Le coquelicot met les nerfs et la toux au repos

Aussi baptisé pavot des champs, pavot rouge ou encore pavot sauvage, le coquelicot a la réputation de procurer un sommeil serein, calme et réparateur contrairement au pavot somnifère qui est soporifique et génère un sommeil agité. Les Égyptiens utilisaient ses graines comme condiment et ils suspendaient des guirlandes de ses pétales dans leurs tombeaux. Ils assuraient ainsi aux défunts un éternel sommeil. Plus tard, les Grecs puis les Romains ont mêlé les semences de coquelicot à leurs gâteaux autant pour le plaisir du palais que pour leur effet curatif. Le médecin grec Dioscoride disait à leur propos qu’elles avaient la vertu de « lâcher le ventre ».

Sudorifique et apaisant

Pendant des siècles, le pavot sauvage fut le remède par excellence utilisé par nos aïeux pour faire dormir enfants, adultes et vieillards. Le Roi Soleil en était grand consommateur, en raison de l’apaisement qu’il lui procurait. Certains médecins de l’époque conseillaient « pour faire dormir un malade, d’appliquer sur les tempes un emplâtre de pavot rouge avec du lait de femme et un blanc d’œuf ». À la renaissance, dans son Dictionnaire économique, l’abbé Chomel, disait de lui « c’est un sudorifique plus efficace que le sang de bouc et la fiente de mule qu’on vante tant ». Le coquelicot entre dans la composition d’une célèbre pommade utilisée en sorcellerie, appelée l’Onguent infernal. Utilisé pour ses vertus hallucinogènes, l’Onguent infernal provoquait des rêves fantastiques et colorés. Il était composé de graisse humaine, de haschisch supérieur, de fleurs de chanvre, de fleurs de coquelicot, de racine d’hellébore pulvérisée et de graines de tournesol concassées que l’on chauffait au bain-marie dans un récipient hermétiquement clos pendant deux heures et dont on se badigeonnait les oreilles, le cou, la plante des pieds….

Opium inoffensif du peuple

C’est à des substances alcaloïdes contenues dans le latex de la plante entière et en particulier à la rhœadine que le coquelicot doit ses propriétés sédatives. En revanche, il ne contient pas, contrairement à son cousin le pavot somnifère, de morphine. La rhœadine calme et adoucit mais n’entraîne aucune accoutumance. C’est pourquoi le coquelicot fut longtemps appelé « l’opium inoffensif du peuple ».

Le coquelicot possède aussi des vertus antitussives dues à la présence de mucilages qui permettent de calmer les toux rebelles. Il est prescrit en tisane soit pour calmer les affections de la gorge et du système respiratoire (mauvais rhumes, bronchites, angines, asthme et coqueluche), soit pour calmer une nervosité excessive. Pour une tasse, faire infuser dix minutes, quatre à cinq pétales de coquelicot. En boire plusieurs tasses par jour (ne pas donner aux enfants de moins de trois ans).

En Afrique du Nord, on utilise les graines des capsules contre la rougeole. Le malade prend tous les soirs un verre d’une décoction de 8 capsules par litres (ébullition douce pendant 10 minutes) à laquelle on ajoute, pour plus d’efficacité, de la poudre de cumin et du miel.

Les graines se récoltent lorsque la capsule de fruits est encore verte avant que son petit chapeau chinois ne se soulève et ne libère les précieuses semences.

En usage externe, on utilise une tisane plus  dosée  (10 à 20 g de pétales séchés par litre d’infusion) en compresses pour soulager les abcès dentaires et les maux des yeux. Toujours en compresses, cette tisane s’avère un anti-rides efficace. Attention cependant : après la cueillette des pétales et le séchage à plat sur un torchon à l’abri de la lumière, conserver les pétales dans un bocal hermétique. Si les pétales séchés virent au noir, cela signifie qu’ils ont souffert d’humidité. Ils sont alors abîmés et ne conviennent plus à un usage médical.

Il se peut dans certains cas que l’absorption provoque des maux de tête. Dans ce cas, il faut diviser les doses par deux.