Le rooibos tea : des antioxydants plein la tasse

C’est en 1772 que les botanistes occidentaux ont découvert ce petit arbrisseau très adapté aux conditions de sécheresse qui pousse dans la région de Cedarberg, une province d’Afrique du Sud, sur un terrain pauvre et acide. Outre son étonnante capacité à résister à des conditions climatiques extrêmes, le rooibos avait alors attiré l’attention des explorateurs car ses feuilles, mises en fermentation (ce qui leur donne leur couleur rouge) et infusées, donnaient une boisson très prisée des populations autochtones. D’un goût délicat et légèrement vanillé, la plante fut alors baptisée « thé rouge » mais n’obtint jamais le succès du véritable thé (Cameliasinensis) venu de Chine et d’Inde. Tombé dans l’oubli pendant près de 300 ans, le rooibos tea intéresse aujourd’hui à nouveau les chercheurs qui pensent avoir découvert là un exceptionnel antioxydant.

Les antioxydants du rooibos

Bien que le rooibos contienne une proportion plus faible d’antioxydants que le thé (60 à 80 mg pour le thé rouge contre 130 à 200 mg pour le thé traditionnel), il en contient apparemment un beaucoup  plus grand nombre. On a ainsi dénombré actuellement onze polyphénols différents dans le rooibos, tous pourvus de propriétés antioxydantes. Parmi eux, par exemple, la quercétine et la lutéoline, deux molécules antioxydantes très communes dans la plupart des fruits et des légumes, dont on a mis en évidence les facultés à prévenir le cancer du côlon et du pancréas en évitant l’apparition de métastases. Mais les chercheurs qui s’intéressent à cette plante s’attendent à de nouvelles découvertes passionnantes. Ils savent déjà qu’un verre de 200 ml de thé rouge contient 60 à 80 mg de polyphénols, mais que les onze polyphénols déterminés à ce jour ne représentent que 14 mg du total, soit environ 20 % seulement. Ils ont également découvert que le rooibos contient de l’aspalatine, un polyphénol qui n’a jusqu’ici été retrouvé dans aucun autre végétal

Concurrentduthé

Le rooibos s’utilise aussi aisément que le thé, et il en devient une boisson agréable et désaltérante. Il ne contient aucune trace de caféine ou de théine, et peut donc être bu à tout moment de la journée. De plus, sa faible teneur en tanins ne lui donne aucun goût amer même si l’infusion s’est prolongée de façon excessive.

Comparé au thé, le rooibos présente l’avantage de n’avoir aucune conséquence sur le métabolisme du fer. Des études sont encore à mener sur le rooibos pour confirmer les travaux préliminaires qui ont été menés sur ce sujet. À l’opposé, on sait que le thé, riche en tanins, réduit considérablement l’assimilation intestinale du fer. Inversement, le rooibos est dépourvu de vitamines et d’oligo-éléments. Leur teneur est trop faible pour avoir une conséquence appréciable.

Inflammations  intestinales

Enfin, on doit à  Annekie Theron (dont les observations ont été à l’origine d’un livre sur le rooibos, publié en… 1970 !) la découverte que le rooibos calme les inflammations intestinales chez l’enfant. Elle a eu plusieurs fois l’occasion de le constater chez son jeune fils. Étonnée de ne découvrir aucune confirmation de cette propriété médicinale, elle a renouvelé l’expérience avec succès auprès de plusieurs enfants.

À part une propriété de stimuler l’immunité contre les virus, et notamment le virus HIV, cette nouvelle plante reste encore peu étudiée sur un plan thérapeutique. Nul doute que face à ses bienfaits protecteurs et en l’absence d’éléments négatifs, d’autres études feront parler d’elle

Une chance nouvelle pour une plante médicinale traditionnelle, qui n’intéresse guère, pour le moment, les laboratoires avides de brevets.