Le laurier, ami du système digestif

Le laurier noble aussi appelé laurier-sauge, laurier d'Apollon, laurier commun, laurier franc ou laurier vrai, est souvent réduit à un rôle culinaire subalterne.Il est pourtant doté de multiples vertus médicinales. Ses feuilles sont antivirales et digestives, tandis que l’huile tirée de ses drupes fait merveille sur les articulations douloureuses.  


Les feuilles de laurier sont utilisées séchées en infusion pour lutter contre les flatulences, les digestions difficiles (son amertume favorise la sécrétion de bile), mais aussi les infections urinaires et la grippe du fait de ses propriétés bactéricides. L’infusion (3 à 4 feuilles par tasse d’eau bouillante, infuser 10 min) devra être bue après les repas. Consommée entre les repas, à raison de 2 à 3 tasses par jour, elle calme la toux, lutte contre les bronchites, sinusites et états grippaux. Les drupes (baies) entrent dans la composition de l’huile et de l’onguent extraits du laurier. En massages externes contre les douleurs rhumatismales, les névralgies, dorsalgies et « tours de rein ». La décoction (5 à 6 feuilles par tasse d’eau, à laisser bouillir 3 à 4 min) en compresse posée sur le front soulage les sinusites et névralgies faciales. On l’emploie aussi en gargarismes lors d’angines et pour se laver la bouche en cas d’infections dentaires (ne pas avaler).

À savoir sur le laurier

Le laurier peut faire des souches énormes, avec de surcroît des racines très exploratrices, s’infiltrant dans les vieux murs en descellant les pierres. Il est impératif de ne pas le planter à proximité de constructions ou de canalisations. Seul le laurier-sauge (Laurus nobilis) est comestible, à ne pas confondre avec le laurier-rose (Nerium oleander) qui est toxique. On le plante au printemps mais on peut cueillir ses feuilles toute l’année.
  

Où ?

Le laurier noble pousse en terre pauvre, bien drainée et ensoleillée. Dans les régions favorables, le laurier se ressème spontanément et marcotte très facilement. Il n’y a plus qu’à prélever le jeune plant, ou marcotte, et replanter en pot, ce qu’il supporte fort bien, ou en pleine terre.

Quand ?

La plantation d’un laurier en pot peut avoir lieu toute l’année, sauf en période de gel. Toutefois, l’idéal reste en avril ou mai car le laurier a ainsi toute la belle saison pour s’installer. Les boutures se font en fin d’été. Toujours vert, le laurier peut être récolté en toutes saisons. On peut donc profiter de ses vertus antiseptique, antivirale et bactéricide même en hiver.

Comment ?

Cet arbuste peut atteindre plus de dix mètres de haut et plusieurs mètres de large. Le tailler en sortie d’hiver évitera un développement trop important et le maintiendra aux dimensions adaptées à un petit jardin. La taille permet aussi de lui donner une forme (boule ou autre topiaire). Les cochenilles, en s’attaquant au laurier, peuvent entraîner de la fumagine : traitez avec un insecticide naturel ou avec une solution au savon noir et à l’huile.

D’origine méditerranéenne, le laurier pousse même dans des lieux secs. 

En pot, il faudra toutefois l’arroser régulièrement et lui donner un peu d’engrais.

En région froide, il faudra le protéger ou le rentrer dans un local hors gel. Il peut être rustique jusqu’à moins 15 °C, s’il est abrité des vents froids.

Côté cuisine : en feuilles et en baies

Couramment utilisées en cuisine ; les feuilles et les baies de laurier stimulent l’appétit et combattent les fermentations. Elles se conservent dans un bocal hermétique, à l’abri de la lumière, afin de préserver au mieux leurs arômes volatils.

  • Les feuilles transmettent un goût très agréable à l’eau de cuisson du riz, des pâtes ou des céréales mais aussi sur un rôti, un poisson ou un poulet. Il est possible de les utiliser fraîches, aussitôt cueillies. Mais sèches, elles ont beaucoup plus d’arôme et elles perdent leur côté légèrement toxique.
  • Les baies seront cueillies noires, à l’automne, et utilisées sèches, entières ou grossièrement broyées, en très petites quantités, un peu comme vous le feriez avec des baies de genièvre.


Le tour de main de l’herboriste

Depuis l’Antiquité, le laurier est utilisé pour la fabrication du savon d’Alep. Nos shampooings modernes, lotions et crèmes profitent aussi des vertus assainissantes, antitranspirantes et calmantes de cet arbre.


Décoction purifiante pour les cheveux

  • Ingrédients : 100 g de feuilles hachées ou 70 g de baies grossièrement écrasées, un litre un quart d’eau douce.
  1. Versez l’eau froide sur les feuilles et/ou les baies.
  2. Amenez doucement à ébullition.
  3. Faire cuire très doucement pendant 20 minutes.
  4. Retirez du feu, couvrez et laissez refroidir avant de filtrer.
  5. Il reste environ un litre de lotion. Utilisez-la comme dernière eau de rinçage des cheveux, après un shampooing.


Lotion pour le visage : pour les peaux normales, grasses et/ou à problèmes.

  • Ingrédients : Une poignée de feuilles de laurier, un beau brin de thym, 25 cl d’eau douce.
  1. Procédez comme pour la décoction cheveux.
  2. La lotion visage sera utilisée matin et soir, après nettoyage de la peau.
  3. Elle se conserve au frais, 4 à 5 jours.