• Le miel, véritable alicament

Le miel qui soigne

Consommé depuis plus de 12 000 ans, le miel est le plus célèbre des alicaments. Anti-inflammatoire ORL, anti-infectieux et réparateur cutané reconnu, il peut aussi accompagner les problèmes respiratoires, digestifs, articulaires, les troubles urinaires, rénaux, biliaires et les maladies osseuses. Également efficace en cas de fatigue, le miel boostera votre libido en ravissant votre palais grâce à son goût sucré. 


Le miel, c’est bon. C’est même triplement bon. Déjà, sur la langue, tout le monde le sait. Jusqu’à l’ère moderne, le miel était le seul sucre avec lequel on pouvait faire la cuisine. Et les desserts, du temps des Romains, ressemblaient plutôt à ce que nous appelons aujourd’hui des pâtisseries orientales.

Mais ce que l’on sait moins, c’est que le miel est aussi bon pour notre organisme. En clair, il soigne. Déjà parce qu’il est en principe une pâte antiseptique, utilisée par les abeilles elles-mêmes. Ainsi, dès l’Antiquité, on a remarqué ses capacités antibactériennes et cicatrisantes, utilisées en application externe.

Enfin et surtout, le miel, parce qu’il est fabriqué par les abeilles à partir du pollen des fleurs qui se trouvent autour de la ruche, est imprégné des vertus des essences environnantes, lesquelles se retrouvent en nous quand nous le consommons !

A nos côtés depuis toujours

Le miel est très ancien, puisqu’on a retrouvé des abeilles dans des blocs d’ambre datant de millions d’années. L’humanité, pour sa part, consomme du miel depuis au moins 12 000 ans, comme en témoignent notamment certaines peintures rupestres.

Il fallut toutefois attendre 2500 av. J.-C. pour que les Égyptiens commencent l’élevage des abeilles : ainsi naquit l’apiculture. Cette pratique a été également recensée dans la plupart des civilisations anciennes, qui n’avaient a priori aucun rapport entre elles, des Mayas à la Chine impériale.

Toutefois, les Égyptiens ont été les premiers à remarquer que le miel soulageait les douleurs d’estomac, améliorait les fonctions urinaires et cicatrisait les blessures. Pareillement, Hippocrate, comme les Indiens d’Amérique du Sud,  recommandèrent très tôt le miel pour soigner les plaies ouvertes, les escarres, les brûlures, les engelures et les crevasses. Les Grecs pensaient quant à eux que le miel, outre ses bienfaits cosmétiques, améliorait la vision. Enfin, boisson d’immortalité, l’hydromel, alcool fermenté à partir du miel mélangé à l’eau, était dans la tradition nordique traditionnellement servi aux défunts pour leur ultime voyage, la traversée vers la plaine d’éternelle jeunesse, mag mell, la plaine du miel…

Une composition mystérieuse et unique

La composition du miel est longtemps restée une énigme. Car aucun miel venant d’une ruche en particulier ne sera semblable à un autre. Mais à force de travail, les chercheurs sont parvenus à définir une composition moyenne, qui révèle tous les bienfaits de cette précieuse substance pour notre organisme.

-       De l’eau, bien entendu, à raison de 18% environ.

-       Des sucres (80%), avec, parmi eux, davantage de fructose que de glucose. Toutefois, le miel a un pouvoir sucrant supérieur au sucre de canne, ce qui incite à moins en consommer ; et d’autre part, ce sont des sucres simples, donc assimilés plus aisément par notre organisme.

-       Des lipides et des protides en quantités infimes, mais parmi ces derniers, on trouve néanmoins des acides aminés, essentiels à nos cellules.

-       Des minéraux (très nombreux, suivant les différentes sortes de miel), dont le potassium. En général, plus un miel est sombre, plus il est riche en fer.

-       Un grand nombre de vitamines : B1, B2, B3, B5, B6, B8, B9, A, D, K, PP.

-       D’autres substances très rares, parmi lesquelles des inhibines et des défensines, des molécules qui empêchent le développement des bactéries.

