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Digestion : pas d’intolérance à table grâce aux huiles essentielles

Repas à table

Victime de ses excès en tous genres, l’alimentation moderne fragilise le système digestif. Au-delà de l’éviction de certains types d’aliments, lorsque ce dernier commence à souffrir, on peut faire appel aux huiles essentielles. Elles soutiennent, renforcent et même rééduquent tout au long des différentes étapes de la digestion.

Transformer un aliment pour en tirer le meilleur parti : on peut résumer ainsi l’action de digérer. Grâce à elle, lipides, glucides et protéines évoluent par des réactions en chaîne vers l’état de nutriments pour parvenir dans les intestins «reconnaissables et assimilables» par l’organisme. Ce qui leur permet ensuite de circuler librement dans le sang et d’alimenter les cellules. Pour digérer, le corps est doté d’une force d’action mécanique (péristaltisme, brassage), chimique (enzymes, pepsines, suc pancréatique, hépatique...) et même bactériologique puisque la  flore intestinale y joue un rôle très important. Mais les intolérances digestives se multiplient depuis quelques décennies et traduisent ni plus ni moins une difficulté, voire une incapacité, à digérer certains types d’aliments, à l’origine de différents inconforts digestifs. Si cet état de fait n’est pas pris en compte, c’est toute la membrane intestinale qui risque de devenir inflammatoire.

Intolérances et atteintes du système digestif

D’évolution sournoise et insidieuse, l’intolérance digestive aboutit progressivement à des ballonnements à toute heure de la journée, un transit alternant diarrhée et constipation, des irritations et des spasmes intestinaux. Elle s’accompagne également d’une fatigue psychique et d’une baisse de moral quasi chronique. L’intolérance est une réaction d’hypersensibilité après l’ingestion de certains types d’aliments. Un peu d’attention vous permettra de les identifier et de réduire, voire de supprimer, ces produits auxquels votre estomac réagit fortement. Les produits laitiers et le gluten (présent dans le blé, l’orge, l’avoine, le seigle et même le maïs), sont les plus concernés. En cause, les multiples modifications génétiques subies par le blé pour optimiser les conditions de culture et favoriser la panification. Ces transformations ont été trop rapides et ont mis le système immunitaire au pied du mur. Quant aux produits laitiers, ils soulèvent de nombreux débats, pendant que l’industrie agroalimentaire continue de surfer sur une vague porteuse. Les dégâts digestifs et immunitaires qu’ils occasionnent commencent à être reconnus par certains acteurs de la médecine. En tout cas, l’expertise clinique montre que toutes ces manifestations d’intolérance au gluten ou au lactose sont toujours associées à une perte d’intégrité profonde de la paroi intestinale. L’intestin est un organe creux, en rap- port direct avec le milieu extérieur via le bol alimentaire. La paroi de ce gros tuyau est, comme toutes les interfaces, tapissée par ce qu’on appelle Gut Associated Lymphoid Tissue (GALT), un tissu lymphoïde, en quelque sorte un rempart immunitaire et même systémique. Cet organe lymphoïde a pour fonction d’identifier les antigènes alimentaires, les bactéries amies ou pathogènes, et de déclencher une réponse en cas d’assaut identifié comme pathogène ou toxique. Dans ce cas, la muqueuse digestive s’enflamme et lutte activement pour faire barrage. On comprend aisément que les nouvelles molécules apparues récemment dans le bol alimentaire sensibilisent chaque jour un peu plus la muqueuse. Quand l’inflammation devient chronique, celle-ci perd de son intégrité, s’enflamme (parfois silencieusement) et devient poreuse. Elle laisse ainsi passer dans le sang...

de nouvelles molécules, auparavant rejetées. Ces molécules (polluants phytosanitaires, métaux lourds, additifs alimentaires...) mettent le système immunitaire en déroute totale.

Certains tableaux pathologiques, révélés par un fond d’inflammation chronique ou encore de dégénérescences de certains tissus, sont d’ailleurs toujours corrélés avec ce problème de perméabilité. Ce sont les scléroses, la maladie de Crohn, la spondylarthrite ankylosante, la  bromyalgie, la polyarthrite rhumatoïde, le psoriasis articulaire... Au cœur du problème Amener les molécules aromatiques dans la lumière intestinale, directement en contact avec ces zones inflammatoires et les cellules du GALT, est possible lorsque les HE sont prises par voie orale (en les enfermant dans une boulette de mie de pain

ou sur un comprimé neutre) au cours d’un repas riche en lipides. Ces derniers ralentissent l’absorption des essences de l’œsophage à l’intestin grêle, ce qui optimise la possibilité d’absorption des molécules aromatiques au travers de la paroi intestinale. Le choix des actifs est large en ce qui concerne le confort digestif ; mais lorsque l’inflammation tient le siège, la priorité est à la restauration de la  flore bactérienne et à la maîtrise de la réaction inflammatoire. Pour cela, les phénols aromatiques (comme le carvacrol), présents notamment dans l’HE d’origan kaliteri, occupent une place de choix. À visée antibactérienne, mais aussi antifongique, cette HE favorise la croissance des bonnes bactéries présentes dans l’intestin (effet bifidogène). Non seulement elle les soutient, mais éradique les micro-organismes pathogènes ou indésirables (Candida albicans, entre autres). Permettant ainsi un bon réensemencement de la  ore intestinale. Cette HE présente en plus des propriétés de restauration de la paroi intestinale, vraisemblablement imputables à sa capacité de gérer le processus inflammatoire et de diminuer les oxydations qui en résultent. Parmi toutes les HE d’origan, celle d’origan kaliteri présente un avantage clé : elle peut être utilisée sur le long terme sans porter préjudice au foie. La présence de thujanol permet de favoriser la régénération de cet organe tout en présentant des qualités digestives et même immunitaires et circulatoires.

