• Parades anti-froid

Parades anti-froid

Pendant la saison froide, la vie moderne, sans parler des fêtes de fin d’année, ne nous invite pas à ralentir notre rythme de vie, ce dont notre corps aurait pourtant besoin. Mais si la nature nous impose sa rudesse, elle nous offre aussi les moyens de nous renforcer. Recettes simples, bons gestes et astuces : suivez le guide pour glisser voluptueusement au travers des frimas.


Certains peuples sont adaptés au froid : les Inuits, en l’occurrence, ont des caractères physiques – corps trapus, pieds et mains plus petits – et une circulation sanguine qui les aident à limiter les déperditions de chaleur. Pour nous, chaque année, c’est le même scénario : la chute des températures survient et nous devons nous y habituer, à nouveau. Le premier réflexe est bien sûr de se couvrir, mais savons-nous au juste comment ? Comme le rappelle l’explorateur Jean-Louis Étienne, familier du Pôle Nord, l’homme doit conserver une température interne proche de 37 °C au niveau de ses organes vitaux pour survivre, alors que les membres peuvent supporter un excès de froid. Pour cela, il faut s’habiller selon le principe des pelures d’oignon, méthode qui consiste à superposer plusieurs vêtements qui enferment l’air réchauffé par le corps, assurant ainsi une bonne isolation. Une première couche, celle près du corps, a pour rôle d’absorber et d’évacuer l’humidité produite par la transpiration, ce qui permet de rester au sec. La deuxième couche sert d’isolant, retenant la chaleur du corps tout en transférant l’humidité provenant de la première. La laine est idéale, à la fois isolante et respirante. La troisième doit servir de « coquille » contre le froid, l’humidité et le vent. Selon votre activité, portez deux minces couches isolantes, car vous pouvez ôter l’une d’elle sans avoir besoin d’enlever la coquille. Et n’oubliez pas l’essentiel : le couvre-chef ! 20 % de notre chaleur corporelle s’échappe en effet par la tête si elle est nue.

Mais l’on a beau se couvrir, l’air que nous respirons reste froid. Rentrant en contact avec le nez, la gorge et les poumons, il irrite les voies respiratoires et provoque un refroidissement interne qui fragilise l’organisme. Ce phénomène fait le lit de la prolifération des microbes et des virus si l’on n’est pas en état de se défendre. D’où l’expression « prendre froid ». Une personne enrhumée ou grippée est donc invitée à rester au chaud. L’organisme déjà en lutte contre l’infection ne doit pas être soumis aux rigueurs du climat. Il doit au contraire être soutenu par ce que la nature offre de meilleur- : les agrumes, notamment le citron, qui arrivent à maturité en cette saison, mais aussi les épices, réchauffantes, et les huiles essentielles aux vertus antimicrobiennes. Dans un souci de bien-être global, prenons aussi le temps de préparer nous-mêmes des cosmétiques 100 % naturels et (vraiment) adaptés à notre peau : c’est ce que propose la slow cosmétique, une nouvelle tendance qui prône une consommation écologique et éthique des produits de beauté. Nous voilà prêts à sortir de notre nid douillet ! Notons qu’il est important d’affronter régulièrement le froid en hiver afin de permettre à notre organisme de s’adapter aux différences de température entre l’intérieur et l’extérieur. Les personnes qui restent enfermées toute la saison froide sont paradoxalement plus souvent malades.

Pour le Dr Jean-Christophe Charrié, le must des huiles essentielles pour l’hiver est le ravintsara (Cinnamomum camphora). Puissant stimulant de l’immunité et très efficace dans la lutte contre les virus, elle décongestionne les fosses nasales. L’inhalation de ses substances aromatiques, sur un mouchoir ou sur son oreiller, protège les muqueuses respiratoires hautes. Son parfum suave est un vrai enchantement !
Pour les enfants, préférez la lavande officinale.

Souvent, l’air froid au contact des voies respiratoire provoque un écoulement nasal, une réaction naturelle des muqueuses pour se protéger. Ce phénomène a plusieurs vertus : il humidifie l’air respiré et facilite l’évacuation d’éventuels microbes. Inesthétique, mais utile ! Pour accompagner nos muqueuses, il est recommandé en hiver de limiter le chauffage qui assèche les voies respiratoires. On peut s’équiper d’un humidificateur ou tout simplement faire sécher son linge dans les pièces à vivre.

Si vous souffrez de mains ou de pieds froids, préparez cette macération à chaud avec laquelle vous masserez vos extrémités plusieurs fois par jour. Elle soulage aussi les douleurs articulaires.

