• Manger sain : super aliments, super pouvoirs

Super aliments, super pouvoirs ?

Ils arrivent souvent de pays lointains avec une réputation de véritable panacée… Mais le terme de « super aliment » est-il le garant de propriétés hors du commun ? Qu’ont-ils de si spécifiques ? Voici ce que nous pouvons en dire aujourd’hui. Ce qui nous ramène aussi auprès des végétaux de nos jardins.


Goji, açaï, grenade, cacao cru, mulberry… Pas un mois ne passe sans qu’on nous vante un super aliment en mettant en avant sa composition ultra-saine aux vertus uniques. Mais qu’entend-on au juste par « super aliment » ? Ce concept s’est en fait popularisé à la fin des années 1990 aux États-Unis (on parle là-bas de superfood). Un superlatif qui repose en fait sur la richesse de ces aliments en nutriments (vitamines, minéraux, fibres et antioxydants) dont on connaît aujourd’hui les effets bénéfiques pour la santé. Globalement, les super aliments apportent des bénéfices supérieurs aux autres parce qu’ils contiennent un large éventail de ces éléments minuscules qui ne représentent que quelques milligrammes dans notre alimentation et qui pourtant jouent un rôle crucial dans les réactions chimiques de nos tissus. Ils apparaissent d’autant plus salvateurs que l’on se rend compte que notre alimentation en est souvent carencée aujourd’hui.

Les vitamines, mais aussi un grand nombre d’oligo-éléments (calcium, zinc, magnésium…) sont indispensables à notre métabolisme. Cette connaissance remonte seulement au début du siècle dernier et les études continuent de mettre en évidence comment ces particules sont des « acteurs de vie essentiels à la réalisation de nombreuses réactions biochimiques de nos cellules », selon l’expression du naturopathe Alain Tardif. Les études sur la vitamine D ont ainsi permis d’étendre son champ d’action : on savait qu’elle favorise la densité osseuse, on constate qu’elle est aussi impliquée dans la prévention des affections cardiovasculaires et du diabète. Idem pour le magnésium, des études soulignent chaque jour son rôle dans de nombreuses fonctions physiologiques. L’implication de ces nutriments dans notre organisme est complexe car ils jouent des rôles différents : coenzyme, transporteur, antioxydant, etc.

Ce sont les capacités antioxydantes des super aliments qui sont en général mises en avant. Un indice (ORAC) a même été créé afin de classer les aliments selon leur pouvoir antioxydant, c’est-à-dire le nombre de radicaux libres qu’ils sont capables d’absorber. Dans ce classement, les baies et fruits rouges tiennent le haut du pavé grâce à la famille des flavonoïdes, sans oublier les caroténoïdes et la vitamine C. Une présence que signe leur couleur appétissante. Dans ce domaine les baies d’açaï et de goji – qu’il est préférable de consommer peu ou pas transformées – sont présentées comme de véritables plantes de jouvence. Elles comptent parmi les plus puissants antioxydants naturels, répertoriées dans la pharmacopée chinoise depuis 2 500 ans, et agissent aussi bien sur la fatigue, la mémoire, l’immunité que sur la vue ! La baie de goji ne compte pas moins de 19 acides aminés et 21 oligoéléments (zinc, fer, cuivre, germanium…) ainsi que de nombreuses vitamines (B, C et E). Quant à la baie d’açaï, riche en anthocyanes, elle est présentée aux États-Unis comme l’aliment le plus antivieillissement qui soit.

