• le safran, un anti-dépresseur

Le safran : l’or rouge antidépresseur

Le safran est tiré de trois filaments, ou stigmates, du pistil du Crocussativus, que l’on ne doit pas confondre avec le crocus des jardins (Crocusvernus), le colchique. Il serait originaire d’Asie mineure. Des papyrus de l’Égypte ancienne montrent qu’il était déjà prisé par les pharaons qui l’employaient pour la purification des temples et des lieux sacrés. En Orient, le safran est censé apporter gaieté et sagesse, c’est pourquoi le vêtement des moines bouddhistes est de cette couleur.


On obtient la poudre de safran en récoltant et en séchant les filaments du Crocussativus, cueillis à la main. Il faut environ 200 000 stigmates pour obtenir un kilo du précieux ingrédient et 5 kilos de filaments frais pour obtenir 1 kilo de safran séché. Ce qui explique le prix particulièrement élevé de cet « or rouge » : de 3 000 à 15 000 € le kilo. Si l’on peut en trouver à un prix inférieur, il peut s’agir de falsification certains marchands n’hésitant pas à lui substituer des fleurs de carthame ou du Curcumalonga.

C’est une pratique qui remonte aux premiers temps du commerce de la très précieuse épice. Pour savoir si le marchand mentait sur sa cargaison, on recommandait de plonger la main dans le sac. Si les stigmates restaient collés aux doigts, il y avait bien fraude. L’offense était punie par l’incinération des sacs… et du marchand !

Sédatif, analgésique et tonique

Cette épice a longtemps été réputée pour remédier à de nombreuses affections. Parmi ses atouts, il serait l’un des végétaux les plus riches en riboflavine, c’est-à-dire en vitamine B12. Il renferme à la fois de l’huile essentielle, le safranal, et de 5 à 25 % de pigments, les crocétines, qui sont des caroténoïdes, soit de la pro-vitamine A.

Tandis que les pigments jouent un rôle de stimulant digestif, le safranal possède une activité sédative. De façon générale, le safran agit sur le système nerveux : il est à la fois analgésique – il est recommandé en cas de règles et de gencives douloureuses – et tonique.

Antidépresseur à hauteur du Prozac

Si l’on considère depuis fort longtemps que le safran apporte la gaieté, ce n’est pas sans raison. Deux essais cliniques ont été menés, pendant six semaines, chacun sur quarante sujets souffrant de dépression légère à modérée. Ces études se sont déroulées en Iran où, dans la médecine traditionnelle persane, on traite de façon courante la dépression avec cette épice. Dans le premier essai, les effets du safran ont été comparés à ceux d’un placebo et les résultats ont indiqué que le premier était significativement plus efficace que le second pour soulager les symptômes.

Dans le second essai, ses effets ont été comparés à ceux d’une molécule utilisée couramment dans les cas de dépression, la fluoxétine, mieux connue sous le nom de Prozac. L’épice s’est révélée aussi efficace que le médicament et aucun effet indésirable n’a été noté lors de l’étude.

Parmi les sociétés qui proposent du safran en complément alimentaire, la société Salvia est sans doute celle qui propose la meilleure qualité. Le safran est ici vendu sous la marque Safran'aroma (voir ici). Plusieurs autres préparations buvables à base de safran à doses thérapeutiques sont disponibles chez la société Salvia (comme antidépresseur sous le nom de Psyc’arom ; pour les symptômes prémenstruels et les troubles de la ménopause : Hormon’arom). 

Le sirop de safran 

Laisser macérer 25 g de stigmates écrasés pendant deux jours dans un demi-litre de vin doux. Au troisième jour, filtrer et ajouter 600 g de sucre de canne. Faire fondre dans un bain-marie couvert. Laisser refroidir. Conserver bien bouché. Le sirop de safran est un antalgique interne et externe. Vous pouvez le boire en cas de maux d’estomac et de colique. Ou l’appliquer sur les gencives des jeunes enfants qui ont du mal à laisser percer les dents.

 

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