Un antibactérien impérial

L’activité antibactérienne du miel est essentiellement due à sa teneur, faible en eau et forte en sucre. Mais aussi à un enzyme particulier, la glucose oxydase. Celle-ci permet la transformation du sucre en acide gluconique et en peroxyde d’hydrogène, un antiseptique. C’est surtout à ce dernier que l’on doit les capacités antibactériennes du miel en application cutanée, qui agissent même lorsqu’il est dilué. Ainsi, sous son effet, beaucoup de bactéries, champignons, protozoaires et virus ne peuvent se développer, dont les terribles staphylocoques dorés, fréquents dans les hôpitaux ou les désormais classiques Escherichia coli.

En outre, le miel renforce l’immunité, et a des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, notamment parce qu’il accélère la production des lymphocytes B et T dans le sang, ainsi que l’activation des phagocytes, gardiens immunitaires de notre organisme.

Le meilleur complément du pansement

Le miel cicatrise, et Hippocrate le savait déjà ; pourquoi devrions-nous l’oublier ? Dans les faits, il agirait sur l’inflammation en régénérant la peau, favorisant la prolifération des fibroblastes et des cellules épithéliales. Son alcalinité empêche la prolifération des bactéries à l’air libre et améliore l’oxygénation des plaies. Il a par ailleurs un pouvoir dit « osmotique », c'est-à-dire qu'il attire et aspire vers l'extérieur les toxines de la peau, comme le fait l'argile par exemple. C'est la raison pour laquelle il est parfois conseillé de l'utiliser sous la forme d'un « masque » purifiant de quelques minutes sur le visage.

Enfin, il résorbe les cicatrices, même si c’est surtout au sucre qu’il contient que l’on impute cet effet. Il élimine aussi les mauvaises odeurs dues à certaines plaies, ce qui ne peut qu’améliorer le confort des convalescents. Nul hasard, donc, si aujourd'hui les hôpitaux français redécouvrent les vertus cicatrisantes du miel. C'est par exemple le cas du service de chirurgie viscérale et transplantations du CHU de Limoges qui, depuis 1984, sous l'impulsion de son ancien chef de service le Professeur Bernard Descottes, l’utilise, avec de surprenants résultats sur plus de 3000 patients. Une étude comparative réalisée en 1988 a montré que, sur trois types de plaies, la cicatrisation était deux fois plus rapide avec le miel qu'avec deux autres dispositifs médicaux reconnus (Biogaze, Debrisan). Après différentes expérimentations, le service a fait le choix d'utiliser surtout du miel issu de plantes aux propriétés antibactériennes telles que la lavande ou le thym pour leur activité antibactérienne plus forte

10 miels curatifs

Avant de choisir votre miel, trois faits importants sont à noter.

Le premier : ne donnez pas du miel à un nourrisson. Cela peut causer une maladie appelée botulisme infantile. En général, il vaut mieux attendre que l’enfant ait atteint un an.

Le second : comme tout aliment riche en glucides, le miel est cariogène (favorise les caries), aussi brossez-vous toujours les dents après en avoir pris le soir, par exemple dans une tisane.

Le troisième : beaucoup de faux miels ou miels frelatés (pour beaucoup venus de Chine) circulent sur le marché, modifiant sans cesse leurs procédés de fabrication pour déjouer les tests de qualité de l'Union européenne. Ainsi l'Union nationale des apiculteurs français estime-t-elle que 20 à 30% des miels à bas prix vendus en supermarché aujourd'hui ne sont en fait pas du vrai miel... De même, les miels ne sont considérés comme « monofloraux » que s’ils proviennent d’une seule et même essence à 80%. Pour ces deux raisons, nous vous conseillons donc, quand vous en achetez, d'opter pour des petits producteurs français hors de tout soupçon, et d'accepter d'y mettre le (juste) prix. Vous éviterez ainsi toute erreur et soutiendrez une filière apicole qui en a bien besoin en ce moment.

