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Mycothérapie : la nutrithérapie de demain

La mycothérapie est une discipline en pleine expansion et donne régulièrement lieu à des congrès internationaux. Et pour cause : parmi les 15 000 espèces de champignons identifiées dans le monde, environ 650 ont une valeur thérapeutique connue. Certains sont intégrés depuis longtemps dans la médecine traditionnelle chinoise, les plus réputés étant d’ailleurs les champignons asiatiques, dont le reishi, le shitaké ou le maitaké.


Pionnier dans ce domaine, le Dr Bruno Donatini a exploré les vertus des champignons médicinaux dès la fin des années 1990. Il forme aujourd’hui des centaines de thérapeutes par an. Il a rédigé un ouvrage de référence sur le sujet et élaboré de nouvelles techniques de culture. En sélectionnant des écorces (bouleau, saule, frêne…), il utilise par exemple des champs magnétiques pulsés pour en accélérer la maturation : « Les écorces ayant beaucoup plus d’endobactéries, des micro-organismes naturellement présents dans le sol, on met en valeur une synergie particulière entre le mycélium et la terre, une signature à la fois organique et vibratoire, qu’on ne retrouve pas dans les champignons cultivés hors-sol. Par ailleurs, les champignons concentrent les substrats des écorces sur lesquels ils poussent, qu’il s’agisse de sélénium, de lignanes ou de polyphénols spécifiques selon les espèces ».

Rois des stimulants 

Deux des domaines d’action des champignons sont l’immunomodulation et la lutte antivirale d’une part , et la stimulation des cellules-souches et des tissus nerveux d’autre part. On trouve cette propriété surtout chez l’hydne hérisson (Hericium erinaceus) qui, en déclenchant la synthèse de croissance des nerfs (NGF), se révèle prometteur dans des pathologies aussi différentes que les neuropathies périphériques, la maladie d’Alzheimer ou la dégénérescence rétinienne. Beaucoup de champignons médicinaux sont aussi antioxydants, et leur grande polyvalence permet de les consommer sous forme de cures régulières de sept jours par mois, par exemple.

La mycothérapie, un soutien du système immunitaire

Pas moins de cinquante espèces de champignons ont un impact sur le système immunitaire, première barrière préventive contre la maladie, les infections et les virus grâce à leurs principes actifs (béta-glucans, lectines, terpènes, terperpénoides…). La rareté et le coût des remèdes allopathiques antiviraux (le marché des immunomodulants était de 145 milliards de dollars en 2012 avec une croissance de 8 % par an) expliquent l’énorme intérêt pour les champignons médicinaux et l‘impressionnante bibliographie internationale sur le sujet.

Des anticancers

Lorsqu’on connaît le lien entre le cancer et la présence durable de certains virus (hépatites, papillomavirus, virus d’Epstein-Barr…) ou bactéries (Helicobacter pylori) dans le corps, on comprend l’utilité des champignons médicinaux dans la prévention ou la lutte contre le cancer. Certains d’entre eux favorisent en outre l’autodestruction des cellules cancéreuses ou leur destruction par nos globules blancs ou leucocytes tueurs (NK). Parmi les champignons les plus puissants, on retiendra notamment le shiitake (Lentinula exodes) et le Coriolus versicolor. Il agit contre les virus de l’hépatite B, de l’herpès et favorise la destruction des tumeurs.

Quelle forme privilégier ?

Les principes actifs des champignons médicinaux sont peu assimilables lorsque ces derniers sont consommés entiers, du fait de la présence de chitine, un composant qui limite leur absorption. Pour profiter aux mieux de leurs vertus thérapeutiques, deux solutions s’offrent à vous : la consommation de poudre du mycélium du champignon, ou bien des extraits aqueux ou hydro-alcooliques vendus comme complément alimentaire.

Le Dr Donatini défend l’utilisation du mycélium, qu’il propose sous forme de poudre à utiliser comme un véritable aliment thérapeutique. Contrairement à celui de complément alimentaire, le statut réglementaire de l’aliment n’implique ni culture hors-sol, ni ambiance stérile, ce qui permet de conserver les précieuses endobactéries vivantes. La consommation d’extraits titrés offre quant à elle une stabilité dans la teneur en principes actifs, ainsi que des produits stériles. Les laboratoires Biophytarom, par exemple, commercialisent depuis dix ans des extraits secs de Ganoderma lucidum et depuis peu dHericium erinaceus.

 

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