Anti-fatigue : 5 plantes qui boostent

C'est la rentrée ! Comment faire, alors que nous sentons notre corps perdre ses dernières traces de bronzage ? Alors que le soleil commence à se cacher derrière d’odieux nuages ? Simplement en tirant de la nature les ressources qui nous font défaut. C’est pourquoi je vous recommande cinq plantes qui vous aideront à tenir le coup, voire à remporter les défis qui vous séparent des tranquillités hivernales.


La rentrée ! Qui n’a jamais senti son cœur tressaillir à la simple évocation de ce mot ?

Curieusement, lorsqu’on est adulte, on n’aime pas beaucoup plus ça, même si l’on a plus la boule au ventre d’autrefois. On sait qu’il ne fera plus chaud bien longtemps, que l’on verra les journées raccourcir à vue d’œil, et bientôt le vent d’octobre chassera les vêtements d’été de nos armoires, les chauffages se remettront à marcher, les cheminées à fumer…

Et pourtant, nous avons le choix. Certes, pas celui de dire à son patron que nous partons aux Caraïbes pour un mois de rab’, mais plutôt celui d’attaquer la rentrée bille en tête, solide comme un roc.

Mais comment faire, alors que nous sentons notre corps perdre ses dernières traces de bronzage ? Alors que le soleil commence à se cacher derrière d’odieux nuages ?

Simplement en tirant de la nature les ressources qui nous font défaut. C’est pourquoi je vous recommande cinq plantes qui vous aideront à tenir le coup, voire à remporter les défis qui vous séparent des tranquillités hivernales.

Ces cinq plantes sont la bacopa, le maté, la rhodiola, le ginkgo biloba et l’éleuthérocoque. Voyons ensemble les pouvoirs de chacune d’entre elles.

 

Le sésame de la concentration

Connue depuis près de 2000 ans par la médecine indienne traditionnelle (ayurvéda), la bacopa, ou hysope d’eau, est une plante qui pousse en bordure des marécages et des mangroves. Son nom traditionnel, brahmi, lui vient du terme de conscience pure, ou brahman, en raison de sa capacité à apaiser l’esprit et à favoriser la méditation – il ne faut toutefois pas la confondre avec le gotu kola, appelé lui aussi brahmi, au nord de l’Inde cette fois.

La bacopa ne fait pas que nous aider à nous concentrer, comme elle le fait en Inde et en Chine depuis des millénaires. Elle favorise aussi la mémoire par un meilleur fonctionnement de nos synapses, intensifie la résistance au stress, combat l’épuisement nerveux, réduit l’anxiété et l’agitation, soulage la dépression et combat l’insomnie.

Chez nos aînés, elle lutte contre Alzheimer. Chez les plus jeunes, elle se révèle utile pour le trouble déficitaire de l’attention, les problèmes d’apprentissage et de comportement, ainsi que l’hyperactivité.

Certes déconseillée aux femmes enceintes ou allaitantes, la bacopa recèle également des vertus curatives notables autres que cérébrales. L’hersaponine qu’elle contient est un sédatif mais aussi un cardiotonique. Utilisée traditionnellement pour résoudre les problèmes gastriques (ballonnements, syndrome du côlon irritable, constipation), notre hysope d’eau est efficace contre les affections respiratoires, la cystite, les douleurs articulaires, l’impuissance, la stérilité, et même les rhumatismes.

 

Mater la torpeur automnale

L’un des remèdes les plus simples pour se stimuler intellectuellement et physiquement, c’est le maté. Il s’agit d’une boisson nationale en Amérique du Sud, où il remplace bien souvent le café, donnant tout autant de punch, sans être aussi toxique pour notre organisme, surtout si vous avez l’habitude de le prendre lyophilisé ou à la machine…

Appelé également thé du Paraguay, ou thé des Jésuites, le maté vert est constitué de feuilles séchées à la chaleur et brisées. Il contient des acides chlorogéniques, des saponosides, des flavonoïdes et des bases puriques, principalement de la caféine, et de la théobromine.

Cette boisson tonique traditionnelle, favorite des Indiens et des missionnaires jésuites, est une infusion diurétique qui, en plus de donner un coup de fouet, soigne les maux de tête, atténue la fatigue physique ou mentale, ainsi que les névralgies. Des médicaments à base de maté sont employés dans certains régimes amincissants.

En Amérique du Sud, la tradition est de le boire toujours très chaud, pratique fortement déconseillée pour ses effets néfastes sur la sphère ORL. Des taux de cancers de la gorge supérieure à la moyenne occidentale auraient ainsi été relevés chez ces populations. Aussi je ne peux que vous conseiller de le laisser un peu refroidir avant de le déguster. Cette plante est toutefois contre-indiquée en cas de nervosisme et d’anémie. On en trouve assez facilement dans le commerce, mais préférez-le bio !

 

Pour déplacer des montagnes

La rhodiola, appelée aussi orpin rose ou rhodiole, est une plante vivace que l’on cueille dans les endroits froids, et par chez nous dans les Alpes et les Pyrénées. Elle est une plante traditionnelle de la médecine russe.

Et pour cause ! La rhodiole améliore l’endurance, accroît la longévité, permet de résister au mal des montagnes (oxygénation du sang), agit sur l’anémie, l’impuissance et les troubles nerveux. Par ailleurs, en Sibérie, on remettait quelques rhizomes aux jeunes mariés pour assurer leur fertilité et favoriser la naissance d’enfants en bonne santé.

