Le coudrier : la réceptivité

Révéler les secrets de la terre

On retrouve les pouvoirs magiques du coudrier dans de nombreuses mythologies d’Europe du Nord. L’arbre est fréquemment utilisé par les druides comme support d’incantation. Il sert à la gravure sur bois des lettres magiques des Celtes, les ogham. Chez tous les peuples influencés par la culture celtique, la baguette permet de détecter les sources, les métaux précieux, les trésors enfouis mais aussi les cadavres et les traces des meurtriers fugitifs…

Le caducée d’Hermès

Chez les Grecs, la mythologie du coudrier est liée au dieu Hermès. Le messager des dieux était doté d’un attribut, le caducée, généralement représenté par deux serpents s’enroulant autour d’une branche. De quel bois était faite cette branche ? les avis des spécialistes divergent, les uns considérant qu’il s’agit d’une branche d’olivier, les autres, d’une branche de coudrier. Mais il faut noter que le nom botanique du coudrier (corylus) est la traduction du mot casque et que le casque (ou pétase) est un autre des attributs d’Hermès (le dieu Mercure des Romains). Hermès, aussi considéré comme le dieu des savoirs cachés, sa baguette possédait le pouvoir de faire passer les hommes d’un monde dans un autre, elle était le transmetteur des messages venus du cœur de la terre.

Le caducée ne deviendra que plus tard le symbole de la médecine entre les mains d’Asclépios (Esculape), l’habile médecin de l’Iliade. Or on prête de multiples vertus à la baguette de coudrier, capable, selon les tra- ditions, de soigner aussi bien l’impuissance, la calvitie, l’épilepsie, la folie, la phtisie, les luxations, les fractures, les maux de dents, les dartres, les verrues et les hémorragies…

L’empathie avec le monde qui l’entoure

Le coudrier, tous les jardiniers le savent, est un arbre très fertile qui se reproduit facilement au point qu’il envahirait vite un jardin où il serait livré à lui-même. Rustique, il s’adapte à tous les climats et à tous les terrains, même calcaires. C’est aussi le végétal forestier dont la floraison est la plus précoce, elle survient parfois dès décembre si le temps est clément. En revanche, ses fruits peuvent être récoltés jusqu’en octobre. Il évolue donc selon le temps et le terrain. Il réussit même, en ramenant ses branches vers lui, à conserver l’humidité près de son tronc durant les périodes de fort ensoleillement, et si, au contraire, le temps est humide, il les écarte pour tenir son tronc à l’abri de l’eau. C’est un arbre souple et adaptable qui ressent intimement les énergies qui l’entourent, s’y adapte avec sagesse, et les tempère.

Clément Pierre