• rhinite allergique

4 plantes contre la rhinite allergique

Plus connue sous le nom de rhume des foins, la rhinite allergique revient en force avec le printemps et les pollens qui le caractérisent. Si vous faites partie des quelque 20 % de Français à être sujets à ce genre d’allergies saisonnières, lisez ce qui suit, vous trouverez sûrement de quoi soulager ou soigner votre rhume printanier grâce à l’une des 4 plantes indiquées.


C’est un fait, le rhume des foins touche un nombre toujours croissant de personnes. Près d’un quart de la population française en est atteinte, à des degrés divers, lors de la période de reproduction des plantes.

Si le rhume des foins, autrement appelé rhinite allergique, n’est pas une maladie grave, des réactions plus violentes peuvent conduire à de l’asthme ou à un œdème de Quincke (gonflement de la peau du visage et des voies respiratoires).

Les allergies sont devenues l’un des principaux problèmes de santé de ces trois dernières décennies, et parmi elles, la rhinite allergique n’est pas à prendre à la légère. C’est pourquoi je vous propose quatre plantes pour la traiter, et aussi une petite recette qui les emploie. Ainsi vous serez parés au mieux, dès l’apparition des premiers symptômes.

Rhinite allergique, une véritable épidémie

Tout est une question de tolérance. L’allergie est une réaction excessive de notre système immunitaire qui, régulièrement sollicité par une molécule en particulier présente dans la nourriture ou dans l’air, finit par l’identifier comme un poison. Du coup, chaque fois que vous y êtes exposé, il réagit de façon un peu trop radicale, enclenchant un système de défense que l’on identifie à la maladie. C’est d’autant plus vrai si vous n’y avez pas été exposé dans l’enfance. 

Certes, notre corps ne devrait pas se mettre dans des états pareils, mais l’aggravation des allergies au point où elles sont devenues épidémiques montre que c’est moins notre organisme qui est en question que notre environnement.

L’alimentation industrielle et la pollution sont mauvaises pour notre santé, et notre dérèglement immunitaire n’est en fait qu’un symptôme de nos mauvaises conditions de vie. Une alarme ne se dérègle pas parce qu’elle ne se déclenche jamais, mais au contraire, parce qu’elle est trop souvent sollicitée.

Mais comment expliquer, alors que nous vivons avec des plantes depuis nos origines, que nous supportions de moins en moins leur fréquentation ?

Le rhume des foins en question

La rhinite allergique, ou rhume des foins, a encore un autre petit nom charmant : la pollinose. Les responsables de cette autre dénomination sont les molécules présentes dans les grains de pollen, d’où résultent les rhinites, les conjonctivites, la toux, l’asthme, l’eczéma et l’urticaire.

En ce moment, c’est la saison du bouleau, pourtant idéal pour la détoxification. Celui-ci rend spécifiquement allergique au nord de la France ; dans le sud, c’est plutôt le cyprès ; et dans la vallée du Rhône, l’ambroisie, devenue un problème national.

En fait, dès que ces plantes se reproduisent, les graminées s’envolent, et nos systèmes respiratoires déchantent. Les aérobiologistes parlent de pollution verte.

Le rhume des foins est devenu désormais une question de santé publique. La raison n’est pas unique, et c’est tout un faisceau de causes qu’il faut interroger.

Les cinq principales causes de l’épidémie

  1. D’abord l’hygiène, meilleure aujourd’hui qu’autrefois. Ceux d’entre nous qui ont souffert d’infections respiratoires au cours de la prime enfance sont moins sujets à l’asthme et à l’allergie par exemple. Il se peut qu’une stimulation précoce du système immunitaire joue un rôle de prévention des maladies allergiques. Si les enfants élevés à la campagne montrent moins d’allergies à l’âge adulte, ce n’est probablement pas un hasard !

D’ailleurs, beaucoup d’allergies sont réversibles. Présentes chez l’enfant, elles peuvent s’atténuer à l’adolescence, voire disparaître à l’âge adulte. C’est le cas des rhinites et des allergies cutanées. Les intolérances alimentaires, malheureusement, régressent rarement.

