Trèfle des prés, un anti-tumoral qui porte chance

Attention toutefois à ne pas confondre le trèfle des prés ou le trèfle des Alpes avec le trèfle d'eau ou trèfle des marais (ményanthe), le trèfle des mouches (mélilot), le trèfle jaune des sables (vulnéraire), le trèfle cornu (lotier corniculé), le petit trèfle des champs (Trifolium arvense) et le trèfle incarnat (Trifolium incarnatum).

Depuis toujours le trèfle est une plante bénéfique. Chacun sait que le fameux « trèfle à quatre feuilles » (ou folioles) est un porte-bonheur, un gage assuré de chance, amour, santé, réussite, que l'on doit conserver précieusement. Combien d'entre nous en ont retrouvé avec émotion entre les pages jaunies d'un vieux livre ou collé au dos d'une photo ? Les joueurs le prennent souvent pour fétiche, avec la patte de lapin.

Pour chasser le mauvais œil, on mêlait un trèfle à 4 feuilles à de la mousse « cueillie à l'aube au bord d'un ruisseau en altitude ! » et à des poils de chat noir. Puis on mettait le tout dans un toupin empli d'un litre d'eau qu’on faisait bouillir. Puis on laissait refroidir la mixture sur la fenêtre une nuit de pleine lune pour s'en frotter tout le corps le lendemain matin. Attention, ne pas avaler !

Au Moyen-Âge, pourtant, on racontait que les trèfles à 4 feuilles poussaient au pied des gibets s'ils étaient arrosés par le sang des suppliciés et non, comme la mandragore, par le sperme des pendus.

Le trèfle rouge jouit d'une réputation immémoriale comme remède préventif du cancer. En effet, les tumeurs cancéreuses ne peuvent croître en l'absence d'irrigation sanguine. Elles émettent des signaux biochimiques pour stimuler à l'intérieur d'elles-mêmes la formation de vaisseaux sanguins. Ce processus porte le nom d'angiogenèse.

Plusieurs savants réputés dans le domaine de la cancérologie cherchent comment empêcher la formation de ces nouveaux vaisseaux sanguins, ce qui aurait pour effet de contraindre les tumeurs à disparaître. Or, il s'avère que la génistéine, une substance complexe ayant un effet anti-angiogène, est l'un des constituants chimiques du trèfle rouge.

Les personnes voulant arrêter de fumer peuvent mâcher des fleurs fraîches de trèfle rouge. Le fait de grignoter ainsi contribuerait à satisfaire le besoin de sensation orale que ressentent nombre de fumeurs. De plus, la génistéine s'attaquerait à d'éventuelles tumeurs en formation.