• Plantes médicinales : les légumes tiges, mangez de l’eau !

Les légumes tiges : mangez de l’eau !

Riches en minéraux et vitamines, hydratants, les légumes tiges sont là pour nous aider à éliminer les toxines stockées pendant l’hiver. Ils sont parfaits pour une cure de printemps régénérante. 

 

Ce sont les vedettes des marchés du printemps, mais la saison des légumes tiges est courte et il ne faut pas la laisser passer ! Car ces légumes tiges (rhubarbe, asperge, céleri, mais aussi… pousses de bambou et crosses de fougères) ont un double intérêt nutritionnel : ils abreuvent nos cellules plus profondément que l’eau et nettoient notre organisme de ses déchets et toxines à la période de l’année où nous en avons le plus besoin.

L’eau est essentielle à notre organisme. Elle représente près de 70 % du poids de notre corps et on sait aujourd’hui qu’elle n’est pas seulement un moyen de transport mais qu’elle favorise aussi tous les échanges dans notre organisme. Pour subvenir à ces besoins en liquide, que l’on trouve aussi bien à l’intérieur des cellules que dans le sang, la bile ou la lymphe, on croit souvent qu’il suffit de boire tout au long de la journée. Chacun le sait, il faudrait ingurgiter plus de deux litres quotidiennement pour satisfaire nos besoins naturels en eau, mais qui respecte cette règle ? L’eau présente dans notre alimentation est donc absolument essentielle à notre équilibre hydrique.

Dans ce domaine, les légumes tiges font figure de champions. L’asperge contient pas moins de 92 % d’eau, la pousse de bambou 91 %, la rhubarbe 93,5 %, et le céleri branche 95 %, soit beaucoup plus que les 79 % de la pomme de terre ! Cet apport est absolument essentiel au printemps, période à laquelle l’organisme se remet en marche. Nous allons faire plus d’exercice, nous allons aussi transpirer plus abondamment qu’en hiver, il ne faut pas laisser s’installer un déséquilibre. Car, on l’oublie trop souvent, la déshydratation peut être à l’origine de problèmes circulatoires, urinaires, voire d’auto-intoxication.

Les légumes de printemps arrivent également au moment exact où nous devons nous débarrasser du surplus de toxines que nous avons stocké pendant l’hiver. Différents composés capables de stimuler l’élimination rénale sont présents dans ces aliments. L’asperge, en particulier, contient un acide aminé, appelé asparagine qui favorise la vidange de notre organisme. D’ailleurs, vous vous rendrez compte que votre urine est différemment parfumée après en avoir mangé car elle dégage une substance soufrée correspondant à l’élimination de certains composants azotés présents dans l’asperge.

Les légumes tiges ont une action détoxifiante en profondeur. Leur côté fibreux marqué permet une bonne régulation du transit intestinal. On appelle l’asperge le « balai de l’intestin » ! On trouve également dans l’asperge un agent détoxifiant naturel : le glutathion. Selon l’Institut national du cancer, aux États-Unis, l’asperge est le légume qui en contient le plus. Et plusieurs études ont montré que cet antioxydant s’avérait une des meilleures armes dont le corps dispose pour lutter contre le cancer.

Très peu caloriques, ces légumes n’en ont pas moins une densité nutritionnelle forte. Leur eau, qui est en quelque sorte le sang de la plante, véhicule de nombreux minéraux puisés dans le sol et des vitamines. On trouvera, comme dans de nombreux légumes, du potassium. Il a pour mission de réguler la pression du sang et de contrôler le rythme cardiaque. Et c’est un bon protecteur contre l’hypertension, à l’origine des maladies cardio-vasculaires. Signalons également un bon impact au niveau des rhumatismes.

D’autres nutriments, enfin, confèrent aux légumes tiges une réputation d’aliments antifatigue. Le cocktail fer-calcium-vita­mine C, que l’on trouve notamment dans les pointes, rend ces légumes très toniques. La rhubarbe est ainsi recommandée aux personnes souffrant d’anémie. De façon générale, leur constitution facilite l’assimilation de toutes les bonnes choses qu’ils contiennent… Ils sont donc parfaits pour un régime de printemps très régénérant.

 

C’est à boire qu’il nous faut

Notre organisme sait parfaitement s’adapter à la quantité d’eau qui lui est fournie. Ainsi, lorsqu’on boit moins, les parois des cellules durcissent pour éviter toute déperdition. Mais cette autorégulation entraîne également une diminution de la sensation de soif. C’est ce qui explique que l’on puisse se trouver dans un état de déshydratation chronique alors que l’on n’a pas soif. Un état qui s’accompagne d’un ralentissement des échanges cellulaires et fait le lit de nombreuses pathologies.

La rhubarbe : mangez-la en légume

À cause de son acidité, on l’utilise souvent en dessert… Or la rhubarbe est un excellent légume. Vous pouvez par exemple la trancher finement dans des salades, et elle remplacera le céleri dans les soupes. Pour éliminer son acidité, faites tremper les tiges dans de l’eau salée. Sachez aussi que la rhubarbe rosée est plus tendre et moins acide. 

Et qu’elle est meilleure au printemps : plus on approche de l’été plus les tiges deviennent fibreuses.

 

Les crosses de fougères : des protéines sauvages

La crosse de fougère est la jeune pousse de la fougère aigle (ou fougère commune) que l’on trouve facilement dans tous les sous-bois. Il s’agit d’un légume particulièrement nutritif : elle contient en effet une bonne quantité (4 g pour 100 g) de protéines d’excellente qualité. Près du double de l’asperge ! Richement dotée en fer, phosphore, manganèse et zinc, elle régularise l’action du système nerveux et du système immunitaire et aide à l’assimilation des nutriments. Mais attention, elle doit impérativement être consommée bien cuite afin d’éliminer les toxines pouvant s’y trouver.

Dans l’asperge, un antioxydant rare

On trouve dans l’asperge un agent détoxifiant naturel, rare dans les autres aliments, tout à fait essentiel à l’organisme : le glutathion. Le glutathion est présent à l’intérieur de pratiquement toutes nos cellules. 

C’est le régulateur et le régénérateur des cellules immunitaires et l’agent détoxifiant le plus efficace de l’organisme humain. Malheureusement, nos réserves s’usent vite à cause de notre mode de vie, des pollutions, du stress… En cas de carence, on conseille de prendre du glutathion sous forme de complément alimentaire, mais de récentes études semblent démontrer que, sous cette forme, il est mal assimilé par l’organisme humain. La consommation d’asperges (qui contiennent tous les micronutriments nécessaires à leur parfaite assimilation) est sans doute une alternative ponctuelle, mais efficace.

Soulignons enfin que le glutathion complète l’action d’autres antioxydants, en particulier les vitamines C et E qui perdent leur efficacité sans lui. Lorsqu’elles captent les radicaux libres, elles sont en effet neutralisées jusqu’à ce que le glutathion, en détruisant leur proie, les « recharge ».