• Phytothérapie : le citron

Tout est bon dans le citron

Son acidité est porteuse de nombreux avantages pour notre santé. Et si le jus du citron, doté de nombreux nutriments, est le plus facile à utiliser, on a tort de négliger le zeste ou même la partie blanche aux vertus anti-inflammatoires et anticholestérol.

 

Le citronnier nous vient d’Asie où ses fruits sont utilisés depuis au moins 2 500 ans dans la médecine traditionnelle chinoise pour harmoniser le système digestif. Ce n’est qu’au XIIe siècle qu’il parvient jusqu’à nous et s’impose trois cents ans plus tard en cuisine avec la mode des confitures.

Son acidité fait écho à sa faible teneur en sucre, particulièrement basse pour un fruit. Mais celle-ci fait souvent craindre des brûlures d’estomac. À tort, car comme nous allons le voir, à l’inverse de la plupart des fruits frais de saveur acide, le citron n’acidifie pas l’organisme, bien au contraire, il l’alcalinise. Sa consommation peut être encouragée au moment du petit-déjeuner, des repas et même au goûter. À chaque fois, il facilite la digestion car il stimule la production d’acides digestifs.

Fort de ses nutriments utiles, on y aura aussi recours pour alléger une vinaigrette, apporter une note acidulée à un poulet ou flatter le goût d’un filet de poisson. Mais ce n’est pas suffisant car le citron peut-être aussi considéré comme un véritable médicament. Consommé cru, en jus ou en décoction, il minéralise l’organisme et purifie le sang, est tonique, anti-infectieux et antiseptique, diurétique, mais aussi digestif. Il fait l’objet d’études pour ses facultés à diminuer le risque de maladies dégénératives comme le cancer.

Un goût trompeur

Ce n’est pas toujours le goût de l’aliment qui informe sur ses propriétés. Dans le cas du citron, il s’agit même de son parfait contraire. L’acidité du citron diminue paradoxalement l’acidité du corps. À condition toutefois que le citron ait été récolté à maturité, car la plupart sont cueillis verts, puis mûris artificiellement, ce qui gâche alors cette saveur unique. L’explication tient dans sa forte teneur en acide citrique rapidement dégradée dès l’entrée en bouche et éliminée par les poumons sous forme d’acide carbonique, laissant ses sels minéraux alcalins dans l’organisme. Du potassium notamment, indispensable aux battements du cœur, à la contraction musculaire et au bon fonctionnement du système nerveux. Mais aussi du calcium et du phosphore dans un rapport optimal pour assurer une bonne utilisation du calcium dans l’organisme. Magnésium, fer et fluor sont présents sous une forme utilisable par l’organisme, tout comme le soufre qui développe son intérêt au niveau pulmonaire. En médecine traditionnelle chinoise, le citron est utilisé pour dissiper les mucosités et les toux productives liées à une inflammation des poumons.

On boit le jus à jeun, dilué dans un peu d’eau. Sous cette forme, le citron prévient aussi les calculs rénaux et l’infection urinaire. Cette prise quotidienne d’un demi-citron pressé est aussi réputée pour ses effets dépuratifs, et, par extension, combat les douleurs articulaires, l’arthrite et la goutte. À condition toutefois de ne pas en abuser, cette fonction diurétique pouvant engendrer des carences en éliminant des minéraux. Par ailleurs, le jus de citron est déconseillé à jeun en cas d’ulcère, de gastrite ou de reflux gastro-œsophagien, ainsi qu’aux personnes prenant des médicaments contenant de l’aluminium, qu’il tend à fixer.

Le citron contient de la vitamine C qu’il garde parfaitement protégée dans son milieu acide et sous sa pelure. Mais son intérêt réside surtout dans la synergie de sa composition avec des flavonoïdes – globalement rassemblés sous la dénomination vitamine P –, un grand nombre de vitamines du groupe B et de la vitamine E. Ainsi il protège efficacement des rhumes hivernaux et des infections intestinales, notamment en renforçant le système immunitaire. Boire chaque jour un verre de jus de citron fraîchement pressé et dilué dans l’eau – en cure d’une semaine à quinze jours, ou plus si vous supportez – peut vous aider à bâtir un système immunitaire résistant et à échapper à la gastro-entérite. Si malgré cela vous souffrez d’un mal de gorge ou d’une angine, gargarisez-vous avec le jus d’un demi-citron dilué dans de l’eau chaude auquel vous ajouterez une cuiller de miel. Ses propriétés antiseptiques en font un parfait remède contre l’angine en apaisant la douleur.

Zeste et pelure n’iront plus au compost

Le zeste contient l’essence la plus odorante du fruit – que l’on peut voir perler sur l’écorce lorsqu’on fait éclater les vacuoles – et de nombreux actifs en plus concentrés que dans le jus. Il s’agit de pectines qui possèdent des propriétés hypocholestérolémiantes, mais aussi des citroflavonoïdes qui, par une réaction en chaîne dans l’organisme, renforcent l’étanchéité des vaisseaux capillaires. Ainsi le zeste peut être considéré comme un allié dans la prévention des maladies cardiovasculaires. La seule contrainte est de privilégier son usage dans des plats sans cuisson afin d’en préserver les propriétés.

Enfin, la partie blanche du citron, que l’on voit apparaître après avoir prélevé le zeste et qui est très épaisse dans certaines variétés de citron comme celui de Menton, mérite notre attention. Cette pelure, nommée albédo, permet d’élever le bon cholestérol et de réduire le mauvais. Des études ont démontré son activité anti-inflammatoire et anticancéreuse, mais également une faculté à diminuer la perte osseuse chez la souris. Une consommation élevée de cette partie blanche et spongieuse diminue le risque de maladies vasculaires cérébrales, y compris les accidents vasculaires cérébraux selon une autre étude finlandaise.

Enfin cette peau blanche possède une vertu laxative douce à expérimenter chez les sujets sensibles. On pourra en profiter en concoctant des plats à base de citrons confits en saumure. Sous cette forme, même les pépins qui s’attendrissent et perdent leur amertume sont comestibles ! Or ces derniers sont intéressants pour notre santé, car ils renferment des limonoïdes, justement responsables de leur saveur amère, et de l’obacunone. Ces deux molécules ont récemment démontré des propriétés anti-prolifératrice sur des cellules cancéreuses et sur la régression du nombre de tumeurs de la bouche et du côlon. Un potentiel qui reste néanmoins à exploiter.