• Rooibos, le thé des calmes … et des bien portants !

Rooibos, le thé des calmes … et des bien portants !

Les plus réactifs d’entre vous me feront peut-être remarquer qu’il y a une erreur dans le titre ! Il est vrai que celui qu’on nomme couramment thé rouge n’a en réalité aucun lien de parenté avec le thé. Les deux plantes n’ont pas grand-chose en commun non plus au niveau de leurs parcours. Si le thé est consommé depuis plusieurs millénaires et sur presque tous les continents, le rooibos (Aspalathus linearis) n’a commencé à être diffusé dans les pays occidentaux qu’au milieu des années quatre-vingt-dix. Mais depuis, quel succès !


Un dur à cuire

Le rooibos ‒ comme red bush ‒ est un cousin de l’acacia, et ne connaît qu’un seul berceau : la zone occidentale du Cap, en Afrique du Sud, où s’étend une sorte de garrigue dénommée fynbos (qui signifie « buisson fin » en langage afrikaans). D’un climat quasi méditerranéen, cet écosystème est soumis à une pluviométrie relativement abondante durant l’hiver austral, mais aussi à un temps chaud et sec du printemps à l’automne. Il en résulte des écarts de température allant de 0°C l’hiver à plus de 40°C l’été.

D’où l’obligation pour notre rooibos de trouver des stratégies afin de s’adapter à ces rigueurs climatiques. Ce qu’il a fait en déployant un feuillage ‒ il serait plus juste de parler d’aiguilles ‒ réduit à sa plus simple expression, ainsi qu’un système racinaire profond et étendu. Mais aussi en produisant une concentration élevée d’antioxydants qui lui permettent de mieux résister aux éléments naturels. La plante est d’ailleurs à ce point en affinité avec son milieu d’origine que toutes les tentatives de mise en culture en d’autres lieux se sont révélées infructueuses.

La fin de l’apartheid lui ouvre le monde

Les populations indigènes des montagnes situées au nord de la ville du Cap assurent consommer l’infusion des parties aériennes du rooibos depuis plusieurs générations. Mais, n’ayant pas de patrimoine écrit, il n’existe pas de trace au sein de ces populations d’un historique quelconque. Cependant, on estime que la consommation traditionnelle de thé de rooibos serait vieille d’au moins trois siècles.

La culture de la plante à des fins commerciales débute dans les années trente, et la production est presque entièrement absorbée par le seul marché national. À partir de 1954, un organisme d’État (le Rooibos Tea Control Board) centralise l’achat des récoltes auprès des producteurs et régule les prix jusqu’en 1993, année qui marque la fin de l’apartheid et le démantèlement du protectorat étatique sur les productions agricoles.

Les volumes de production connaissent dès lors une croissance exponentielle, jusqu’à leur pic en 2008 avec plus de 20 000 tonnes, dont un bon quart restera invendu, ce qui aura un effet désastreux sur le cours. Depuis, la production est revenue à un niveau relativement stable de 12 000 tonnes annuelles, qui répondent péniblement à la demande mondiale tirée par l’exportation vers l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et le Japon, et plus récemment vers les États-Unis et la Corée du Sud.

Malheureusement, des conditions de sécheresse particulièrement dures touchent le fynbos ces dernières années et pourraient bien induire une pénurie accrue et une envolée des cours sur les prochaines récoltes.

Des attraits croissants

Le rooibos est en quelque sorte victime de son succès. Plus de la moitié du rooibos sud-africain part à l'export, car le produit est de plus en plus prisé pour ses vertus sur la santé : sans théine ni caféine, peu pourvu en tanins (ce sont eux qui sont responsables de ce goût amer de certains thés) mais riche d’une variété inhabituelle d’antioxydants. En plus, parallèlement aux seules tisanes, d’autres gammes de produits à base de rooibos se développent, telles que des cocktails, des glaces et même des cosmétiques.