  1. Ensuite, la main de l’homme. Les terres en friche et les terrains vagues à l’orée des villes favorisent la prolifération des graminées responsables du rhume des foins. La présence d’autres espèces très allergisantes, comme l’olivier ou le cyprès, accroît aussi le risque. 
  1. La pollution atmosphérique joue également un rôle notable. Les moteurs diesel, favorisés un temps par l’État pour leur moindre consommation de carburant, ont largement augmenté la présence de particules fines dans l’atmosphère. La pollution à l’ozone, également due au trafic routier, mais aussi à l’agriculture industrielle, n’y est pas non plus pour rien.

Normalement, le mucus nasal sert à protéger nos voies respiratoires. Et lorsque nous avons envie de nous moucher, c’est que notre muqueuse nasale nous prévient que nous ne devrions pas respirer certains éléments nocifs. Mais lorsque notre environnement est rempli de particules et de fumées, l’alarme est déréglée et laisse passer les pollens, qui dérèglent à leur tour notre système immunitaire. Ce problème ne concerne pas que les grandes agglomérations, puisqu’on constate que les pollinoses sont plus fréquentes dans les zones situées autour des axes routiers.

  1. L’augmentation du CO² dans l’air, due à la pollution globale, entraîne une production accrue de pollen par certaines plantes, parmi lesquelles l’ambroisie, dont les quantités de pollen ont doublé en quinze ans. Pour préserver son avenir, la plante produit une plus grande quantité de pollen, dont les molécules, des protéines de stress, sont allergisantes.
  1. Enfin, les changements climatiques qui entraînent des floraisons plus précoces et des saisons moins marquées, avec les changements de calendrier pollinique qui en résultent.

Heureusement, la nature est toujours pleine de ressources ! Voici les quatre plantes qui calmeront vos crises et éloigneront votre rhume des foins de vos préoccupations quotidiennes.

Le plantain : cicatrisant du système respiratoire

La plante la plus recommandée contre les allergies est sans aucun doute le plantain. On en trouve absolument partout et chaque variété est bonne pour la santé. Ses feuilles sont larges, ses fleurs allongées. Vous en avez déjà vu, elle est très facile à reconnaître.

Jusqu’au début du XXe siècle, le plantain était considéré comme une plante médicinale de grande importance, dont Shakespeare parle à plusieurs reprises, car il est astringent et hémostatique, idéal pour la cicatrisation des plaies que ses héros ne manquaient pas de se faire.

Puis, certainement parce qu’il n’était pas assez noble (entendez : parce qu’il ne devait pas rapporter assez), il a été injustement oublié.

Riche en vitamines A et B, le plantain contient de l’apigénine et d’autres précieuses substances anti-inflammatoires, antiallergiques et bronchodilatatrices. En outre, il est antiseptique et expectorant.

Pour vous fabriquer une décoction, mettez 10 à 20 g de plante entière, feuilles, fleurs, et même les racines, dans un litre d’eau froide et laissez bouillir 10 minutes. Vous pouvez en prendre plusieurs tasses dans la journée.

Desmodium : aussi exotique qu’éprouvé

Le Desmodium adscendens est une plante africaine rapportée dans les années 1970 par le docteur Pierre Tubéry. Elle est surtout connue pour être excellente à traiter les troubles hépatiques, ce pourquoi elle est réputée au Cameroun, où les guérisseurs en ont longtemps fait un usage régulier. Aujourd’hui, l’association Solidarité pour le soutien aux malades fondée par le Dr Tubéry et Jacqueline Ragot fait un formidable travail local de valorisation de cette plante polyvalente. Si vous êtes abonnés à notre magazine, vous avez d’ailleurs pu découvrir chaque mois depuis janvier leur travail en Afrique et à Madagascar.

Le nettoyage du foie est une première étape importante car un des dénominateurs communs aux terrains allergiques est une forme plus ou moins importante d’insuffisance hépatique. Une cure de trois semaines de desmodium, que l’on peut répéter après une semaine de pause, permet ainsi de soulager par exemple l’asthme allergique et l’eczéma.