La tradition qui consiste à prendre du miel lorsqu’on a mal à la gorge est semble-t-il très ancienne. Si les études manquent pour valider les nombreuses propriétés spécifiques de tel ou tel miel, une très longue tradition d'utilisation, associée à la connaissance des plantes dont ils sont issus, semble valider leurs champs d'application respectifs. Citons d’abord les miels qui soignent l’appareil respiratoire :

-       Le miel de lavande, certainement le plus polyvalent de tous les miels, mais plus spécialement efficace sur l’appareil respiratoire. Il est ainsi recommandé contre les toux convulsives, l’asthme, la bronchite, l’angine, la grippe. Il améliore aussi le sommeil et combat les maux de tête.

-       Le miel de sapin se révèle d’une aide précieuse. Il est ainsi recommandé contre l’asthme, la bronchite, la trachéite, la pharyngite, la rhinite et le rhume. Citons ici plus particulièrement le miel de sapin des Vosges, qui dispose d'une appellation d'origine contrôlée (AOC), gage de grande qualité.

-       Le miel de thym, appréciable pour lutter contre les problèmes infectieux, notamment pulmonaires, agit aussi sur le ventre, par exemple dans les cas de coliques ou de constipation. On lui prête également des vertus contre l'arthrite ou les problèmes rénaux.

-       De son côté, le précieux miel de mélilot serait indiqué particulièrement dans les problèmes inflammatoires de la sphère ORL au sens large : sinusite, rhinite, pharyngite, laryngite, gingivite, angine...

Mais il existe aussi d’autres miels aux vertus inattendues !

-       Le miel d’aubépine est un antispasmodique et calmant. Particulièrement recommandé à ceux qui souffrent de crampes, crispations, insomnies ou palpitations – tous les troubles ayant trait au système nerveux, notamment à ceux dus à la ménopause.

-       Le miel de châtaigner est un excellent cicatrisant des plaies. Mais il est aussi bon pour le sang : il aiderait ainsi à lutter contre l’anémie et les troubles ayant trait à la circulation sanguine.

-       Le miel de romarin, du fait de ses vertus tonifiantes, prévient le surmenage, mais également l’hypertension et l’artériosclérose. Il est également recommandé à tous ceux qui souffrent d’insuffisance hépatique ou digestive.

-       Le miel de bruyère, outre ses vertus antirhumatismales, est particulièrement bienvenu pour les troubles urinaires, cystites, prostatite et autres affections de l’arbre urinaire. Il facilite aussi la dissolution des calculs rénaux et biliaires.

-       Quant au miel de sarrasin, spécialité bretonne, ancré dans un sol rocheux, il permet de lutter contre l’anémie, la déminéralisation et les maladies osseuses.

-       Enfin, contre l’asthénie et la fatigue sexuelle, le miel de trèfle a fait ses preuves de longue date !

Gourmandise, santé et environnement

Voilà donc dix bonnes raisons d’aimer nos amies les abeilles, surtout qu’elles n’ont jamais été aussi menacées qu’aujourd’hui. Ce constat est d’autant plus déplorable qu’elles sont essentielles à la pollinisation et garantes d'un écosystème qui tourne rond. S'il n'y a aucune preuve qu'Albert Einstein a bien prononcé la fameuse phrase concernant l'importance des abeilles (« Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre »), celle-ci n'en reste pas moins sans doute vraie, car environ un tiers de notre alimentation dépend d'elles. Sauf, bien sûr, à décider que désormais, toutes les pollinisations de plantes se feront à la main, comme dans le Sichuan ou grâce à des robots miniatures, comme l'ont suggéré il y a peu des chercheurs de l'université de Harvard avec leur projet « Robobee » . Mais, sincèrement, voulons-nous vraiment un monde qui ressemble à ça ?

 Vous l'aurez compris, consommer régulièrement du miel de qualité est donc à la fois un geste gourmand, une démarche de santé et un acte écologique et citoyen : on aurait tort de se priver !  

 

 

 

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