On ne sait pas avec certitude si les populations indigènes d’Afrique du Sud utilisaient l’infusion de rooibos à des fins médicinales. En revanche, une pionnière Sud-africaine du nom d’Annetjie Theron s’est rendue célèbre en 1968 pour s’être servie du rooibos afin de soulager les coliques de son bébé. Poursuivant ses investigations, elle a publié deux ans plus tard un livre (« Allergies: An Amazing Discovery ») portant notamment sur les effets bénéfiques de l’infusion pour traiter les allergies cutanées. Passionnée par la plante, elle en a même breveté un extrait, utilisé encore de nos jours dans l’élaboration de produits cosmétiques et de santé.

Le rooibos destiné à l’infusion est traditionnellement fermenté, d’où sa couleur rougeâtre et son goût légèrement sucré et vanillé. Dommage, ce processus de fermentation lui fait perdre une partie de son potentiel antioxydant. Et comme cet aspect est devenu une véritable mode ‒ mais peut-être aussi pour mieux concurrencer son rival désigné sur ce terrain, le thé vert ‒, on peut maintenant trouver du rooibos séché non fermenté, dénommé rooibos vert.

Une variété d’antioxydants sans pareil

Si le thé vert est connu à juste titre pour sa teneur élevée en antioxydants, le rooibos compense une concentration totale moins élevée (130 à 200 mg pour le premier contre 60 à 80 mg pour le second) par une diversité de molécules supérieure. Et un raffinement supplémentaire, celui d’en renfermer un dont il détient la parfaite exclusivité : l’aspalathine, un polyphénol qui n’a jusqu’ici été retrouvé dans aucun autre végétal.

On a dénombré actuellement onze polyphénols différents dans le rooibos, tous pourvus de propriétés antioxydantes. Parmi eux, on retrouve de vieilles connaissances comme la quercétine et la lutéoline, communs dans la plupart des fruits et des légumes, dont on a mis en évidence les aptitudes à prévenir le cancer du côlon et du pancréas, par exemple. Mais il reste encore beaucoup à découvrir, puisque ces onze polyphénols ne représentent que 20% de l’ensemble des antioxydants du rooibos.

Relaxant et sans effets secondaires

L’avantage avec le rooibos, c’est qu’en plus d’être agréable à boire, c’est une infusion qui est naturellement légèrement sucrée, ce qui permet de réduire l’ajout de sucre. Le fait qu’il soit également pauvre en tanins élimine le risque que l’infusion présente cette amertume rebutante de certains thés dès lors qu’ils ont été infusés ne serait-ce que quelques minutes de trop. Enfin, étant quasiment indemne de théine et de caféine, on peut en boire autant qu’on veut, sans craindre l’overdose.

D’ailleurs, il n’y a que des bénéfices à boire jusqu’à six tasses par jour de rooibos, ce qui est loin d’être le cas avec le thé, et a fortiori avec le café. Différentes études semblent plaider pour son aptitude à réduire le stress oxydatif au niveau cellulaire, donc à ralentir le vieillissement, ainsi qu’à favoriser la baisse de la tension artérielle. Ces deux aspects en font donc un bon outil de prévention face aux maladies cardiovasculaires.

Mais le rooibos va encore plus loin : une étude, réalisée auprès d’une quarantaine de personnes présentant un risque cardiovasculaire, a permis de mesurer l’efficacité d’un extrait de rooibos (six tasses par jour pendant six semaines) pour rééquilibrer la balance des taux sanguins de cholestérol : les taux de polyphénols sanguins augmentent après la consommation de rooibos et s’accompagnent d’une diminution des taux de LDL-cholestérol (considéré comme le mauvais cholestérol) et de triglycérides, tandis que les taux de HDL-cholestérol (considéré comme le bon cholestérol) augmentent significativement.

Il soulage les troubles digestifs et cutanés

Selon une autre étude menée par une équipe de chercheurs pakistanais, canadiens et allemands («Basic & Clinical Pharmacology & Toxicology», 2006), les flavonoïdes présents en grandes quantités dans les feuilles en forme d’aiguilles du rooibos ont un effet apaisant sur le système digestif. L’expérience empirique de millions d’utilisatrices (suite aux publications d’Annetjie Theron) confirme que l’infusion est efficace pour calmer les troubles intestinaux comme les spasmes, les aigreurs et surtout les diarrhées et autres coliques.  