Vue sur les baies

La mise en avant de ces baies exotiques pose toutefois quelques problèmes. « Il faut être très vigilant sur la qualité des baies de goji qui viennent de Chine, explique le Dr Kurt Hostettmann, professeur de phytochimie dans des universités suisses et chinoises, car on a retrouvé des traces d’insecticides dans de nombreux lots. Quant à la baie d’açaï, le succès est tel que les populations d’Amazonie ne peuvent plus avoir accès à ce fruit, qui était un élément de base de leur alimentation. » Selon le magazine Terra eco, le prix de l’açaï a été multiplié par soixante en moins de dix ans. Pour ces raisons, il semble plus judicieux de se tourner vers les baies cultivées ou ramassées en Europe. Et dont nous sommes loin d’être dépourvus. L’aronia est devenue un vrai phénomène de mode en Suisse (lire en page 3). Mais nous pouvons aussi miser sur le fruit de l’argousier, champion de la vitamine C et riche en antioxydants. Sous forme de jus ou de sirop, ses cures sont particulièrement utiles en cas de fatigue et de stress mais aussi comme anticancer (côlon et foie) et protecteur cardiovasculaire : il fait baisser les taux de glucose et de lipides dans le sang, réduirait l’hypertension et préviendrait AVC et embolies pulmonaires. Nous pouvons aussi compter sur la myrtille qui remporte la palme des fruits antioxydants occidentaux (suivies par le cassis et la fraise). Leurs propriétés sont connues depuis longtemps : « Les Amérindiens lui vouaient un véritable culte, explique le Dr Béliveau, chercheur en cancérologie, la croyant envoyée des dieux pour sauver leurs familles de la famine. » À cette époque la myrtille était aussi un médicament et soignait aussi bien la diarrhée que le scorbut. Plus tard on a compris qu’elle recélait bien d’autres secrets et pouvait traiter les troubles de la circulation tout comme les troubles oculaires. Depuis, le petit fruit n’a cessé d’intéresser les scientifiques et on sait aujourd’hui que sa formule magique doit beaucoup aux anthocyanes qu’il contient. L’association de ces tanins antioxydants avec une riche teneur en vitamine C et E et en minéraux explique sans doute les propriétés anticancer et de rajeunissement du cerveau !
 

Le plein de chlorophylle

Dans la catégorie super aliment, on trouve aussi ceux qui nous permettent de faire le plein de chlorophylle ! Selon le Dr Brian Clement, directeur de l’institut Hippocrate, à West Palm Beach en Floride, celle-ci est antibactérienne, elle neutralise les toxines dans le corps, nettoie le sang en améliorant notamment les problèmes de sucre. Plus spécifiquement, intégrez les algues à votre alimentation et colorez vos plats avec de la spiruline. On en trouve aujourd’hui des variétés au goût très doux qui peuvent être ajoutées dans différentes préparations. Celle-ci est facile à utiliser et elle cumule bien d’autres nutriments (lire page 3). Côté verdure, vous pouvez aussi tenter la cure de jus d’herbe (lire p. 3) et profiter des fines saveurs de l’ortie. Aujourd’hui, ses propriétés médicinales sont reconnues et ses composés et principes actifs nombreux : chlorophylle, polyphénols, phytostérols, polysaccharides, acétylcholine, vitamines A, B 9, C et E, magnésium, calcium, phosphore, potassium, zinc, fer et silice. La synergie de ces éléments lui confère des propriétés exceptionnelles : antimicrobienne, dépurative et reminéralisante, soulagement des douleurs articulaires, amélioration des problèmes de diabète, de peau, d’allergie ou lutte contre les troubles urinaires ou de la prostate. Quand simplicité rime avec richesse…


Une pomme chaque jour

Enfin, quand on parle de super aliments, on oublie trop souvent nos bienfaiteurs du quotidien. Prenez la pomme : tout le monde connaît le fameux dicton « Une pomme par jour chasse le médecin pour toujours. » Une croyance populaire étayée depuis par la science : grâce à ses nombreux antioxydants (surtout contenus dans sa peau), le fruit défendu protège notre cœur, limite la tension artérielle en fluidifiant le sang et fait baisser le cholestérol. De récentes études ont mis en évidence son rôle dans la prévention de la maladie d’Alzheimer. Ses composés anti-inflammatoires protègent nos poumons, réduisant l’asthme et les affections respiratoires (en consommant 2 à 5 pommes par semaine), tandis que l’association vitamine C et antioxydants en fait un aliment anticancer en ralentissant la croissance des cellules cancéreuses (pour les cancers du sein, foie, côlon, poumon).

