Le colchique : l'empreinte de Zeus et le secours des goutteux

Des espèces de la même famille produisent le safran, qui, dans l'Antiquité servait d'épice et de colorant.

Le tubercule de colchique a longtemps été utilisé comme poison violent. Selon le naturaliste grec Théophraste, les esclaves mangeaient de petits fragments de tubercule afin de se rendre malades et inaptes au travail.

La théorie des signatures, qui énonce que l'apparence du végétal indique l'organe qu'il peut soigner, veut que le bulbe de colchique évoque précisément un orteil goutteux. Un alcaloïde extrait du bulbe, la colchicine, est d'ailleurs un excellent remède commercialisé contre les crises de goutte et les rhumatismes. A noter, le terme « alcaloïde » est tiré d'un mot arabe, qui désignait les cendres des premières plantes utilisées systématiquement dans la médecine arabe, dont on retirait du carbonate de potassium, le kalium. Parmi ces plantes figurait le colchique. En outre, les anciens rebouteux conseillaient « en cas de cor auxpied de mettre une fleur de colchique sur la plaie ».

Etant donné que la colchicine bloque la réplication cellulaire, les scientifiques travaillent en ce moment à son utilisation comme agent anticancéreux, mais son extrême toxicité rend son usage difficile. Par ailleurs, des recherches sont menées en vue du traitement de tumeurs cutané (tels les sarcomes et les condylomes), de celui de l'hépatite et de la cirrhose chronique.

L'usage de la plante est à éviter compte tenu de sa toxicité. Même à faible dose. Il est rapporté des cas de confusion entre un bulbe d'oignon et un bulbe de colchique qui, après ingestion, ont entraîné des calvities totales !