Une synergie préventive et curative

Pour compléter les bienfaits de l’origan kaliteri, d’autres HE peuvent y être associées afin de parfaire l’effet bidogène. C’est le cas du laurier noble. Son HE est vivement recommandée pour les gros mangeurs de viande, chez les- quels la digestion dégage beaucoup de toxines. Elle soutient la  flore, le foie, et rééquilibre les réactions de fermentation au sein du côlon. Elle est aussi antispasmodique, régulatrice de l’inflammation et même antalgique. L’HE de curcuma est incontournable. La théorie des signatures nous conforte dans l’idée qu’elle est tout à fait indiquée pour le viscère intestin côlon. Elle est riche en molécules orientées vers l’inflammation. Elle est anti-hépatotoxique et optimise la sécrétion biliaire, enzyme de digestion des graisses. Elle régénère la flore bactérienne et tient à l’écart le Candida albicans. Pour parfaire la synergie, un autre type moléculaire et botanique est apporté par une pointe de verveine, riche en molécules piquantes et citronnées comme le géranial, le néral ainsi que le limonène. Enfin, le fruit de la litsée citronnée fournit un concentré aromatique, stimulant des glandes digestives, qui contribue à alléger la digestion et calmer les irritations du duodénum jusqu’à la  fin du côlon. Retenez que cette synergie trouve sa place en bouche dès lors que vous commencez à avoir une digestion laborieuse. La prévention et l’entretien vont de pair et sont tellement bien assurés par les plantes aromatiques !

Le curcuma : une racine pare-feu

L’huile essentielle de curcuma a de nombreux atouts pour lutter contre l’inflammation, notamment le curcumène et le zingibérène, riche aussi en molécules cétoniques, qui sont les plus grands gestionnaires des muqueuses (ou de la peau) abîmées. Elle sait également calmer le feu, réduire les phénomènes oxydatifs, générateurs d’inflammation. Cette HE offre, à elle seule, un arsenal de bonnes intentions pour la santé des intestins.

Une cuisine bien  aromatisée

Les herbes aromatiques utilisées en cuisine ont aussi pour vocation d’améliorer la digestion et de préserver l’intégrité de la fonction intestinale. Le basilic active les digestions lentes et lutte contre l’aérophagie. La sarriette aide à digérer les viandes lourdes. Le romarin évite les fermentations tandis que la  menthe combat les spasmes gastriques. Toutes ces plantes sont un gage évident de maintien des fonctions physiologiques de l’estomac, du foie, du pancréas et des  intestins. Toutefois, pour obtenir un effet correcteur ou régulateur, cela ne suffit pas forcément. En ce cas, on pourra aromatiser les plats avec des huiles essentielles.  Sachant qu’une goutte d’HE de basilic exotique représente environ 400 g de feuilles,  on comprend que l’on tirera un profit un peu différent.   De plus on s’est rendu compte que leur présence participe aussi à la satiété...

Formule : digestion et assimilation optimales

Par Aude Maillard, aromathérapeute

Propriétés : Régulatrice de la flore intestinale, antimycosique, bidogène, régulatrice de l’inflammation, restauratrice immunitaire et antioxydante.

HECT d’origan kaliteri (2 ml) 
Origanum vulgaris kaliteri

HECT de curcuma (3 ml)
Curcuma longa

HECT de laurier noble (3 ml)
Laurus nobilis

HECT de litsée citronnée (2 ml)
Litsea citrata

HECT: huile essentielle chémotypée.

1 millilitre est égal à 30 gouttes.

Indications 
Inconforts digestifs chroniques, intolérances alimentaires avérées (ou soupçonnées), irritations intestinales, troubles du transit, infections à Candida albicans.

Préparation
Dans un flacon en verre teinté de 10 ml muni d’un compte-gouttes, verser les huiles essentielles selon les quantités indiquées.

Voie orale
Déposer 3 gouttes de la synergie sur un morceau de mie de pain fraîche, former une boulette et l’avaler avec un verre d’eau au milieu de chaque repas comprenant des lipides, 3 fois par jour. En cure de trois semaines sur quatre, renouvelables si besoin.

Contre-indications
Femmes enceintes ou allaitantes, enfants de moins de 12 ans.

Remise en ordre express des intestins

Il est possible de faire un nettoyage du microbiote intestinal avec une cure d’huile  essentielle d’origan compact présentée en  oléocapsules dosées à 75 mg. Celles-ci sont  destinées à traiter tous les types d’infections  (bronchite, cystite, gastroentérite, abcès...)  mais l’accompagnement anti-infectieux va bien  au-delà. Riche en carvacrol et en thymol, cette  HE d’origan est une véritable prouesse de la  nature sur le registre du soutien immunitaire, de  la gestion de l’inflammation et de la destruction  des germes pathogènes en tous genres.

À faire      
Par Aude Maillard, aroimathérapeute
Prendre 1 capsule matin,  midi et soir, à la  fin  des repas, en cure de  trois semaines seulement.  Accompagner d’un apport  en essence de citron bio  pour favoriser le travail  hépatique (3 gouttes  directement en bouche  deux fois par jour).
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