Tayuya : pour faire taire la douleur arthritique

C’est en Amazonie que pousse le tayuya (Cayaponia tayuya). Cette sorte de courge, les Indiens la connaissent bien car ils l’emploient pour soigner les morsures de serpents. Dès le début du XXème siècle, elle a été référencée dans la pharmacopée brésilienne pour traiter tous les types de douleurs mais ce n’est que depuis peu que l’on s’est rendu compte de son intérêt dans le traitement des douleurs dues aux inflammations des articulations (arthrite, arthrose, rhumatismes).


Une alternative aux antidouleurs...

Ses propriétés dans ce domaine ne sont donc pas nouvelles, mais c’est au début de l’année 2006 qu’est apparu tout son potentiel. Une étude publiée dans l’European Journal of Pharmacology en janvier dernier révèle en effet que le Cayaponia tayuya est capable de réduire les dommages causés aux articulations par l’usage au long cours des médicaments anti-inflammatoires et analgésiques. Combien de personnes atteintes d’arthrite sont en effet réduites à prendre des antidouleurs quotidiennement pendant des mois voire des années. Les médecins savent bien que la douleur est masquée et que l’inflammation est tout juste endiguée, mais que les cartilages continuent de souffrir jusqu’à leur complète érosion.

Tayuya n’est pas un remède miracle contre l’arthrite comme certains marchands peu scrupuleux l’ont laissé entendre. Mais, en raison de la complexité de sa composition, la racine de cette liane cumule un certain nombre de propriétés qui peuvent, dans bien des cas, venir en aide plus subtilement que les médicaments aux personnes qui souffrent intensément d’arthrite. D’abord, parce que la plante a des propriétés antidouleur et anti-inflammatoires incontestables (une dizaine de travaux scientifiques ont été publiés sur ce sujet au cours des vingt dernières années). Mais la plante contient une multitude d’autres molécules qui vont soutenir cette action.

...et aux effets secondaires du traitement de l’arthrite

Elle est un excellent nettoyeur du sang (on l’emploie traditionnellement pour traiter les calculs, la goutte et réduire, chez les sportifs, l’accumulation d’acide lactique).

Elle stimule également les émonctoires (au Pérou, les tribus indigènes l’emploient pour traiter les problèmes dermatologiques) et facilite l’élimination de l’eau superflue dans l’organisme.

Elle réduit des désordres métaboliques ce qui peut être utile en cas d’atteinte des cartilages due à une activité incontrôlée du système immunitaire. Elle calme les nerfs, réduit le stress (c’est une plante adaptogène). Elle a une forte activité antioxydante et a fait l’objet de plusieurs publications pour ses propriétés de radioprotection (ceux qui souffrent d’arthrite sont des abonnés du radiologue).

Elle a une action régulatrice du système digestif et de l’estomac dont le fonctionnement est inévitablement déréglé chez les personnes qui prennent des anti-inflammatoires au long cours (les tradipraticiens l’emploient aussi bien pour traiter les douleurs gastriques que la diarrhée ou que la constipation). Enfin, c’est un antiparasitaire (les parasites sont souvent à l’origine de douleurs articulaires que la médecine classique ne parvient pas à expliquer).

Tayuya mode d’emploi

La racine de tayuya se consomme traditionnellement en poudre mélangée à de l’eau (à raison d’un à deux grammes pour une tasse, deux ou trois fois par jour). Mais la poudre est d’un goût fort et amer et doit être mélangée avec du miel pour être utilisée régulièrement. Il est donc préférable de la consommer en gélules (4 par jour en dehors des repas).

Le tayuya ne provoque aucun effet secondaire indésirable mais il peut toutefois entraîner la somnolence (il n’est donc pas recommandé si l’on prend déjà des somnifères ou si l’on est sur le point de subir une opération).