Le chanvre, la plante amie de la peau

On retrouve les premières traces du chanvre ou Cannabis sativa en Chine, 4 000 av. J.-C., oùcette plante est cultivée pour ses vertus thérapeutiques et anesthésiques. En Europe, on l’emploie jusqu’au début du XXe siècle pour lutter contre la peste, les rhumatismes, les douleurs auriculaires et certaines pathologies mentales. Mais la forte taxation décrétée aux États-Unis sur la marijuana entraîne, en 1941 le retrait du Cannabis sativa de la pharmacopée officielle. C’est seulement au début des années 1990 que la France autorise de nouveau la culture de chanvre non psychotrope à des fins exclusivement industrielles et commerciales.

Écologiquement  correct

Le chanvre nécessite très peu d’engrais et pratiquement aucun pesticide car il affiche une bonne résistance aux parasites, mais aussi il n’appauvrit pas les sols et demande peu d’entretien. Le textile issu du chanvre est particulièrement solide et résiste à l’usure, à la chaleur, à l’humidité, à la lumière ainsi qu’à l’air marin. Ainsi, les grands navigateurs, comme Christophe Colomb, se servaient de voiles et de cordages en chanvre. Rembrandt et Velasquez peignaient sur des toiles de cette même fibre. Et les premiers jeans Levis Strauss étaient en toile de chanvre tissée à Nîmes, d’où l’appellation « denim ». Le chanvre permet aussi de fabriquer du papier très résistant sans produits chimiques nocifs pour l’environnement. Saviez-vous qu’il y a deux mille ans, en le mélangeant au mûrier, les Chinois ont inventé le papier et réalisé le premier livre imprimé? Et que, beaucoup plus tard, en 1450, Gutenberg y imprima la première Bible ?

Une fibre idéale contre les rhumatismes

Jadis, on prêtait aux vêtements de chanvre la capacité de revitaliser la peau. Une croyance confirmée par les scientifiques qui ont observé que non seulement les vêtements de chanvre ont un effet relaxant sur la peau, mais aussi que ce textile est idéal pour les peaux sensibles et pour les personnes souffrant de rhumatismes.

D’autres études scientifiques ont démontré que les vêtements de chanvre peuvent absorber jusqu’à 30 % d’humidité sans provoquer de réactions chimiques et sans coller à la peau. Et qu’ils retiennent jus- qu’à 95 % des rayons ultra-violets.

Des graines hyper nutritives

Le chanvre jouit auprès des nutritionnistes et des adeptes du bio d’une solide réputation (la variété de chanvre destinée à l’alimentation ne contient pas de THC et elle est par conséquent non psychotrope).

Près de la moitié du poids de la plante est constitué de graines qui sont une véritable mine de protéi- nes (25 %). Elles apportent tous les acides aminés nécessaires au métabolisme et regorgent d’acides gras insaturés essentiels oméga 3 et oméga 6. Elles contiennent également de nombreux minéraux (calcium, potassium, phosphore, fer), une kyrielle de vitamines (entre autres A, B1, B2, B6, D et E) et une profusion de fibres insolubles bénéfiques à la digestion. On en fait de la farine, des pâtes, des bis- cuits et du pain.

Prisée en cosmétologie

Les scientifiques ont en outre constaté que le chanvre est très proche chimiquement de notre épiderme. L’huile de chanvre possède à ce titre une très grande faculté de pénétra- tion dans la peau et la lubrifie sans la graisser. Sa forte teneur en acide gamma-linolénique (quatre fois plus que la bourrache ou l’onagre) en fait une huile particulièrement hydratante, raffermissante et régénératrice. 

Malgré l’odeur de soufre que le chanvre psychotrope (ou marijuana) traîne derrière lui, à cause de la teneur de ses feuilles en THC (tétrahydrocannabinol, une substance psychotrope hallucinogène), cette plante intéresse de plus en plus la médecine pour sa capacité à aider les personnes atteintes de maladies telles le cancer ou le sida à mieux supporter les effets secondaires des traitements lourds comme la chimiothérapie ou la thérapie anti-rétrovirale utilisant l’AZT.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les graines de chanvre donnent de la farine et une huile riches en protéines, acides gras insatu- rés, vitamines et minéraux.

 

 

 

 

 

 

 

Amel Bouvyer