Le figuier : un cadeau des dieux aux vertus coricides

Le figuier est également intimement lié à l'histoire romaine. On dit que c'est sous cet arbre que Romulus et Rémus furent abandonnés et trouvés par la louve qui les allaita. L'histoire dit aussi que Caton présenta aux sénateurs une figue fraîche pour leur faire prendre conscience que la cité punique n'était qu'à trois jours de Rome. Le fruit figurait enfin en bonne place dans tous les menus de la Rome antique (il était recommandé aux athlètes) et avec le blé et l'olive, la figue restera, durant des millénaires, la base alimentaire des civilisations méditerranéennes.

Quand à la mythologie grecque, elle s'attache plutôt à la ressemblance de ce fruit avec certaines parties viriles. Ce serait Bacchus, resté célèbre pour ses fameuses bacchanales, qui aurait créée le figuier. Les statuettes représentant le dieu Priape (dont la virilité était plus que démonstrative) étaient faites en bois de figuier.

Le figuier est sacré pour les Bouddhistes, les Mahométans et les juifs. Le fruit du figuier est le symbole de la Terre promise à cause de sa valeur alimentaire et de ses propriétés thérapeutiques.

La tradition chrétienne y voit au contraire un arbre maudit car la figue serait le vrai fruit défendu qu'Eve croqua, et non pas la pomme (on note d'ailleurs que l'arbre de la connaissance que peint Michel-Ange n'est pas un pommier comme le voudrait le récit biblique, mais un figuier. Or le mot « figa » en italien désigne à la fois le fruit du figuier et le sexe de la femme). La feuille de figuier sera également le premier cache-sexe d'Adam.

La médecine moderne nous apprend, quant à elle, que les figues possèdent un taux élevé de vitamines A, B et C qui en font un remède antifatigue. Leurs propriétés sont nombreuses et variées : adoucissantes, laxatives, résolutives, stimulantes et coricides. Lorsque le roi Salomon eut un cor au pied, ses médecins y appliquèrent un emplâtre de figues. Les figues contiennent en effet des enzymes capables de dissoudre les amas fibreux et protéiniques et ainsi gommer les excroissances de l'épiderme, en particulier les cors aux pieds.