• Phytothérapie: L’élixir Kylon, un digestif monastique

L’élixir Kylon : un digestif monastique

A Belley, dans l’Ain, la distillerie Kario produit toujours le Kylon, inventé en 1905 par le frère Henri-Marie. Boisson digestive, l’élixir a pour secret la noix verte fraîche et une alliance de trente-deux plantes alpines et exotiques.

Les monastères sont, à travers l’Europe, les gardiens d’élixirs à base de plantes et cette tradition appartient à notre patrimoine. C’est à la fin du XIXe siècle qu’Henri Berger-Billon (1839-1925), devenu frère Henri-Marie, retrouve les travaux de ses prédécesseurs et se passionne pour la botanique. Il cueille les plantes des montagnes de Savoie et du Dauphiné et les rassemble dans un herbier qu’il annote d’observations sur les propriétés médicinales de chacune. Avec le souci de trouver la meilleure combinaison pour des  remèdes digestifs et dépuratifs, il multiplie les associations de plantes.

C’est en 1904, qu'il conçoit deux liqueurs, une jaune et une verte, du nom de Stellina. Composées de vingt-quatre plantes pour la première et de douze plantes pour la seconde, ces liqueurs aux propriétés toniques, stomachiques et digestives sont une entrée en matière avant de mettre au point le Kylon, l’année suivante.

Cet élixir aux vertus digestive et détoxiquante est le résultat d’une longue macération de noix vertes fraîches mélangées à trente-deux plantes exotiques et alpines, parmi lesquelles on trouve le clou de girofle, l’orange amère, la menthe poivrée, la cannelle, le thym, la coriandre, la marjolaine, l’anis vert, le tilleul, la racine de chicorée. La composition complète est toujours détenue par les Frères de la Sainte-Famille et tenue secrète. Côté fabrication, rien n’a changé ou presque aujourd’hui.

La distillerie extrait toujours les principes des plantes dans des alambics fonctionnant à la vapeur. Et après six mois de macération vient le temps d’un long vieillissement en foudres de chêne. La seule chose qui ait changé est la création d’une boisson identique sans alcool dans les années 60, nommée Kario Kylon – extrait de noix, en grec – alors que la recette originelle du Kylon affiche une teneur en alcool à 23°. L’alcool était autrefois nécessaire pour stabiliser la recette, alors qu’aujourd’hui la pasteurisation permet d’obtenir une boisson non alcoolisée en préservant la majorité des principes actifs des plantes.

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