• Aromathérapie : nettoyants ménagers multi-usage naturels

Une maison saine

Peintures, plastiques, meubles, produits d’entretien, désodorisants, sans oublier moisissures et acariens, sont autant de sources de polluants plus ou moins toxiques pour les voies respiratoires, mais aussi pour les systèmes endocrinien et cardiovasculaire. Les huiles essentielles offrent des solutions pour entretenir les surfaces et assainir son atmosphère.

 

Un nettoyant ménager multi-usages

Indications Dégraissage et nettoyage écologique de toutes les surfaces ménagères de la maison (éviers, sols, sanitaires).

  • HECT de litsée citronnée (Litsea citrate) : 5 gouttes
  • HECT de giroflier (Eugenia caryophyllata) : 5 gouttes
  • HECT de cajeput (Melaleuca leucadendron cajuputii) : 10 gouttes 
  • Vinaigre blanc : 400 ml
  • Bicarbonate de soude : 2 cuillerées à soupe
  • Liquide vaisselle concentré : 100 ml

HECT : huile essentielle chémotypée.

 

Propriétés

Antiseptique, dégraissant, nettoyant, désodorisant, assainissant de toutes les surfaces (éviter sur les marbres et les surfaces bois).

Matériel

Un flacon spray de 500 ml ou de 1 litre, un entonnoir.

Préparation

  1. Verser le vinaigre blanc et les huiles essentielles directement dans le flacon.
  2. Ajouter le liquide vaisselle et le bicarbonate de soude. 
  3. Agiter avant chaque utilisation. Pulvériser sur les surfaces à nettoyer et rincer avec un chiffon microfibre ou une éponge.

Précautions d’emploi

Les HE de giroflier et de litsée sont irritantes, voire dermocaustiques. Il est conseillé de prendre les précautions nécessaires pour qu’elles ne se trouvent pas en contact avec la peau à l’état pur.

Les HE sont insolubles dans l’eau, il est conseillé de toujours les mettre en solution dans le vinaigre (ou l’alcool).

La pollution de l’air à l’intérieur de notre habitat fait de plus en plus l’objet d’interrogations. Sa mauvaise qualité semble en corrélation avec l’augmentation de l’incidence de certains problèmes de santé publique. À titre d’exemples, les maladies allergiques ont doublé en vingt ans. Et en hiver, les problèmes respiratoires, sans cause infectieuse décelée, augmentent. La voie respiratoire est en effet une porte d’entrée pour les molécules étrangères et perturbatrices.

Des attaques multiples

Les sources de polluants pour l’organisme peuvent être d’origine organique, comme les acariens, les virus et les moisissures. Ou chimique, elles proviennent alors des produits de bricolage, d’entretien, du tabac et d’émissions de gaz toxiques comme le monoxyde de carbone. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme que l’air intérieur est anormalement chargé de composés organiques volatils (COV) comme le benzène (tabac, vapeur d’essence), le toluène, l’acétaldéhyde et le formaldéhyde (panneaux de particules ou de fibre, colles, adhésifs, fumée de tabac) le naphtalène (colorants, produits pharmaceutiques, insectifuges comme l’antimite). Nombre de ces COV sont fortement suspectés de favoriser les maux de tête, les fausses couches, les troubles neurologiques et certains cancers

Toute molécule de synthèse, d’une manière générale, qu’elle soit d’utilité alimentaire (additifs), pharmaceutique (médicaments) ou ménagère (bricolage, entretien…), lorsqu’elle pénètre dans le sang, est toujours moins bien métabolisée et éliminée par l’organisme que les molécules d’origine naturelle. Elles s’accumulent et ont, en plus de l’inconfort immédiat, des effets organiques ou physiologiques à retardement qui prennent la forme de maladies aussi diverses que la fibromyalgie, la dépression, la fatigue chronique, le psoriasis, la migraine et les acouphènes

 

Le poumon ou l’arbre de vie

Les HE peuvent apporter une aide bienveillante pour contrebalancer ces agressions quotidiennes des muqueuses respiratoires. Leur volatilité s’y prête très bien. Leur diffusion va, entre autre, apaiser les irritations ORL et soutenir l’immunité. On aura par exemple recours à la lavande fine, au ravintsara, au citron, au pin. Toutefois, il  faudra être attentif à la qualité des huiles et privilégier les appareils à microdiffusion. 