Toujours à notre portée, l’ail était déjà considéré comme médicament par les Égyptiens, qui comptaient dans leur pharmacopée pas moins d’une vingtaine de remèdes à base d’ail ! Le champ de ses propriétés s’élargit alors que les études scientifiques s’accumulent. L’ail est riche en phosphore, manganèse, cuivre, sélénium (un antioxydant rare dans l’alimentation), vitamine C et B6, allicine. Il permet de baisser les taux de triglycérides et de cholestérol dans le sang tout en diminuant la formation de caillots. Utile en cas d’hypertension, de mauvaise circulation, de varices ou d’hémorroïdes, ses actions sur l’immunité et le cancer intéressent aujourd’hui les chercheurs. Un aliment génial mais que l’on ne peut en aucun cas consommer seul… une façon de nous rappeler que, quelle que soit la force de ces super aliments, ils ne nous exonèrent pas de la préparation de repas équilibrés et variés.

Jus d’herbe : misez sur un regain d’énergie

La boisson fétiche du célèbre centre de remise en forme Hippocrate n’a pas un goût des plus agréables… la première fois. Ceux qui l’ont expérimentée vous diront qu’on s’y fait toutefois assez vite en l’allongeant d’eau ou de jus de légumes ! Le jus d’herbes se prépare à partir de jeunes pousses de céréales (blé, orge, épeautre) ou d’alfalfa. Sa forte teneur en chlorophylle lui confère d’importantes vertus antianémiques et oxygénantes. Il contient toutes les vitamines et quasiment tous les minéraux et oligo-éléments existants (sur 102 recensés) dont une concentration de calcium qui rivalise avec celle du lait. La liste de ses bienfaits supposés est longue : reminéralisation, cicatrisation, régularisation de la glycémie, du cholestérol et des triglycérides, alcalinisation, purification du foie, équilibre du système nerveux… Une cure de trois semaines permet une détoxification de l’organisme. Si vous n’avez pas d’extracteur pour le préparer, achetez-le en poudre.

 

Baie d’aronia : la championne des antioxydants

Peu connue en France, la baie d’aronia est désormais cultivée de façon importante en Suisse où elle est très appréciée. Issue d’un petit arbuste résistant au froid, elle fait l’objet de nombreuses recherches et le Dr Kurt Hostettmann, professeur de phytochimie, la met au premier rang des antioxydants car elle contient notamment trois fois plus d’anthocyanes que le cassis. Pour profiter de ses nombreuses vertus – antibactériennes, antivirales, anticancer (sein et côlon), protection du cœur, du foie et des intestins – le médecin helvète conseille d’en planter dans son jardin et de congeler les baies durant l’été pour profiter toute l’année de leurs vertus.

 

Spiruline : Quelques grammes suffisent

L’ingrédient préféré des végétariens ne l’est pas sans raisons : cette algue bleue d’eau douce est l’aliment le plus doté en protéines (de 55 à 70 %) et l’un des mieux pourvus en antioxydants. Sa richesse nutritionnelle hors pair en fait un aliment complet car la spiruline contient presque toutes les vitamines (sauf la viatmine C et la vitamine D) et un éventail complet d’oligo-éléments dont le sélénium et le germanium. Riche en fer, en acides gamma-linoléniques, en provitamine A, en vitamines B1 et B2, elle contient aussi la fameuse vitamine B12 si recherchée par les végétariens. Avec seulement 2 à 3 grammes de spiruline, les besoins quotidiens en fer, en vitamine B12 et A sont couverts sans risque d’excès, ce qui en fait un aliment parfait à intégrer au quotidien pour les femmes enceintes, les adolescents, les personnes âgées, les sportifs.

 

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