Le pin des Landes, ennemi du diabète

Le premier témoignage sur les vertus du pin maritime se trouve dans les mémoires de Jacques Cartier. En 1534, alors que son bateau est immobilisé dans les glaces canadiennes du Saint-Laurent, un Amérindien sauve l’équipage du scorbut et de l’épuisement grâce à une infusion d’écorce d’un pin local. Quatre cents ans plus tard, intrigué par ce récit, le Dr Jacques Masquelier, professeur à l’université de Bordeaux, entreprend des recherches sur les propriétés du pin maritime. Dans les années cinquante, il découvre que son écorce est l’un des plus puissants ennemis naturels des radicaux libres. Il isole alors une molécule et brevette le produit sous le nom de Pycnogénol.

La molécule de tous les records

On sait aujourd’hui que le Pycnogénol protège des radicaux libres, augmente les capacités de récupération chez les sportifs et recycle les vitamines C et E absorbées, prolongeant ainsi leur activité antioxydante. De plus, son action sur la circulation sanguine vient d’être prouvée : une récente étude de l’université d’Arizona effectuée sur une période de cinq ans confirme que le Pycnogénol est aussi efficace que l’aspirine pour dissoudre les caillots de sang. Les résultats les plus impressionnants ont été observés sur des patients atteints du syndrome de fatigue chronique et de fibromyalgie (la prise de Pycnogénol améliore de 60 % les symptômes des patients). En mai 2006, une étude slovaque affirme même que le Pycnogénol réduirait significativement les troubles déficitaires de l’attention liés à l’hyperactivité.

Un nouveau traitement pour le diabète de type 2 ?

Selon une étude qui doit paraître prochainement dans la revue scientifique hollandaise Diabetes Research and Clinical Practice, l’extrait d’écorce de pin des Landes permet d’améliorer l’absorption de glucose, empêchant ainsi le pic glycémique de l’après-repas. Cette découverte pourrait représenter une avancée intéressante dans le traitement du diabète de type 2, lié à notre comportement alimentaire. La majorité des patients qui en sont atteints souffrent en effet de surcharge pondérale, ce qui contrarie l’action de l’insuline, pourtant secrétée normalement.

Selon le Dr Högger, chercheur à l’université de Wurtzbourg en Allemagne, l’extrait d’écorce de pin est un remède plus efficace que la plupart des traitements classiques. Il aurait la capacité d’inhiber l’alphaglucosidase, une enzyme impliquée dans la digestion des hydrates de carbone complexes, tels que l’amidon et le sucre de table.

Une étude publiée en mars 2004 dans le journal Diabetes Care indique que la glycémie des patients prenant du Pycnogénol diminue de façon significative. Une seconde étude, publiée dans Life Sciences, a prouvé que l’extrait d’écorce de pin, en complément d’un traitement classique, favoriserait nettement la diminution du taux de glucose sanguin. On sait aussi que le diabète, en altérant la circulation sanguine, favorise les ulcères. Ainsi, en 2006, des chercheurs de l’université de Chieti-Pescara en Italie ont observé trente individus diabétiques souffrant de graves troubles de circulation. Ces patients traités à l’écorce de pin, ont vu leurs ulcères des jambes diminuer de 74 %.