À chaque fois que nous respirons, nous sommes au contact de la vie. Les poumons ont pour principale fonction d’oxygéner le sang (par l’inspire) et d’évacuer (par l’expire) le dioxyde de carbone. Ils occupent une fonction vitale autonome et sont à l’image d’un véritable arbre de vie. L’interface pulmonaire développe une surface étendue d’alvéoles pour optimiser et favoriser un contact étroit entre l’air pénétrant et la circulation sanguine. La présence de toxiques est source d’irritation et d’inflammation pulmonaire et des voies ORL supérieures (sinus, pharynx, larynx, trachée). Quand ils passent au travers des mailles protectrices, ils peuvent alors devenir responsables de problème cardiovasculaire et/ou d’atteinte d’organes périphériques. Si le poumon oxygène le corps tout entier, il participe aussi activement à l’immunité. Virus, moisissures, acariens, bactéries allergènes sont maîtrisés efficacement par cette interface. L’inhalation sèche ou la diffusion atmosphérique d’HE à visée respiratoire et anti-infectieuse est d’ailleurs une voie d’administration incontournable pour espérer venir à bout des infections respiratoires. Avec, par exemple, l’huile essentielle de tea tree (ce poumon géant de la nature) les bronches s’ouvrent, les mucus sont fluidifiés et expectorés, les muqueuses sont désenflammées et dé­conges­tion­nées, les cellules de défense sont soutenues dans leur combat.

 

Vivre et nettoyer au naturel

Par principe de précaution et de prévention, il semble utile de réduire les sources de polluants et de boycotter certains produits supposés toxiques. Parmi les gestes écologiques pour l’entretien de la maison il y a quelques grands classiques : aérer au minimum 10 minutes par jour, éviter de bricoler à l’intérieur, choisir des produits d’entretien naturels. À cet égard, le vinaigre blanc et le jus de citron (bouillant, c’est encore plus radical sur le calcaire) arrivent en tête pour détartrer et assainir les surfaces. Le savon noir ou les paillettes de savon de Marseille sont efficaces pour le linge ou le nettoyage des plans de travail. Ils présentent juste la contrainte de se dissoudre plus ou moins bien dans l’eau. Comme alternative pratique pour la réalisation de « dégraissants maison », on se tournera vers un liquide vaisselle concentré écologique déjà préparé. On y ajoutera du bicarbonate de soude pour augmenter l’efficacité (ne pas l’employer sur la laine, la soie ou les objets en aluminium). Et on ajoutera des HE pour leurs fragrances agréables, mais surtout pour assainir d’un point de vue microbiologique. Toutes les essences de pins, le ravintsara, le cajeput, l’eucalyptus radié créeront des atmosphères fraîches, revigorantes et stimulantes sur le plan respiratoire. Le citron, la litsée citronnée et la bergamote seront des assainissants plus doux, fruités et apaisants. Le clou de girofle et la cannelle de Chine offrent des fragrances désodorisantes qui présentent des propriétés exceptionnelles pour lutter contre les bactéries, les virus, les moisissures et les acariens. L’HE de litsée citronnée est particulièrement recommandée pour éliminer acariens, champignons et moisissures. Son utilisation dans la salle de bains évitera aux mycoses des ongles de se propager entre les membres de la famille [lire l’encadré ci-contre]. En ajoutant, lors du rinçage de votre lessive, une solution composée d’un verre de vinaigre blanc et de 30 gouttes de litsée citronnée, vous pourrez presque croire que votre linge aura séché en plein air à la campagne… 

 

Aude Maillard

www.aude-maillard.fr