Ingrédients

 2 tasses d’huile de sésame   tasse de gingembre frais râpé  1 c. à soupe de clous de girofle broyés  1 c. à café de piment de Cayenne moulu  10 gouttes de vitamine E

Mode d’emploi

1. Versez l’huile de sésame dans une casserole puis ajoutez le gingembre, les clous de girofle et le piment. Remuez bien. Le mélange devient épais. 2. Faites chauffer à feu très doux, pendant 6 heures. 3. Remuez toutes les 30 minutes. 4. Retirez la casserole, laissez refroidir 15 minutes, puis filtrez l’huile avec un filtre à café. 5. Pressez pour extraire un maximum d’huile. 6. Ajoutez la vitamine E et remuez bien. 7. Versez la préparation dans un pot et conservez-le à l’abri de la lumière.

Une balance de précision est nécessaire à la réalisation de cette recette de baume à lèvres.

Ingrédients

 3 g de beurre de karité  3 g d’huile de jojoba  1,7 g de cire d’abeille  1 g d’huile de ricin  1 g de miel liquide (par exemple un miel de garrigue, très odorant)  0,1 g de propolis  2 gouttes d’huile essentielle de géranium rosat  2 gouttes de vitamine E

Mode d’emploi

1. Dans un bol inox désinfecté, faites fondre au bain-marie le beurre de karité et la cire d’abeille.

2. Sortez le bol du bain-marie et ajoutez les huiles de jojoba et de ricin. Mélangez bien. 3. Ajoutez le miel, la propolis, le géranium rosat et la vitamine E. Si le mélange fige, n’hésitez pas à remettre rapidement au bain-marie.
4. Coulez la préparation en pots.

Recette de la blogueuse Mélanie Vert-Citron, www.vert-citron.fr

Ingrédients

 1 citron coupé en deux
 1 bâton de cannelle

Mode d’emploi

1. Faites bouillir 10 minutes dans 1 tasse d’eau. 2. Écrasez à la fourchette le citron dans l’eau de cuisson. 3. Filtrez et buvez le plus chaud possible dès que vous sentez les premiers symptômes d’un refroidissement.

NB : Si vous n’êtes pas à la maison, faites une halte dans le premier café sur votre chemin et demandez un simple jus de citron dans de l’eau chaude avec de la cannelle en poudre pouvant faire l’affaire. Si vous avez un peu de fièvre, ajoutez 3 clous de girofles et une pincée de thym. Le citron chaud est également excellent en cas de crise de foie.

L’aigremoine doit retrouver sa place dans notre pharmacie hivernale. En effet, c’est un puissant antiviral et antidiarrhéique, qui cicatrise les muqueuses, lutte contre les spasmes digestifs et régule les sécrétions du foie et du pancréas. En prévention de la gastro-entérite, préparez une tisane à boire chaque jour. Elle soutient aussi les défenses de l’organisme. En cas de grippe, elle régule la fièvre. Quant à la ronce : c’est un puissant anti-inflammatoire de toute la sphère ORL. Elle a une action anti-infectieuse et astringente sur la gorge ce qui limite les écoulements du fond de la gorge qui entretiennent la douleur.

Lorsque la végétation marque une pause, on peut encore y dénicher quelques trésors, à condition de s’équiper d’une bonne pioche.

Dans les jardins, la grande bardane (Lappa major) ne passe pas inaperçue avec ses très grandes feuilles ovales et couvertes d’un duvet blanchâtre en dessous. Elle forme une longue racine en pivot qui se récolte de l’automne au début du printemps. C’est depuis l’Antiquité un remède réputé contre les dermatoses (acné, eczéma…), à prendre sous forme de tisane (décoction), mais elle peut aussi servir à soulager les articulations douloureuses, écrasée et appliquée en cataplasme.

En forêt, le polypode commun (Polypodium vulgare), aussi appelé réglisse des bois, est une fougère dont les frondes prennent naissance de façon isolée le long d’un rhizome rampant, assez épais, couvert d’écailles rousses. Un morceau de sa tige souterraine fraîche permet de soulager une gorge douloureuse ; il suffit pour cela de sucer lentement pour exprimer le suc, doux et amer à la fois.

Sur les sols riches et humides, la consoude (Symphytum officinale) se reconnaît à ses longues feuilles ovales et rêches au toucher, disposées en touffes épaisses. Les anciens herboristes recommandaient de ramasser sa racine entre Noël et 1er février ; la « plante qui soude » entre dans la préparation d’un must des remèdes populaires,
le baume de consoude, qui soigne tous types de coups et de blessures.