Le gui : un poison qui guérit

Le gui est la plante sacrée par excellence. Utilisée par les druides depuis des temps immémoriaux et redécouverte par Rudolf Steiner et l'anthroposophie au début du 20ème siècle, cette plante semi-parasitique s'avère une arme intéressante dans la lutte contre le cancer.


Plante semi parasitique qu’on trouve sur les arbres comme le tremble, le pommier, le peuplier ou le sorbier, le gui est la plante sacrée par excellence. Elle est le symbole de l'immortalité parce qu'elle est toujours verte et reste vivante quand l'arbre qui la porte paraît mort. Dès l’époque gauloise, on a exploité les propriétés thérapeutiques de cette plante atypique, suspendue entre ciel et terre. Le gui était appelé « plante qui guérit tous les maux » par les druides. Ce parasite « extra-terrestre » (du chêne en particulier) était alors cueilli avec une serpe d'or. Les druides le déposaient dans un linge pour qu'il ne touche pas le sol, afin de respecter sa vocation aérienne. Tout cela se passait lors de cérémonies accompagnées de chants incantatoires. On l’utilisait alors surtout pour ses propriétés antispasmodiques dans l'épilepsie, les crampes et l'hystérie. Son emploi thérapeutique s’est ensuite perdu et l’on n’en trouve plus trace dans les traités médicaux du Moyen-Âge.

Le gui ne sait pas extraire du sol les substances nutritives. En décembre, ses graines sont absorbées par la fauvette ou encore la grive. Restées intactes dans la fiente grâce à la glu blanche qui les protège, elles peuvent germer sur de nouvelles branches où elles se sont collées. Elles enfoncent alors un suçoir sous l'écorce de l'hôte et s’en nourrit pour développer la boule de gui repérable à des kilomètres.

 

Le gui ralentit le processus cancéreux

Le gui est mentionné par Rudolf Steiner en 1908 comme un possible remède au cancer. Ita Wegman, une des premières médecin anthroposophe le prend au mot et développe le premier médicaments à base de gui (Iscar, renommé Iscador en 1926).

A l’époque de Steiner, les ingrédients actifs du gui (lectines et viscotoxines) et leurs effets immunitaires n’étaient pas encore connus, c'est donc de l'observation qu'il déduit ses propriétés : s’émancipant des lois habituelles de la croissance des plantes, le gui ne pousse pas sur terre mais dans les arbres, dont il se nourrit de manière parasitique, et produit fleurs et fruits au cœur de l'hiver. Mais à la différence du gui qui trouve un équilibre avec son hôte, le cancer détruit le corps humain. Steiner suppute donc que le gui peut aider le corps humain à retrouver son équilibre et stimuler la guérison.

A partir de 1935, les médecins anthroposophes travaillent à l'amélioration du remède. Aujourd'hui la reconnaissance du remède est ambiguë : reconnu dans certains pays comme l'Allemagne ou la Suisse, et donnant lieu à des millions de prescription par an, certaines autorités médicales comme la revue The Lancet ou l'American Cancer Society disent manquer d'évidence scientifique pour le plébisciter.

Une recherche prospective allemande, qui a duré plus de 20 ans et impliqué plus de 10 000 patients, a ainsi conclu qu'un traitement à l'Iscador, augmente de 40 % l'espérance moyenne de vie des personnes atteintes d'un cancer. La feuille de gui contient en effet de nombreuses substances à fort effet curatif : des triterpènes, des stérols, des amines (choline, acétylcholine, tyramine, histamine), des phénols, des lignanes et des flavonoïdes. Mais aussi et surtout certaines molécules spécifiques, comme la viscotoxine, la lectine, mais aussi des alcaloïdes qui possèdent des activités anticancéreuses. La feuille de gui est utile à ceux dont la pathologie devient    lésionnelle.

L'organisme souffre d'une surcharge permanente, les émonctoires s'épuisent, l'hypertension, sur fond d'artériosclérose, tente de se soulager par des saignements, l'urée grimpe. L'hyperacidité tissulaire commande un tamponnement constant du sang qui cherche les minéraux dans la masse osseuse. Le système nerveux souffre. À la fin, la cellule déclare forfait en s'écroulant dans un processus cancéreux. Il y a « solidification » des tissus.

Antiscléreux immuno-stimulant

Comme nous l'avons vu plus haut, le gui fuit le sol et préfère les essences de bois tendre à sécrétion de sève abondante. Il s'installe entre la terre et le ciel. Chez l'homme, par le biais du sang, il semble être en affinité avec la jonction esprit-corps, mais nécessite une transformation complexe pour développer son potentiel anticancéreux.

L'activité hypotensive et antiscléreuse serait liée aux amines, aux saponosides et aux viscotoxines. Les baies contiennent un arabinogalactane aux propriétés immunostimulantes.

En usage interne, la feuille s'utilise à l'état frais ou sec (teinture-mère, nébulisat, poudre micronisée). Du fait de la sensibilité à la chaleur de certains principes actifs, il est nécessaire de préparer les macérats à froid.

L'action du gui se développe sur plusieurs semaines et, du fait d'une certaine toxicité potentielle (neurologique en particulier), réclame la sollicitation d'un avis médical éclairé.