Le quinoa : la graine nourricière des Quetchuas

Dans la langue indienne des habitants de l’Altiplano, on la nomme la « graine mère ». Le quinoa aurait pu disparaître de la surface du globe, sans l’obstination de quelques « illuminés » passionnés d’écologie et de commerce équitable. Que dommage cela aurait été, compte tenu de ses belles vertus nutritionnelles.


Le quinoa n’est pas une céréale, même si les Américains l’appellent « le petit riz des Indiens » (cette assimilation est due au fait que la teneur en glucides de la graine de quinoa est proche de celle des céréales). Il s’agit d’une chénopodiacée, cousine de la betterave et de l’épinard, qui pousse sur le « toit du monde » sur une terre où rien ne pousse, fleurissant le cratère météorique de Jayocoto, transformé depuis dix mille ans en petit lac pourpre.

Quinoa, des graines de champions

La graine de quinoa n’a jamais été trafiquée. Elle a été cultivée de la même façon depuis des siècles et a ainsi pu conserver sans s’altérer ses propriétés et  ses incomparables qualités nourricières. La valeur énergétique du quinoa – 389 kcal pour 100g de produit brut – permet de couvrir selon les recommandations de l’OMS 15 % des apports caloriques quotidiens. Sa teneur en glucides (72 %) essentiels pour le bon fonctionnement du cerveau, des muscles, des globules rouges en fait un précieux allié des sportifs, des enfants et des femmes enceintes et allaitantes. Tout en étant exempte de gluten, cette graine est plus riche en protéines (13 % dont histidine, méthionine, lysine et cystéine) que le blé entier (11,5 %), le seigle entier (8,7 %), l’orge entier (10,6 %) et le riz non poli (7,4 %). Quant aux lipides (15 %), le quinoa renferme majoritairement des acides gras insaturés, en particulier l’acide linoléique et l’acide linolénique, deux éléments d’une haute importance pour notre équilibre nutritionnel, plutôt riche en acides gras saturés. La graine de quinoa contient par ailleurs plus de 7 % de fibres insolubles qui font baisser le taux de cholestérol et contribuent à la maîtrise du taux de sucre sanguin en agissant sur l’insuline. En ce qui concerne les vitamines, la graine de quinoa nous offre, surtout lorsqu’elle est consommée germée, une forte teneur en vitamine E (antioxydant et cicatrisant), en vitamine C (anti-oxydant et anti-infectieux) et en vitamines B1et B6. De plus, le quinoa est exceptionnellement riche en minéraux fer, zinc, calcium, magnesium et potassium.

Enfin, le quinoa renferme un phospholipide précieux, la lécithine, une excellente source de phosphore et de vitamines A et E. Elle nourrit les cellules nerveuses et facilite le développement du système nerveux pendant la croissance, prévient la dégénérescence des cellules hépatiques, a une action bénéfique sur le stress, la fatigue et la mémoire. 

La panacée des guérisseurs de l’Altiplano

Sur l’Altiplano bolivien, le quinoa n’est pas seulement la mère nourricière. Il soigne traditionnellement la fièvre et la dysenterie. Mais aussi les luxations et les entorses sur lesquelles les sorciers appliquent un cataplasme à base de graines broyées mélangées à de l’urine et à du sel. En décoction, le quinoa apaise les insomnies. En gargarisme avec une décoction additionnée de vinaigre, il guérit les angines. Et pour soulager les piqûres d’insectes, rien de tel qu’un mélange de tiges de quinoa réduites en cendres et de purée de pommes de terre.