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Stévia, agave, sève de kitul… des sucres doux pour la santé

Nous aurions tous intérêt à ne plus consommer de sucre blanc… Pour nous y aider le monde végétal recèle des plantes qui concentrent des agents sucrants, n’apportant pas que des calories mais aussi des vitamines, des minéraux, et même des antioxydants. Issus d’usages traditionnels, sève de kitul, sirop d’agave ou d’érable, et stévia, le dernier autorisé, se marient avec bonheur à notre alimentation occidentale.  


Ce n’est pas par hasard qu’on trouve de plus en plus d’alternatives au sucre blanc : en effet, il est devenu, au cours de ces dernières années, l’ennemi public numéro un aux côtés des graisses et du sel. Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop salé, trop sucré ! Les glucides simples, tels que le saccharose, fournissent pourtant le carburant principal de nos cellules, notamment pour le bon fonctionnement cérébral. Mais c’est peu de dire que les sociétés modernes en abusent : ils sont ajoutés dans la plupart des aliments, et le sucre blanc, du saccharose pur, est un produit industriel tellement raffiné qu’on en oublierait qu’il provient d’organismes vivants. Dès que cela est possible, il faut donc éviter de surcharger son organisme avec des calories « vides ».

Une solution naturelle pour les personnes diabétiques

La stévia, enfin autorisée en France sous forme d’extrait, constitue une alternative radicale au sucre blanc car elle n’apporte aucune calorie. Cette petite Astéracée originaire d’Amérique du Sud est utilisée traditionnellement par les Indiens. Depuis les années 1970, la stévia est devenue le principal édulcorant intense utilisé au Japon : ses feuilles renferment en effet du stévioside et du rébaudioside A, des molécules non glucidiques au pouvoir sucrant jusqu’à 300 fois supérieur à celui du saccharose. La diététicienne Laura Serio le propose aux personnes souffrant de diabète, d’excès de poids ou désireuses d’éviter de grossir : « Je souhaitais leur conseiller un produit qui soit naturel, sans calorie, et qui apporte la douceur du goût sucré, raconte-t-elle. Lors de mes recherches, j’ai ainsi découvert la Stevia rebaudiana. » La diététicienne explique notamment qu’en cas de diabète, lorsque le pancréas ne parvient plus à réguler la glycémie, la stévia comble l’envie de sucre tout en n’ayant aucun effet sur le taux de glucose sanguin. Selon une étude publiée en 2000, le stévioside agirait même sur le pancréas pour stimuler la production d’insuline. 

Santé buccodentaire et autres bienfaits de la stévia

Des études ont montré que le stévioside et le rébaudioside A ne causaient pas de caries. Le stévioside participerait même activement à la santé des dents en inhibant le développement de la plaque dentaire. D’autre part, selon une étude chinoise portant sur une consommation de 250 mg trois fois par jour, cette molécule réduirait l’hypertension. Enfin, la stévia est utile en cas de candidose ou autres mycoses : elle apaise en effet les fréquentes fringales sucrées ressenties par les personnes atteintes, sans pour autant constituer, à l’instar du sucre, une nourriture pour les champignons responsables de l’infection. Un bémol : seul l’extrait de rébaudioside A est autorisé en France alors que la plupart des études portent sur la plante entière ou sur le stévioside…

Le sucre de canne complet, une friandise saine

La plupart d’entre nous n’ont pas forcément besoin d’avoir recours aux édulcorants intenses, même s’ils sont naturels, et peuvent plus simplement choisir d’autres sucres végétaux. Il existe de véritables glucides simples ayant subi moins de transformations. C’est le cas du sucre de canne intégral qui n’a pas été débarrassé de sa mélasse et obtenu par simple broyage de la canne à sucre suivi du chauffage du jus entraînant l’évaporation de l’eau. Sa production remonte au XVIe siècle, initiée aux îles Canaries et au Brésil. Dans ce grand pays, le rapadura désigne ce sucre intégral présenté sous forme de petites tablettes et constitue toujours une friandise simple et fortifiante pour les enfants, du fait de sa haute valeur nutritive et de son goût de caramel et de réglisse. Il contient des vitamines, des minéraux (calcium, potassium et magnésium) et même des protéines.

Un pédiatre suisse, le Dr Max-Henri Béguin, était un fervent promoteur du sucre intégral pour la santé dentaire. Dans les années 1970 et 1980, après trente années de recherches, il a pu démontrer sa forte teneur en minéraux et son rôle protecteur des dents. On trouve en France du sucre intégral dans les rayons bio sous forme de poudre brune, sous l’appellation « sucre complet ». Méfiez-vous du sucre roux ! S’il n’est pas bio, il peut s’agir de sucre blanc, de betterave ou de canne à sucre, recoloré avec de la mélasse ou même du caramel… Mais s’il est certifié AB, le sucre roux correspond à un sucre de canne plus ou moins raffiné : plus il est clair, et moins il contient de mélasse et donc de vitamines et de minéraux.

Des sèves qui montent

On connaît bien le sirop d’érable, produit emblématique du Canada, que les Indiens fabriquaient à partir de la sève de l’arbre bien avant l’arrivée des Blancs. Il est majoritairement composé de saccharose, mais il contient aussi des minéraux, du zinc notamment, ainsi que des antioxydants tels que la catéchine.

On trouve désormais dans le commerce deux autres types de produits sucrants à base de sève : le sucre de palme et la sève de kitul. Ces deux palmiers asiatiques produisent un suc riche en saccharose et en fructose qui est récolté au niveau de leurs inflorescences. Le sirop d’agave est un autre agent sucrant issu de sève végétale. Élaboré de façon traditionnelle au Mexique, il sort peu à peu de l’anonymat en France grâce à son goût neutre et à sa richesse en fructose : ce glucide simple est en effet conseillé aux diabétiques car il n’augmente pas la glycémie et il a un pouvoir sucrant supérieur à celui du saccharose. Mais attention à ne pas abuser des sources concentrées en fructose. 

Biodiversité des sucres

Dans les magasins de produits naturels, cette offre de sèves sucrées venues d’ailleurs est complétée par des sirops de fruits communs tels que la pomme et la poire, riches en fructose. On trouve aussi des sirops de céréales (blé, riz, malt d’orge, maïs), contenant des glucides variés – fructose, maltose, glucose, etc. – issus de la fermentation de l’amidon. Leurs couleurs et leurs saveurs sont différentes mais ils fournissent tous des vitamines et des minéraux qui vont aider à les métaboliser. Avec une telle biodiversité de produits sucrants naturels, plus aucune raison d’acheter du sucre blanc ! Mais il faut garder en tête que tous ces sucres peuvent être aussi caloriques que le saccharose pur. Les aliments sucrés autres que les fruits ne doivent pas être banalisés, et demeurer une exception plutôt qu’une règle, même s’ils sont naturels…

 

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