Pour une décoction, placez 1 litre d’eau froide pour 8 à 10 g de plante sèche par jour, portez à ébullition douce pendant 10 minutes puis filtrez. Buvez dans la journée. Il faut suivre ce traitement de huit jours à trois semaines en prévention des allergies sévères. Si vous voulez vous procurer spécifiquement la formule liquide concentrée du Docteur Tubéry (Desmopar), vous pouvez vous rendre sur son site CRP phyto.

Euphraise : celle qui égaie les yeux

L’euphraise (Euphrasia officinalis) est une jolie petite plante, appelée aussi casse-lunettes, parce qu’elle avait la réputation, d’après la théorie des signatures, de soigner les yeux. Celle que l’on tient le plus souvent pour une mauvaise herbe soulage effectivement les inflammations de la conjonctivite et des paupières.

Elle permet aussi d’apaiser les infections des sinus et des voies nasales, ce qui n’est pas négligeable en cas de rhinite. On lui prête également une action anti-inflammatoire.

Faites bouillir un litre d’eau 3 minutes puis laissez infuser dedans 30 grammes de plante (parties aériennes) pendant 10 minutes. Vous pouvez utiliser cette infusion, une fois refroidie, pour des compresses oculaires ou pour des lavements nasaux pour lutter contre la rhinite. Il ne faut toutefois pas conserver cette préparation plus de douze heures.

Pour les plus pressés, notez qu’il existe dans le commerce des collyres (par exemple chez Weleda) à base de dilution homéopathique d’euphraise.

Sureau : l’arbuste dont on fait les bonbons

Le sureau (Sambucus nigra) est un arbuste. On tire de ses baies un vin traditionnel dans les pays nordiques, mais il existe également sous forme de vinaigre et de champagne. En Italie, on le mélange avec la sambuca, qui lui doit son nom, un alcool typique du Latium.

Il vaut mieux éviter de consommer les baies crues, car elles sont légèrement toxiques – ce désagrément s’évanouit toutefois à la cuisson. Elles sont riches en vitamines A, B et C, et en minéraux. On en fait des confitures, des sirops et des sauces, mais aussi de l’encre. Des feuilles de l’arbre, on fait du purin et du bois, des fifres et des sifflets.

Pour les allergies, on se tournera vers ses ombelles, c’est-à-dire les fleurs, au moment de leur bourgeonnement, qui possèdent des vertus antihistaminiques. Plongez-en une poignée dans un litre d’eau frémissante et attendez 10 minutes. Vous pouvez en prendre plusieurs tasses par jour : le sureau apaise toutes les maladies respiratoires et pulmonaires, ce qui fait sa réputation de la Scandinavie à la Suisse, où on le retrouve dans les friandises.

Restez vigilants et suivez des règles simples

Lorsqu’on diagnostique une allergie, la première mesure consiste à éviter ce qui provoque la réaction. Mais quand il s’agit de pollen, difficile de changer d’environnement. Renseignez-vous toutefois sur les périodes de pollinisation pour pouvoir vous préparer au mieux, par exemple sur www.pollen.fr.

Pendant les périodes de pollinisation, aérez de préférence le soir ou tôt le matin, et gardez les fenêtres fermées le reste de la journée, car les pollens voyagent à la lumière et au vent. Si une pluie modérée les plaque au sol, une pluie trop forte les rend encore plus virulents.

Porter un chapeau, se rincer les cheveux, rouler les fenêtres fermées, prévoir du sérum physiologique et un mouchoir à travers lequel on peut respirer une fois humide sont des gestes qui évitent les crises.

Dans les cas extrêmes, des filtres à pollens peuvent être installés sur les fenêtres. On peut aussi investir dans un purificateur d’air pour la chambre et un aspirateur à filtre HEPA. Enfin, l’air de la montagne reste le moins pollué et le moins atteint par les saisons polliniques.

Si vous êtes déjà sujets au rhume des foins, mélangez à parts égales le plantain, de préférence « lancéolé », le desmodium, l’euphraise et le sureau. Faites infuser 4 cuillérées à soupe pour un litre pendant 10 minutes et buvez 3 ou 4 bols par jour en dehors des repas. Vous serez ainsi préparés pour profiter du printemps comme il se doit !

 

À lire aussi :

Vaincre les allergies