• Phytothérapie

La lavande, un parfum de vacances

 

Vous voulez un avant-goût des vacances ? Et si nous parlions de la Méditerranée ?

Lorsque j’en parle, le premier souvenir qui me vient est celui de l’odeur de la lavande et ces champs à perte de vue d’où elle émane.

Saviez-vous que cette plante typiquement provençale saura distiller dans votre corps les mêmes bienfaits qu’elle communique à votre nez et à vos yeux ? Elle a en effet bien des propriétés, comme le souligne Philippe Gallois, porte-parole de l’Institut des plantes aromatiques (Iteipmai), interviewé dans Plantes & Santé n° 158 p.20.

Ces propriétés, on les retrouve dans un remède célèbre, qu’un officier a ramené du siège de Sébastopol durant la guerre de Crimée. Le baume de Sébastopol guérit autant les problèmes de peau (psoriasis, eczéma) que les douleurs articulaires, l’asthme ou la sinusite. À ce titre, une collègue y a consacré un article que je vous recommande.

Mais êtes-vous prêts à anticiper vos vacances pour quelques minutes ?

En fait, il existe trois sortes de lavande dont les propriétés médicinales sont très voisines : la lavande officinale, la grande lavande et la lavande dentelée (aussi appelée queirelet en Provence). Les lavandins sont des hybrides obtenus par le croisement de la lavande vraie et de la grande lavande. Aujourd’hui, nous allons découvrir ensemble les vertus de la lavande officinale.

Une lessive pour le corps et l’âme

Si la lavande porte ce nom, c’est justement parce que les Romains s’en servaient lorsqu’ils se lavaient, afin de parfumer leurs bains. Aujourd’hui, on l’utilise encore comme parfum et comme antimite, mais ses propriétés médicinales sont connues depuis l’Antiquité.

Plus tard, au Moyen Âge, elle servait à assurer la propreté des maisons et des églises, mais aussi à éloigner la peste. Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179) la préconisait en tant que cicatrisant, particulièrement pour soigner les plaies à l’arme blanche, nombreuses en ce temps, et les brûlures.

Également efficace contre les lésions et les ulcères, la lavande est toujours utilisée aujourd’hui pour soigner les plaies, les piqûres de moustique et les morsures de vipère, dont elle freinerait la diffusion du venin si l’on applique sur la blessure le suc de la plante. Du moins, c’est ce qu’en disent les chasseurs, qui soigneraient encore leurs chiens avec.

Tout le secret de la lavande réside d’ailleurs dans son essence aromatique, particulièrement riche en acétate de linalyle et en linalol.

Stabilisatrice de vos humeurs

La lavande a de nombreuses vertus : elle purifie l’haleine, est antiseptique et à la fois relaxante et stimulante.

De fait, ses capacités antispasmodiques facilitent la digestion, combattent les coliques, les ballonnements et les flatulences – mais aussi la toux, l’asthme, la coqueluche et la grippe. La lavande fait aussi un excellent antiseptique pour les bronches.

Elle est également bonne pour l’humeur. En effet, les tisanes de fleurs sèches et les teintures peuvent réduire l’anxiété, l’agitation, l’insomnie et la dépression. Elle est ainsi renommée comme plante « céphalique » (ayant trait au cerveau) car elle combat les migraines, maux de tête et vertiges, ce qui la rend plus utile encore dans les grippes, en plus de combattre la fièvre.

À dose élevée, elle est tonique et cordiale (bonne pour le cœur), préconisée pour stimuler l’organisme en cas d’inflammation des ganglions due à la tuberculose, d’anémie suite à une carence en fer et de pertes blanches.

L’huile essentielle de lavande est un très puissant antiseptique et antifongique. Elle agit comme tel sur les peaux irritées, les démangeaisons accompagnées de rougeurs, l’acné, l’eczéma, les ulcères variqueux, l’érythème fessier du bébé. Elle tue le bacille de Koch, le streptocoque, le pneumocoque, même à dose infime.

Tonique pour les cheveux, elle combat l’alopécie. Mais elle peut également se révéler douce et apaisante contre le prurit, tout comme pour les douleurs dues aux contusions, aux entorses, à la goutte, à l’arthrite et aux tensions musculaires.

Toutefois, cette grande stabilisatrice peut, appliquée sous forme d’huile essentielle, être stupéfiante à très forte dose, et conduire jusqu’à l’hypothermie. Il faut en éviter l’ingestion. La peau ne lui est pas infiniment tolérante non plus, et elle peut causer des irritations, de la toxicité, et accroître la photosensibilité dermique. Enfin, il ne faut pas l’associer avec des sédatifs.

Comment l’utiliser?

Il m’est arrivé de trouver à l’hôtel, dans le Sud, un sachet de lavande placé sous l’oreiller. Cette pratique a la réputation de calmer les migraines et de procurer un sommeil réparateur. D’ailleurs la lavande est un ingrédient classique des préparations sédatives à base de plantes. J’ai trouvé celle-ci très efficace.

Si elle aromatise les plats, surtout les desserts et les sirops, la lavande prodigue ses capacités médicinales de multiples façons : en bain, en infusion ou en teinture. Pour l’huile essentielle, le mieux est encore d’en parler à son aromathérapeute.

Pour vous préparer une infusion, plongez 15 à 30 g de fleurs par litre et faites infuser 10 minutes. Buvez 3 ou 4 bols par jour en dehors des repas et vous ressentirez ses effets bénéfiques.

Pour le bain, qui a la réputation de soigner les douleurs dues à la grossesse ou aux articulations, faites bouillir 50 g par litre pendant 10 minutes, puis laissez infuser encore 10 minutes, et enfin ajoutez à l’eau du bain.

Vous pouvez également vous concocter votre propre teinture alcoolique. À ce titre, faites macérer 100 g de fleurs pendant un mois dans 500 g d’alcool. Cette teinture sert à de multiples usages : en frictions contre les bronchites et les névralgies ; pour désinfecter les plaies et les blessures ; pour dissiper la migraine ; comme antispasmodique, sur un morceau de sucre ; contre le hoquet et les spasmes d’estomac, comme dentifrice antiseptique… Et même comme eau de toilette ! Lorsque je suis en voyage, je me rabats sur le baume à la lavande

J’espère que cette brève immersion dans le Sud vous aura donné un avant-goût de vos vacances bien méritées !

 

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