Cette boisson permettrait également de venir à bout d’irritations cutanées de type eczéma, dermatite, érythème fessier des tout-petits ou encore certaines allergies. On suppose que c’est l’action antibactérienne et réparatrice du zinc ‒ dont le rooibos est très bien pourvu ‒ qui serait l’heureux responsable de ces vertus.  Il est admis que d’en boire trois tasses par jour suffit pour bénéficier de ces bienfaits, qu’il est possible de renforcer par application externe de l’infusion directement sur la zone lésée.

Foie, asthme et cancers

Il semblerait que cette plante ait aussi la faculté d’augmenter la production de cytochromes P450. Kesako ? Il s’agit d’assemblages complexes d’enzymes, qui interviennent essentiellement dans les processus métaboliques au niveau du foie. Ils facilitent en particulier le métabolisme des médicaments et autres molécules de synthèse, et leur évacuation par les voies naturelles. Une augmentation de la production de ces cytochromes induit une meilleure protection des cellules du foie, mais aussi une moindre nuisance de la part de ces molécules dans l’organisme. Les réactions allergiques et autres effets secondaires (dont l’asthme) sont atténués.

De nouvelles recherches sur le potentiel anticancéreux du rooibos suggèrent qu’il est aussi capable de prévenir les mutations de l’ADN et les malformations cellulaires induites par des agents pathogènes, des produits chimiques ou des rayons X. Des essais in vitro ont permis d’observer que la consommation régulière de rooibos induisait une augmentation de la production de glutathion, reconnu aujourd’hui pour être le plus important des antioxydants.

Energie, satiété et stockage des lipides

Si on connaît depuis longtemps les propriétés du thé vert et de ses catéchines sur le « brûlage » des graisses, on a découvert depuis peu l’intérêt du thé rouge sur la perte de poids. Celui-ci fonctionne d’une manière différente. Une récente recherche (1) utilisant du rooibos solubilisé a montré son action sur les adipocytes, ces cellules spécialisées dans le stockage des graisses dans le corps. La plante inhibe l’accumulation intracellulaire de lipides (la transformation de triglycérides en acides gras stockés) et ralentit donc la création de nouveaux adipocytes, tout en entraînant une concentration cellulaire accrue d’ATP, le grand fournisseur d’énergie des cellules. En outre, la recherche montre que l’exposition des adipocytes aux polyphénols du rooibos entraîne une moindre sécrétion de leptine, cette « hormone de la faim » qui contrôle notre sentiment de satiété et influe sur nos dépenses énergétiques. Or, en vieillissant ou en prenant du poids, il semble que nos cellules deviennent peu à peu plus résistantes à la leptine (un processus similaire à l’insulinorésistance pour la gestion des sucres), ce qui pourrait expliquer pourquoi on a plus de mal à perdre du poids en prenant de l’âge. Dans ce contexte, la consommation régulière de rooibos pourrait s’avérer être un atout intéressant pour gérer et contrôler son poids.

Et ce n’est probablement pas fini…

Il y aurait encore beaucoup à dire sur cette plante aux multiples talents. Encore faut-il en trouver une forme commerciale qui préserve ses qualités et vous donne réellement accès à tout son potentiel. Nous faisons confiance à ce produit, qui vous propose une fine mouture des feuilles entières présentant des indices ORAC et Bovis particulièrement élevés, garants d’un pouvoir antioxydant à la hauteur de vos espérances. C’est aussi une présentation permettant de multiplier les façons et les plaisirs de le consommer, avec beaucoup de facilité. Et pour une fois, sans modération !

 

(1) « Effects of fermented rooibos (Aspalathus linearis) on adipocyte differentiation », Phytomédedicine, janvier 2014.