème et au XVIIème siècle, il était conseillé aux lépreux d'aller se rouler dans les touffes de verveine. Toutefois la  verveine exerce ses pouvoirs surtout le lundi soir et les nuits de la nouvelle lune...

Pendant longtemps, on exagéra les vertus médicinales de la verveine. Les apothicaires prétendaient guérir les fièvres malignes par des infusions de ses feuilles et éviter les écrouelles (tout le monde n'avait pas un roi de France sous la main !) en portant autour du cou une racine de verveine.

Il ne faut pas confondre la saveur désagréable de la Verbena officinalis qui est un tonique amer avec la Verbena odorata, la verveine odorante si appréciée par les femmes de Loti. Aujourd'hui, les infusions de verveine sont faites avec de la verveine citronnelle (Lippia citriodora) d'origine sud-américaine.

L'application de la décoction en usage externe permet de cicatriser les plaies, soulager en cas de foulure, d'ecchymose, de névralgie faciale. En gargarisme, elle est recommandée contre les maux de gorge, la mauvaise haleine et l'inflammation des gencives. Elle calme les migraines par des compresses sur les tempes et le front.

Actuellement, la verveine officinale est moins demandée et moins connue que la verveine odorante, alors qu’elle est plus active. Elle contient davantage de verbénaline qui agit sur le foie, est tonique, digestive, antinévralgique et fébrifuge.