La formule n° 83 : un abbé au service des femmes

L’un des premiers thérapeutes à s’être intéressé de près aux problèmes typiquement féminins est, contre toute attente, un homme d’église. C’est en effet à l’abbé Chaupitre que l’on doit la fameuse formule homéopathique n° 83. Composée de Chamomilla (camomille sauvage), Arsenicum album (trioxyde de diarsenic), Nux vomica (noix vomique) et de Sulfur (soufre), elle était préconisée à la fois pour réguler le cycle menstruel et lutter contre les troubles de la ménopause.

L’abbé Chaupitre publia même un livre : « La santé pour toutes les femmes ». Dès le premier chapitre « Ma femme est insupportable, qu’est-ce qu’elle a ? », l’abbé aborde le problème des règles et leurs conséquences sur la santé physique et psychologique des femmes.

Il pointe également du doigt l’ignorance des hommes en la matière, qui serait cause des « coups, querelles, brouilles, séparations, divorces ». Et conclut en affirmant que si Marie-Thérèse d’Autriche et Joséphine avaient été mieux réglées, l’histoire de France en aurait été changée !

Mais l’abbé s’intéresse à d’autres maux et c’est une centaine de formules qu’il mettra au point. Son succès suscite les jalousies, et il est accusé d’exercice illégal de la médecine.

Du 4 juin 1910, date de son premier procès, à sa mort, il sera poursuivi, mais ne baissera jamais les bras. Il n’aura de cesse de dénoncer les abus de la médecine à travers des livres virulents ou des affiches agressives. Condamné pour diffamation, il fera plusieurs séjours en prison.

En 1927, il prend le chemin de l’exil et voyage dans toute l’Europe, avant de s’éteindre en 1934, à Naples. La formule n° 83 a disparu aujourd’hui. Seules les n° 6 contre la migraine et n° 7 contre l’insomnie sont encore distribuées par le laboratoire Arkopharma. Disponibles en pharmacie. 

Cette formule n'est malheureusement pas active pour traiter les douleurs de l'endométriose.