• Phytothérapie : Les allergies dans la peau

Les allergies dans la peau

Les allergies sont les manifestations d’un système immunitaire déréglé, qui réagit à des agents normalement inoffensifs. Loin d’être une fatalité, l’allergie est en réalité un messager qui tente de nous dire que quelque chose fonctionne mal. Suivons le fil de cette approche holistique.


Chercher à se protéger des allergies demande, vous l’avez compris, une vigilance de guerrier sioux. D'autant que les allergies sont multiples : allergies alimentaires, aux pollens, allergie au soleil (lucite)... Le préalable pour qui veut offrir le moins de prise possible aux allergènes, c’est de cultiver son terrain avec discernement. Cela sous-entend de fermer l’accès de son organisme aux polluants, autant que faire se peut. Et de rester pourtant ouvert aux stimuli naturels propres à favoriser la construction d’un système immunitaire (SI) opérationnel.

La clé de voûte du SI étant la muqueuse digestive, c’est d’elle qu’il faut se préoccuper en premier. Car elle a pour vocation de ne laisser filtrer que des substances nutritives, tout en se montrant capable de neutraliser et de drainer vers la sortie toute substance nocive éventuelle. C’est de l’état de la flore microbienne, essentiellement, que dépend la bonne marche de cette tâche essentielle. Et cette flore est sous la dépendance de vos choix, c’est-à-dire de votre alimentation, de votre environnement et de vos émotions.

Si vous êtes sujet à une allergie, sachez que nombre d’entre elles sont réversibles. D’ailleurs, il arrive souvent qu’une allergie apparaisse chez l’enfant, et qu’elle s’atténue, puis qu’elle disparaisse vers l’adolescence ou le début de l’âge adulte. C’est le cas de certaines rhinites, ainsi que d’une partie des manifestations cutanées. Les intolérances alimentaires, un peu différentes des allergies à proprement parler, sont moins enclines à régresser. Cependant, améliorer son terrain n’est jamais un coup pour rien, et on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise quand on commence à prendre soin de soi !

Concentrez donc vos efforts sur tout ce qui restaure le système digestif, spécialement l’intestin grêle et le gros intestin. Révisez vos classiques ; sélectionnez des ingrédients les plus digestes, issus de l’agriculture biologique pour ne pas augmenter votre charge en produits toxiques. Cuisinez-les de manière à les préserver, préférez les fibres et les protéines végétales, tout en réduisant les viandes et les sucres. Mangez à des heures régulières, un peu moins en quantité, un peu mieux en qualité. Pour relancer la machine, faites une cure de probiotiques qui aidera à repeupler l’intestin de souches amies. Vous pouvez même augmenter leur portée en les associant par alternance au lapacho (Tabebuia impetiginosa) qui, en plus de potentialiser les probiotiques, est aussi un fortifiant et un draineur général. Convertissez-vous aux oméga 3, pour leurs propriétés anti-inflammatoires sur les muqueuses. Et pensez à mieux vous hydrater.

Bougez, bien sûr, car l’exercice est indispensable pour aller mieux. Et retournez dans le monde, ayez des relations épanouissantes, en vous faisant une priorité de mettre un terme à celles qui vous minent. Ne dit-on pas de quelqu’un qui nous insupporte qu’il nous « donne de l’urticaire » ? Les dispositions mentales ont un déterminisme fort vis-à-vis des allergies…

Du côté des plantes, la racine de bardane (Arctium lappa) colle assez bien aux problèmes allergiques, surtout ceux qui s’expriment sur la peau. Ses qualités antibactériennes et dépuratives justifient son utilisation dans les cas de dermatoses, eczémas et autres formes d’allergies cutanées. On peut lui associer le plantain (Plantago lanceolata), connu pour son action bienfaisante sur les voies respiratoires, et qui ajoute une action inhibitrice vis-à-vis de l’histamine, toujours appréciée chez les allergiques. C’est aussi un draineur remarquable, capable de remettre de l’ordre dans les émonctoires engorgés. L’usage de la fumeterre (Fumaria officinalis) se perd aujourd’hui, mais il était fréquent au siècle dernier face aux réactions de peau. Son effet hépatique entraînait, comme la bardane, une action dépurative complémentaire.

Autre plante importante, l’ortie (Urtica dioica ou U. urens) est également un antihistaminique de choix, réputé même pour traiter la plupart des allergies sur le long terme, grâce à toutes ses autres propriétés qui le rapprochent des meilleurs adaptogènes. Le sang, les voies respiratoires et le système immunitaire sont parmi les autres bénéficiaires d’une cure d’ortie.