Ainsi, pour ses capacités énergisantes et tonifiantes, elle est encore chaudement recommandée aux athlètes et aux personnes âgées.

Son action sur la sérotonine améliore la mémoire et la concentration et permet de stabiliser l’attention et de résister au stress. Psychostimulante, elle permet de parer aux baisses de moral, surtout quand on a l’impression d’être dépassés par les événements.

La rhodiola renforce le système immunitaire en augmentant l’effectif des cellules tueuses, améliore la défense des lymphocytes T, aide à combattre les infections, et protège le foie des toxines. Ses effets antimutagènes, qui retiennent les radicaux libres, ralentissent le vieillissement, aident à prévenir le cancer et la propagation métastatique. C’est ainsi qu’elle est utilisée en soutien des thérapies contre le cancer et diminue le temps de récupération après la chute des globules blancs (leucocytes).

Attention toutefois à ne pas la prendre en même temps que d’autres compléments minéraux, ni d’en faire un usage excessif, faute de quoi des effets inverses surviendront : irritabilité, hypertension, insomnies…

 

L’arbre aux 40 écus d’or

Doit-on encore présenter le ginkgo biloba? Nous avons eu l’occasion d’en détailler les bienfaits dans ces colonnes. Un petit récapitulatif s’impose toutefois en cette rentrée bien chargée.

Espèce d’arbre la plus vieille du monde, le ginkgo est connu depuis près de 5 000 ans par la médecine chinoise. Il s’agit en outre d’un arbre si solide qu’il n’a pas subi les mutations consécutives aux bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki.

Il a fallu attendre le XIXe siècle pour que les Européens s’y intéressent, qu’il s’agisse d’art, à l’instar de Goethe et du mouvement Art Nouveau, ou de médecine. Il garde depuis la réputation de l’arbre aux «quarante écus d’or», puisque c’est le prix faramineux qu’il fut acheté par Pétigny, son importateur en France.

Symbole sacré de longévité, le ginkgo a la réputation de prolonger la vie. Il prévient le cancer grâce à ses propriétés antimutagènes et son action antioxydante sur la rétine et le cerveau n’est pas à négliger.

Très efficace contre les affections pulmonaires, il contient beaucoup de vitamine C, prévient la maladie d’Alzheimer, de même que la dégénérescence maculaire, et sert d’anxiolytique naturel aux personnes âgées.

Surtout, le ginkgo améliore la circulation sanguine et se révèle excellent pour la mémoire et la concentration.

Toutefois, n’oubliez pas que le ginkgo est à proscrire si vous prenez des anticoagulants (dont la warfarine), car c’en est un, et puissant. De même, arrêtez toute cure au moins une semaine avant une opération chirurgicale, pour cicatriser au mieux.

 

La racine des stakhanovistes

L’éleuthérocoque (en grec, « graine libre »), également appelé ginseng de Sibérie, est réputé de longue date dans la médecine chinoise. Cette racine a été mise sur le devant de la scène phytothérapeutique par les Soviétiques dans les années 1950, pour donner du cœur à l’ouvrage aux ouvriers. Son fonctionnement sur l’organisme demeure toutefois mal compris.

Ce cousin du ginseng est un adaptogène, ce qui signifie qu’il donne un tonus capable de résoudre diverses formes de stress, au même titre que la rhodiole.

Stimulant endocrinien et nerveux, l’éleuthérocoque renforce le système immunitaire. Il est en outre anti-inflammatoire, hypolipémiant et antihyperlipémiant. L’ESCOP, autorité phytothérapeutique internationale, le recommande pour lutter contre la fatigue et la faiblesse; la commission E, son équivalent allemand, estime pour sa part qu’une cure de ginseng de Sibérie ne doit pas excéder 3 mois.

Excellent pour les muscles et le squelette, ainsi que pour les systèmes digestif, immunitaire et circulatoire, il est donné aux athlètes, car il accroît l’endurance, accélère la récupération après l’effort, diminue la sensation de fatigue et intensifie la capacité des cellules à éliminer l’acide lactique, causant la douleur musculaire après l’exercice.

En outre, il protège contre les polluants et inhibe la formation des tumeurs.

Pour cette rentrée, l’éleuthérocoque saura vous donner la stimulation intellectuelle nécessaire, car il intensifie la circulation du sang dans les artères vers le cerveau, améliore la mémoire, la concentration, et plus généralement, l’acuité psychologique. On l’utilise également pour le trouble déficitaire de l’attention et la perte de mémoire chez les personnes âgées, ainsi que pour soutenir une fonction surrénale optimale.

 

Une rentrée qui a du punch

Avec ces cinq plantes, votre rentrée ne pourra qu’être lumineuse, je n’en doute pas. Quoi qu’il vous arrive, quoi que vous ayez à affronter, vous savez que la nature est avec vous, et qu’elle ne vous laissera pas abattre.

Aussi, je ne peux m’empêcher de vous donner une petite recette de tisane tonique: mélanger à parts égales le ginkgo, le maté, l’éleuthérocoque ou la rhodiole pour l’obtenir.

Faites bouillir une cuillerée à soupe pour un bol pendant 5 minutes, puis infuser encore 10 minutes. 2 ou 3 bols par jour en dehors des repas, et avant 17 heures, suffiront à vous donner toutes les forces pour attaquer cette rentrée avec panache.