• Aromathérapie : moins transpirer

Réguler sa transpiration grâce aux plantes

La transpiration joue un rôle majeur dans la régulation de la chaleur mais aussi dans la dépuration de l’organisme. Elle peut se révéler gênante lorsqu’elle est excessive, notamment en période estivale. Les plantes peuvent vous aider à la réguler. 


 

Réguler la transpiration excessive

On trouve entre 300 et 500 glandes sudoripares par centimètre carré de peau. Une de leurs fonctions, en plus de la régulation thermique, est d’aider le corps à éliminer certains déchets organiques (sels, acides lactique et urique, déchets lipidiques et protéiques…), d’où leur surnom de « petits reins ». L’activité des glandes sudoripares peut être quelque peu accélérée lorsque les autres filtres du corps font mal leur travail, ou en cas de stress. 

 

La sauge à la rescousse

Pour les sueurs de la ménopause, la sauge officinale peut être une alliée de choix. Buvez une ou deux tasses d’infusion par jour. En cas de transpiration forte, prenez-la en bain tiède de pieds ou de mains.

 

Trois plantes calmantes nerveuses

L’hyperactivité nerveuse influe sur la transpiration, surtout dans certaines régions du corps particulièrement denses en glandes sudoripares, comme la paume des mains et des pieds ou les aisselles. En cas de transpiration liée au stress ou à l’anxiété, consommez moins d’excitants comme le thé ou le café et buvez la tisane suivante 3 fois par jour avant les repas, à raison de 10 jours par mois pendant 3 mois :

Ingrédients :

  • 5 g d’eschscholzia (pavot de Californie)
  • 10 g de mélisse
  • 10 g de marjolaine
  • 1 litre d’eau purifiée ou peu minéralisée.

Préparation :

  1. Faites chauffer l’eau jusqu’à frémissement
  2. Ajoutez les plantes et faites bouillir quelques minutes.
  3. Éteignez le feu et laissez infuser 30 minutes.

 

Décoction drainante

Une sudation excessive peut signifier que les fonctions rénales fonctionnent en sous régime ou sont ponctuellement débordées par nos excès, obligeant la peau à prendre le relais dans l’évacuation des déchets. Un drainage rénal peut alors se révéler intéressant pour aborder plus sereinement les chaleurs estivales. Diurétique, cette infusion facilitera l’évacuation des sels et de l’urée, et favorisera le fonctionnement rénal.

Ingrédients :

  • 10 g de pissenlit (racines moulues)
  • 10 g d’orthosiphon
  • 10 g de piloselle
  • 1 litre d’eau purifiée ou peu minéralisée.

Préparation :

  1. Faites chauffer l’eau jusqu’à frémissement.
  2. Versez le mélange de plantes.
  3. Laissez bouillir quelques minutes.
  4. Éteignez le feu et laissez infuser 30 minutes.
  5. Buvez 1 tasse matin, midi et soir avant les repas, dix jours par mois pendant trois mois.

 

 

Déodorant naturel à l’argile blanche

Les odeurs désagréables de transpiration sont souvent liées à la macération humide et au développement des bactéries sur la peau. Se laver la peau quotidiennement et la garder la plus sèche possible (éventuellement par la limitation de la pilosité) constitue la première règle à respecter. Un déodorant naturel aidera également. 

Une méthode très douce pour réguler la transpiration consiste à se fabriquer une poudre parfumée déodorante 100 % naturelle à base d’huiles essentielles capables de resserrer les pores et/ou de réguler la transpiration. On conserve cette poudre aromatique dans une salière qui sera utilisée comme poudrier. Elle se conserve plusieurs mois à température ambiante et à l’abri de l’humidité.

Ingrédients :

  • 1 bol en céramique ou en verre
  • 1 pilon ou, à défaut, une cuillère en bois
  • 1 salière vide
  • 3 cuillères à soupe d’argile blanche ultra-ventilée
  • 1 cuillère à café de bicarbonate de soude alimentaire
  • 10 gouttes d’huile essentielle de cyprès
  • 10 gouttes d’huile essentielle de palmarosa.

Préparation :

  1. Versez l’argile blanche, le bicarbonate et les huiles essentielles dans le bol.
  2. Mélanger au pilon ou à la cuiller en bois jusqu’à dispersion totale des huiles essentielles dans la poudre. Le mélange doit être homogène, bien sec et sans grumeaux,
  3. Versez ensuite la poudre dans la salière vide (éventuellement à l’aide d’un entonnoir).
  4. Utilisez cette poudre parfumée comme un talc, en tapotant du bout des doigts ou à la houppette une petite quantité de poudre sur les aisselles bien sèches, sur les pieds qui transpirent ou dans les chaussures.

 

Poudre assainissante au bicarbonate et aux huiles essentielles 

De l’hygiène dentaire à l’utilisation comme produit ménager, on connaît le caractère polyvalent du bicarbonate de soude. Il n’a pas fini de montrer son utilité puisqu’on peut également l’employer pour atténuer la sudation et les mauvaises odeurs pendant des heures ! À l’application le bicarbonate n’est guère agréable à cause de ses petits grains mais son efficacité est indéniable.

Ingrédients :

  • 1 pincée de bicarbonate de soude
  • 2 gouttes d’huile essentielle de laurier noble ou de géranium rosat.

Préparation :

  1. Dans le creux de la main, posez une grosse pincée de bicarbonate de soude.
  2. Ajoutez l’huile essentielle choisie.
  3. Frottez le mélange sur les aisselles humides.
  4. Tamponnez ensuite à la serviette.

Ces deux recettes sont proposées par Julien Kaibeck, expert en cosmétiques naturels. Vous trouverez d’autres recettes sur son blog : www.lessentieldejulien.com.

 

Ne pas freiner la transpiration à tout prix 

Si notre corps produit jusqu’à 1 litre de transpiration par 24 heures ce n’est pas par hasard. Un corps qui transpire excessivement ou de manière anarchique peut certes signifier des déséquilibres physiques ou hormonaux (sevrage alcoolique ou médicamenteux, intoxication, ménopause, hyperthyroïdie, diabète, etc.). Mais un corps qui transpire à l’effort ou à la chaleur est un corps qui fonctionne bien ! Vouloir bloquer à tous crins un processus physiologique naturel de régulation n’est donc pas un bon calcul, car il implique que les fonctions normalement dévolues à la peau soient compensées – mais cela n’est pas toujours possible, ni souhaitable – par d’autres organes comme le foie ou les reins.

De ce point de vue, la plupart des antitranspirants ne sont pas conseillés. Outre le fait que leur principe actif est principalement le chlorure d’aluminium (considéré comme toxique pour le corps), ils agissent directement sur le diamètre du canal sudoripare pour en réduire le débit, généralement au prix d’une inflammation locale.

Aussi, préférez une régulation douce, ponctuelle et végétale. En cas d’échec, vous pouvez également essayer la véritable pierre d’alun (reconnaissable à la mention potassium alum, et non ammonium alum), dont la molécule est réputée à ce jour non nocive pour le corps. Par précaution, veillez toutefois à ne l’utiliser que sur des aisselles humides non épilées et non lésées.

 

Les effets de l’alimentation

Un régime trop protéiné (viandes, œufs), mais aussi riche en épices (curry et fenugrec notamment), en condiments (ail, oignons), en alcool ou en excitants comme le café, peut favoriser une transpiration odorante.

 

À lire

« Adoptez la slow cosmétique», de Julien Kaibeck, éd. Leduc.s, 15 €.