Le cassis (Ribes nigrum), sous forme d’extraits de bourgeons, jouit aussi de vertus fortement antiallergiques. C’est effectivement un tonique des surrénales et son action cortisone-like contribue à une meilleure réponse, plus adaptée, face aux allergisants. De là à dire que le cassis est adaptogène, il n’y avait qu’un pas. Ce n’est pas mon analyse, car le cassis au long court provoque des effets contraires et de la fatigue, chose que l’on ne constatera pas avec des adaptogènes comme le ginseng, la rhodiola ou le kudzu.

Mais, pour ce dernier, la cible reste la lumière intestinale. C’est une autre ressource végétale intéressante, aux vertus immunomodulantes et qui sera intéressant pour réduire les pics de réactions du SI.

Enfin, le monde végétal offre une merveille exotique à nos yeux d’Occidentaux : la papaye fermentée ! De par ses vertus antioxydantes indirectes (la papaye stimule notre organisme dans ce but), nous avons là une richesse qui nous permet de faire face autant aux actions trop fortes de notre SI, mais aussi aux réactions trop faibles de ce dernier. C’est autant un fortifiant devant l’hypersensibilité (par exemple quand un rhume des foins se manifeste) que devant l’atonie des défenses et les phénomènes de dégénérescence qui peuvent en découler.

Quelles que soient les mesures que vous adopterez dans l’objectif d’améliorer votre terrain, rappelez-vous qu’il vous faudra de la patience et de la persévérance ; c’est toute votre personne que vous cherchez à rééquilibrer, alors cela peut prendre un certain temps, voire un temps certain… 

 

  • Mettez de l’ordre

En cas d’allergie, une cure de drainage peut se justifier, afin de rediriger les déchets métaboliques vers les émonctoires naturels. Ensuite, incorporez dans votre alimentation des anti-inflammatoires naturels comme le curcuma, les oméga 3, l’huile d’onagre ou de bourrache, ainsi que des flavonoïdes, et des vitamines E et C.

  • Le gel d’aloé contre l’urticaire

L’Aloe vera, ou Aloe barbadensis, a une affinité avec la peau. Surnommée lys du désert par les populations touareg, cette succulente est originaire des régions subdésertiques. Elle est connue depuis l’Antiquité pour ses vertus dans les soins de beauté et notamment de la peau. Ses feuilles renferment en effet un suc concentré dont la richesse en vitamines, minéraux et autres nutriments lui confère des qualités spécifiques dans les soins dermatologiques. Par ses propriétés cicatrisantes, régénératrices et calmantes, le gel tiré de l’aloès est particulièrement recommandé lors des poussées d’eczéma ou d’urticaire… Son utilisation à des fins médicinales et cosmétiques, de plus en plus répandue, explique d’ailleurs que cet aloès soit cultivé un peu partout dans le monde. (en savoir plus sur l'aloé vera)

  • L’anti-inflammatoire de choix

Le macérat glycériné de bourgeon de cassis intervient dans les réactions d’hypersensibilité immédiate comme les manifestations allergiques et les chocs anaphylactiques. Par sa fonction cortisol-like, qui stimule la production de cortisol sanguin, Ribes nigrum agit comme un anti-inflammatoire et comme un antihistaminique naturel. Son utilisation par voie interne est souveraine dans les cas d’eczéma sec et infecté, de psoriasis ou d’urticaire. On peut aussi l’utiliser par voie externe pour apaiser la réaction à une piqûre d’insecte.

  • L’huile complète de périlla

L’acide rosmarinique présent dans l’huile essentielle de périlla est à l’origine d’une activité antiallergique en modifiant les réactions du système immunitaire. Elle complète fort bien l’huile végétale extraite des graines de périlla qui, elle, est très riche en acide alphalinolénique de la famille des oméga 3. (en savoir plus sur la périlla)

  • La quercétine contre les allergies saisonnières

La quercétine est un flavonoïde assez facile à trouver dans l’alimentation, puisque les pommes, le raisin, les framboises, les oignons mais aussi le vin rouge en contiennent. Elle intéresse le milieu scientifique pour ses multiples qualités ; elle serait cardioprotectrice, anticancéreuse, anti-inflammatoire et… antiallergique ! En effet, la quercétine est capable d’inhiber la libération de l’histamine, réduisant de façon très significative les symptômes que sont démangeaisons et éternuements. Associée à la vitamine C et à la bromélaïne, elle est encore plus efficace. (en savoir plus sur la quercétine)